Les chemins de croix
 
 
 
 
 

Après les terribles événements que nous appelons « la Passion de Jésus », lors des fêtes de la Pâque juive et après la merveilleuse surprise du matin de Pâques, les amis de Jésus, les communautés naissantes... les chrétiens se remémoraient ce qu'ils avaient vécu ou ce qu'on leur avait rapporté, ils visitaient les lieux de la tragédie : l'itinéraire de Jésus, la montée jusqu'au Golgotha le lieu du supplice...

Les années passant, cette soif de voir, de visiter la Terre Sainte, n'a fait que croître : connaître les paysages dans lesquels le Christ évoluait, le cadre des récits rapportés par les Évangiles et surtout le chemin du Calvaire ! Il y eut les Croisades. Des pèlerinages ont permis à de riches chrétiens de découvrir cet Orient lointain et de vivre concrètement le cheminement du Supplicié …

Pour les communautés chrétiennes se développant en Gaule, en France, dans le monde, de belles peintures, des fresques remarquables dans les basiliques, les cathédrales et lieux plus modestes permettaient de voir, de comprendre sur quoi se fondait la foi... La densité des événements du Vendredi donnent des tableaux mettant en évidence certains « grands moments » du christianisme... L’Église finit par les organiser chronologiquement et logiquement. Ce sont les Franciscains qui furent à l'origine des premières réalisations. Mais, peu à peu, dans les années 1700, ces tableaux s'affichèrent dans beaucoup d'églises, bien visibles, bien ordonnés, avec titres ou brefs commentaires : les « chemins de croix » étaient nés et se généralisaient dans les paroisses ! Parfois, des communautés utilisant une ressource naturelle géographique rappelant la montée du Golgotha, aménagèrent un itinéraire rustique jalonné de chapelles évoquant chacune par des sculptures ou par des peintures, un moment crucial du cheminement du Condamné. Les pèlerins peuvent ainsi vivre le chemin de croix, ils peuvent s'associer à la souffrance du Christ ; en pénitence, certains s'imposent des contraintes physiques, ils se flagellent ou marchent pieds nus ou à genoux...

Normalement les « chemins de croix » comportent quatorze « stations ». Le pape Jean-Paul II a recommandé d'en supprimer certaines qui n'ont pas de références bibliques incontestables, et de les remplacer par d'autres plus authentiques ! En fait les anciennes stations sont la plupart du temps restées en place même si la réalité des faits évoqués n'est pas avérée... par exemple l'épisode de Véronique essuyant la face du Christ ou les différentes chutes de Jésus. Dans nos « Chemins de Croix » classiques, la première station évoque la condamnation de Jésus, la quatorzième (et « dernière »), c'est la mise au tombeau.

En 1958 à Lourdes, à l'occasion du centenaire des apparitions, une quinzième station a été ajoutée : « avec Marie dans l'espérance de la résurrection », cette initiative s'est propagée (Evry, Montréal, Caggiano en Italie et bien d'autres lieux...). Partout dans le monde les chemins de croix donnent lieu à des célébrations organisées à des moments particuliers du calendrier... mais très souvent aussi un simple chrétien ressent le besoin de méditer et de prier au long des différentes étapes ou devant une station en particulier...

Extrait du Catho 47 n°82

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