Les nombres dans la Bible
 
 
Surprenants, souvent chargés de sens, les nombres de la Bible nous étonnent.
 
 
 
40 jours de désert ! Pour Jésus un temps de réflexion, de méditation, de prière. Mais pourquoi donc 40 jours ? Pourquoi pas quelques jours, deux ou trois ? 40 jours, c'est indéterminé, presque « vague » ; 40 jours ou 45 ou même 25... au fond c'est pareil – pas d'importance – simplement un temps suffisant, un temps « assez » long !

Dans notre civilisation cartésienne un nombre est gage de précision, ce n'était pas le cas aux premiers temps de notre ère, où tout ce qui se mesure était plus relatif... et que dire des temps encore plus anciens. Les nombres étaient adaptables aux rythmes humains d'alors : à nos fantaisies, comme à nos besoins. 40 ans, c'est une génération, 40 jours c'est le Déluge, 40 c'est « beaucoup » !

Le nombre 7 revient souvent : c'est une « plénitude », une semaine, le temps de la Création du monde ! 77 fois 7 fois c'est la perfection, tu dois pardonner !

Dans la même idée de plénitude on trouve « 12 » : les 12 tribus d'Israël, les 12 apôtres... On comprend alors que 11 apparaisse comme un manque, une imperfection, d'ailleurs aujourd'hui, auriez-vous l'idée d'acheter 11 œufs ?
Lorsqu'il fallut diviser les terres de Canaan pour les répartir entre les tribus, onze furent servies, il manquait une terre pour la tribu de Lévi... celle de Joseph fut donc partagée pour arriver à douze...

Les chiffres dans la Bible sont chargés de sens, ce qui entraîne pour les nombres une signification particulière qui nous échappe souvent : les âges atteints par les patriarches nous font rêver : 969 ans pour Mathusalem ! Noé 950 ans! Isaac mort « tout jeune » à 180 ans... les textes sacrés citent plusieurs dizaines de personnages que nous avons oubliés... est-ce réaliste ? Sans doute pas, mais on ne posait pas le problème à l'époque ! Et puis on confondait facilement semaine et mois, mois et année, et on pouvait faire d'étranges confusions : 700 ans ou 800 ans, c'est « pareil » dans les mentalités anciennes, et d'ailleurs qu'importe ?

Autre curiosité, à chaque lettre était attaché un chiffre, par exemple 6 précède 7 – nombre de la perfection – 6 est par suite non parfait, et même inquiétant... et que dire s'il est répété ! Dès lors pas étonnant que 666 désigne l'homme déchu ou « la bête », « la bête sauvage » ! Satan n'est pas loin.

On pourrait écrire des pages, cela dépasse bien sûr le cadre de cet article...

Extrait du Catho 47 n°98
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