Deux ordinations diaconales, le 24 juin 2007
 
 
 
 
 

Devenir diacres « pour servir les autres »

René Stuyk et Alain Meulet, paroissiens de Castelmoron-sur-Lot, ont été ordonnés diacres permanents dimanche 24 juin, en la cathédrale Saint-Caprais d'Agen.

Pour eux, le choix de s'engager dans le diaconat s'est imposé petit à petit. Agriculteur et employé de banque, ils ont été appelés par d'autres à suivre cette voie et ont librement accepté de servir ainsi l'Église.

Ce n'était pas un choix facile, mais René Stuyk et Alain Meulet ont franchi le pas. Non sans hésiter : chacun a eu ses propres doutes, mais qui n'ont finalement fait que renforcer leur engagement.


René Stuyk, éleveur de porcs, n'avait au départ « jamais eu l'idée de devenir diacre. J'ai été appelé par d'autres, il y a 21 ans, au temps où Mgr Saint-Gaudens, évêque d'Agen, avait largement appelé. Mais à l'époque, j'avais quatre jeunes enfants et je ne me sentais pas capable d'assumer le diaconat. » Toutefois, René Stuyk s'engage déjà dans la vie de sa paroisse, « probablement comme le très grand nombre de ceux qui ont fait la formation diaconale. On ne deviens jamais diacre pour soi-même, mais pour servir les autres, l'Église et son peuple », remarque-t-il. René Stuyk reste ainsi pendant de longues années « le bricoleur du bon Dieu, à réparer des choses dans l'église. » Puis, il y a quatorze ans, le père John Hennessy, aujourd'hui curé de Bon-Encontre, lui demande de préparer des jeunes à la confirmation en doyenné. « C'est le dernier qui m'a appelé au diaconat. » C'est décidé, René Stuyk rencontre le Père Oliver Moran, vicaire général, et c'est grâce à lui qu'il découvre que l'une de ses connaissances a le même souhait.

Il s'agit d'Alain Meulet, investi aussi dans sa paroisse, employé de la banque dont est client René Stuyk. Pour lui, sa trajectoire vers le diaconat « n'a pas été aussi directe. » Des amis diacres lui avaient soufflé l'idée de cet engagement, mais « cela est resté en silence pendant des années. Puis quelqu'un m'a refait la réflexion. Mais il y a un pas à faire entre le catéchisme et ce cap, car on engage la famille. Et puis, un beau jour, je me suis posé moi-même la question. Et j'ai appelé un diacre. » Alain Meulet lui demande des renseignements « basiques » sur la formation diaconale, puis est invité à manger par le Père Oliver Moran. Alain Meulet apprend que René Stuyk réfléchit aussi sérieusement à suivre la formation diaconale, et les deux se motivent alors mutuellement pour sauter le pas...

Un engagement diocésain

Les deux candidats suivent la formation diaconale durant six week-ends par an, pendant quatre années, dans différents lieux de la province ecclésiastique. Ils rencontrent d'autres postulants d'origines sociales très différentes. La grande majorité d'entre eux sont mariés, ce qui nécessite aussi l'engagement de l'épouse, qui doit aussi suivre l'enseignement. Car il faut que la conjointe soit pleinement en accord avec le choix de son époux et « évolue au même rythme », précise Alain Meulet. Outre la formation théologique, les candidats doivent également s'entourer d'une équipe d'accompagnement, constituée de laïcs et de prêtres « pour nous aider à réfléchir. » Cette équipe doit aussi signaler à l'évêque ce qu'elle pense du candidat. Car si le diacre est attaché à sa paroisse et disponible pour son service, il est d'abord « le serviteur de l'évêque, qui le nomme et lui attribue une mission diocésaine. »

Des témoins quotidiens

Une fois diacres, René Stuyk et Alain Meulet poursuivront toutefois leur vie professionnelle et familiale comme auparavant, apportant ainsi une pierre singulière à l'Église. Partageant la même vie quotidienne que les diocésains, « il est plus facile d'expliquer des choses et des faire réfléchir les gens. Il ne faut pas qu'il n'y ait que des témoins ayant une vie hors norme. On ne gardera un peuple chrétien que grâce à une succession de témoignages. Certaines personnes nous posent des questions car ils ont moins peur du diacre qu'ils voient régulièrement. Le diacre devient alors le lien entre la cité et le curé. », remarque Alain Meulet.

Le diaconat est aussi « un moyen de se mettre au service des autres et d'être un élément actif grâce au fait que nous soyons ministres ordonnés », explique René Stuyk. Lui et Alain Meulet sont donc plus que jamais motivés à remplir leurs nouvelles fonctions : « Je me sens bien avec l'idée de devenir diacre, quelle que soit la mission », estime René Stuyk. Parmi tous ceux qui ont été choisis à exercer le diaconat, « on a les mêmes difficultés et les mêmes faiblesses, mais aussi des forces et des qualités qui nous donnent le choix et le désir d'entrer en diaconat. » ajoute Alain Meulet. D'ailleurs, « ceux qui ont été ordonnés sont contents de ce qu'ils vivent et leurs épouses aussi », conclut René Stuyk.

Claire CAILLARD
du Courrier Français, le 15 juin 2007

En savoir plus sur la fonction d'un diacre

Homélie de Mgr Herbreteau pour leur ordination

 Extrait de la lettre de mission de M. René STUYK

 Extrait de la lettre de mission de M. Alain MEULET

Voici quelques photos