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Au sujet notamment des cantiques...
 
 
 
« Voici le corps et le sang du Seigneur,
La coupe du salut et le pain de la vie
Dieu immortel se donne en nourriture,
Pour que nous ayons la Vie éternelle. »
Beaucoup connaissent ce refrain... Et pourtant que de questions à sa lecture ! Deux sont proposées à notre réflexion.
La première :
Dieu immortel (?)
Il l'a affirmé lui-même : « Je suis celui qui est ». Dieu a toujours été et il sera toujours... Il est donc éternel, plutôt qu'immortel.
C'est le socle sur lequel sont bâties bien des religions mono déistes et en particulier celles qui se « raccrochent » à Abraham !
On peut affirmer : « Dieu est éternel »...
On le désigne souvent dans les textes bibliques, comme étant « l’Éternel ».
L'immortalité supposerait une origine (une naissance, une création), une vie... une mort. Or il faut le répéter, Dieu a toujours « été »... il n'a pas été créé !
Mais par contre, l'Homme, lui, a une naissance, une conception (?), il n'est donc pas éternel... L'homme ressuscité est immortel, il peut prétendre à la vie éternelle comme le dit le cantique (tout comme le Credo). Une vie nouvelle, d'une autre nature, avec Dieu, dans le Royaume... Une vie débarrassée des contingences matérielles.
Deuxième interpellation du cantique en exergue :
« Dieu [...] se donne en nourriture »...
La nourriture c'est le Corps et le Sang du Christ... Peut-on dire « Dieu » ?
Le Christ est partie de Dieu, il est Fils de Dieu, mais peut-on affirmer que l'hostie consacrée c'est Dieu ? Ou plus simplement le Christ ?
Mais chaque partie de la Trinité est « entièrement » Dieu. En recevant le « Corps du Christ », on reçoit bien Dieu, Père, Fils et Esprit ! C'est l'extraordinaire et le merveilleux du Mystère de l'Eucharistie...Nous avons de la peine à le comprendre totalement, mais justement... c'est un mystère !
« À la fin des temps » nous serons avec Dieu, dans « le Royaume », dans la présence de Dieu, dans son Amour. Il n'y aura plus de nécessité d'Eucharistie dans une « Vie » débarrassée des contingences du temps... une vie que nous, « pauvres humains », ne pouvons vraiment imaginer.

Extrait du Catho 47 n°96
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