Déclaration de la CEF suite aux résultats du référendum grec, le 7 juillet 2015
 
 
Ce dimanche 5 juillet 2015, le peuple grec s'est majoritairement prononcé contre le plan de rigueur budgétaire que les créanciers lui proposaient.
 
 
 
L’inquiétude est vive chez les citoyens grecs autant que dans les autres pays membres. Face à cette situation, l’Eglise catholique tient à réaffirmer son  soutien  à  la poursuite du processus de construction européenne.

Une double exigence : responsabilité et solidarité

Nous redisons la nécessité d’articuler de façon équilibrée une double exigence: celle de la responsabilité de chaque pays membre et celle de la solidarité entre tous les Etats de l’Union européenne. Chaque Etat est tenu à satisfaire aux nécessités d’une gestion rigoureuse et responsable mais aussi juste à l’égard de ses citoyens, en particulier des plus fragiles et des plus pauvres. Mais les responsables politiques de l’Union européenne sont tenus aussi à garantir  la solidarité  entre  les pays membres, consentant  à accorder un soutien à chacun d’eux et à créer les conditions favorables pour une gestion juste et responsable.

Le déficit démocratique

Le peuple grec a été invité à se prononcer démocratiquement par référendum. La démarche a pu mettre en évidence le déficit démocratique qui est pour beaucoup dans la suspicion des citoyens à l’égard des institutions  européennes.  Le  déficit  démocratique  est  particulièrement  notable  dans  le  fait  que  les responsables  financiers  et  les  institutions  auxquelles  ils  appartiennent,  déterminent  des  conditions  et élaborent des décisions qui s’imposent aux Etats membres sans qu’elles soient soumises à discussion devant le Parlement européen.

Un appel

Dans  cette  situation,  nous  appelons  au  dialogue  entre  tous  les  Etats  membres  au  sein  des  institutions européennes pour porter plus loin le processus de construction européenne et lui garantir un avenir. La crise européenne que nous traversons doit être l’occasion d’une prise de conscience renouvelée de la double exigence de responsabilité et de solidarité entre les partenaires européens.

La crise révèle la nécessité de mettre en œuvre des processus plus démocratiques où, comme le souligne le  pape François  dans son encyclique Laudato Si’, «le politique et l’économie, en dialogue, se mettent résolument au service de la vie humaine. Sauver les banques à tout prix, en en faisant payer le prix à la population, sans la ferme décision de revoir et de réformer le système dans son ensemble, réaffirme une emprise absolue des finances qui n’a pas d’avenir et qui pourra seulement générer de nouvelles crises». C’est pourquoi l’Eglise catholique encourage et soutient toute initiative  politique  visant  à  poursuivre  le dialogue entre les partenaires européens.

Mgr Georges Pontier, Archevêque de Marseille, Président de la Conférence des évêques de France
Mgr Jean-Luc Brunin, Evêque du Havre, Président du Conseil Famille et Société
Mgr Jean-Pierre Grallet, Archevêque de Strasbourg,Représentant des évêques de France à la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE)