Présentation du diocèse par le Père Oliver Moran
 
 
 
 
 

Monseigneur Herbreteau, cher Père,

Nommé Evêque d'Agen le 17 janvier dernier, sans doute avez-vous été un des derniers évêques nommé par le regretté Pape Jean Paul II. Aujourd'hui nous sommes très heureux de vous accueillir, comme Pasteur de ce diocèse.

L'Église catholique en Agenais est dans la joie. C'est un Administrateur désormais « émérite », et surtout « soulagé », qui au nom de tous, vous souhaite la « bienvenue » en ce pays de Guyenne et de Gascogne. Je voudrais vous dire en même temps notre reconnaissance d'avoir accepté cette charge ecclésiale bien lourde.
Notre Église diocésaine n'oublie pas celle d'où vous venez. Nous savons que le diocèse de Luçon et son Evêque Mgr Sentier, vous voient partir avec regret certes, mais aussi avec fierté : à nouveau la Vendée donne un évêque à l'Eglise de France ! Aussi voulons-nous saluer chaleureusement vos parents ici présents, tous les membres de votre famille, vos nombreux amis : laïcs, religieuses, diacres et prêtres qui aujourd'hui vous témoignent leur estime, leur amitié et leur gratitude. Pour nous agenais, leur présence si nombreuse, est un témoignage qui tonifie notre espérance : sous votre responsabilité pastorale, et avec vous, nous poursuivrons notre mission commune de baptisés en cette terre de Lot et Garonne...

La présence de son Excellence, Mgr Baldelli, Nonce Apostolique, ainsi que celle Mgr Ricard Archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence des Evêques de France, entourés de nombreux autres archevêques et évêques, exprime la communion de l'Eglise Catholique dans laquelle nous voulons, ensemble, vivre notre responsabilité de chrétiens. Célébrer et fêter votre ordination épiscopale en ce jour qui marque l'ouverture solennelle du Ministère Pontificale de Benoît XVI est pour nous tous, coïncidence qui ne laisse pas indifférents.
Depuis le mois de janvier, vos multiples voyages entre la Vendée et l'Agenais vous ont permis de faire connaissance avec votre futur diocèse. Désormais quand vous direz « chez nous » nous entendrons bien, « chez nous » et non « chez vous ».

Quel est donc ce pays dans lequel vous arrivez ?
Votre nomination, j'en suis sûr, fait la joie de nombreuses familles d'origine vendéenne qui se sont installées dans ce département depuis l'après la guerre 14-18. Elles forment une des composantes de la population lot et garonnaise caractérisée par une grande diversité : oui une mosaïque de cultures, de traditions, de races : familles venues de Bretagne, de l'Aveyron, du Nord de la France. Mais aussi d'ailleurs : Italie, Espagne, Portugal, du Maghreb (Pieds noirs, Algériens et Marocains) du Vietnam et ces dernières années de Grande Bretagne. Une population stabilisée d'environs 318 000 habitants, qui profite d'une certaine douceur de vivre et d'une réelle qualité de vie. Vous y découvrirez des générosités, des dynamismes mais aussi des pesanteurs et des difficultés liées à son vieillissement. Cependant certains gascons réfutent cette notion de vieillissement, affirmant que c'est simplement parce que l'on vit plus longtemps en Lot et Garonne...

L'activité économique est essentiellement basée sur l'agriculture, avec une forte concentration et une grande diversité de production, dans les deux vallées de la Garonne et de Lot. Il en découle à travers les structures de transformation une réalité d'industries agro-alimentaires notamment de céréales, de fruits et légumes. La population agricole compétente, courageuse et dynamique, connaît en Lot et Garonne les mêmes difficultés et les mêmes incertitudes qu'ailleurs.
La réalité industrielle du département est réelle, bien que peu développée ; des unités de production et de recherche en chimie et en pharmacie, des unités d'exploitation liées au bois, ainsi qu'une réalité sidérurgique, sont des sources importantes d'emploi. Le département n'échappe pas aux difficultés liées de façon générale au développement industriel dans le Sud Ouest.

Le Lot et Garonne n'est pas la Vendée mais vous découvrirez des réels efforts et de multiples initiatives en vue du développement du tourisme notamment fluvial.
Le pôle universitaire à Agen et l'installation de l'ENAP contribuent fortement à dynamiser, à retenir et à attirer une population plus jeune avec les répercussions positives que cela entraîne sur tous les plans.

Vous découvrirez une diversité de convictions politiques et religieuses. Toutefois il serait caricatural d'affirmer que vous passez de la Vendée chrétienne à ces terres radicales de la Gascogne. La présence des responsables politiques et des élus, la présence des représentants de la communauté juive et musulmane, vendredi soir et aujourd'hui, témoignent des réels rapports cordiaux et fraternels qui sont à poursuivre.
Notre département a son histoire certes ; vous percevrez des tempéraments trempés, mais attachants, généreux et accueillants. Et comme en rugby, si confrontation il y a, la symbolique du troisième mi temps, où tout rentre dans l'ordre, traverse l'ensemble de la société...

Le diocèse dont vous avez désormais la charge ?
C'est dans ce contexte, évoqué de manière rapide et partielle, à travers les difficultés et joies de ces activités humaines variées, que les baptisées de confessions chrétiennes différentes s'efforcent de vivre et d'annoncer la Bonne Nouvelle. Les relations œcuméniques sont fraternelles, et nous sommes heureux de saluer aujourd'hui la présence des responsables de l'Eglise Réformée et de la communauté orthodoxe.

A travers leurs multiples engagements, des chrétiens catholiques, certes en nombre insuffisants, ne ménagent pas leur peine au service de l'Evangile. Votre prédécesseur Mgr Jean Charles Descubes, que nous saluons chaleureusement, en prolongeant la démarche synodale de Mgr Saint-Gaudens, nous a proposé cinq perspectives pour dynamiser notre vie en Eglise. Le travail accompli à partir de ce projet pastoral nous a permis de vivre de grands moments de vie ecclésiale durant l'année jubilaire et l'année Sainte Foy.

La participation des laïcs à l'animation pastorale du diocèse s'est consolidée. Ils assument de manière heureuse la responsabilité de plusieurs services diocésains : pastorale des jeunes, service communication, aumônerie du monde de la santé et du monde carcéral, pastorale familiale, catéchuménat ...
Des paroisses nouvelles se mettent en place, des collaborations ecclésiales d'un autre style s'organisent.

Une réforme des structures financières est mise en œuvre. La restauration du parc immobilier s'achève et le diocèse désormais met à disposition de tous, des lieux d'accueil et de formation agréables et fonctionnels.

Les 103 prêtres du diocèse, sont à l'image de la population : d'origine diverses. Une soixantaine exercent un ministère actif. Vous les avez déjà rencontré. Je peux témoigner de leur attachement aux communautés dont ils ont la charge, et de leur volonté de vivre leur ministère comme un service de Dieu et de leurs frères.

Les diacres permanents sont au nombre de dix sept : dix avec mission dans le diocèse, trois dans d'autres diocèses et quatre sont à l'âge de la retraite. De par la diversité de leurs insertions socio-professionnelles ils assurent une présence ecclésiale dans des lieux et auprès des personnes souvent loin de l'Eglise. Ils jouent aussi un rôle important dans leurs paroisses.

Dimanche dernier les religieuses et les religieux du diocèse ont vécue une journée de réflexion et de prière. Nous tous, leur devons beaucoup. Et même si aujourd'hui leur nombre diminue, cette présence humble et priante, ce soutien fraternel consolident constamment la trame des communautés chrétiennes. Les trois communautés contemplatives : les Annonciades et les Clarisses ainsi que les Bénédictins assurent des lieux d'accueil, de prière et de ressourcement pour de nombreux chrétiens.

Ces quelques lignes de présentation ne disent que bien partiellement la réalité que vous avez à découvrir. Oui la Foi au Christ ressuscité est vivante, l'Eglise en Lot et Garonne est une « Vivante Eglise »

Je me fais l'interprète des fidèles laïcs, des religieuses et religieux, des diacres et prêtres en vous disant que notre dévouement vous est acquis pour le bien de l'Eglise et de sa mission auprès de tous.
Je sais que votre souci de la formation des laïcs et de prêtres, votre expérience pastorale et votre préoccupation concernant les plus jeunes vont nous ouvrir de nouveaux chemins d'espérance et nous amener à donner le meilleur de nous-mêmes.
Vous évoquiez vendredi soir en citant Michel Serres cet « 'apprentissage » que vous avez à vivre comme Evêque. Avec vous, nous voulons bien poursuivre notre propre apprentissage comme chrétiens baptisés, chacun selon son état, pour que vive l'Eglise de Jésus Christ.
Monseigneur, et cher Père, le diocèse d'Agen est le vôtre.
Vous êtes désormais chez vous. Bienvenu et merci.

Père Oliver Moran