Témoignages Diaconia 2013
 
 
 
 
 

Le principal objectif de la démarche « Diaconia 2013 » a toujours été de vérifier la place que nos diverses communautés (paroissiales ou non) entendent donner aux personnes en situation de fragilités (quelle qu'en soit la forme) et que l'on désigne généralement par le mot « pauvres ».

Parmi les objections entendues de personnes de « bonne foi », je n'en retiendrai que deux :
- Partager la Parole de Dieu avec des « pauvres » vous n'y pensez pas on va les mettre en difficultés… Les témoignages qui suivent démontrent le merveilleux cadeau que l'on fait aux « sans voix » lorsqu’on les traite en égal, qu'on les écoute et qu'on leur donne la parole. La Parole de Dieu ne s'assimile pas seulement avec son cerveau mais surtout avec le cœur. Et à lire ces témoignages, les pauvres (comme ils n'ont pas peur de se désigner eux-mêmes) ne manquent pas de cœur : « Bienheureux les pauvres d'esprit » (Mt).
- Inviter des « pauvres », rencontrer des « pauvres » c'est délicat, on ne veut pas leur faire honte …

Cela justifie beaucoup d'inactions et cela peut supprimer tout espoir de relation fraternelle avec les « préférés de Dieu ». Pourtant, comme nous le rappelle Maryline dans ce dossier : « les plus fragiles ont besoin qu'on les cherche » … comme la brebis perdue de l'Évangile. Il est évident que pour les participants à ce rassemblement, la relation fraternelle d'égal à égal avec les « oubliés » est tout à fait possible car ils l'ont expérimentée. De même, ils ont perçu que c'est là que se vérifie la « vraie foi » quelle soit personnelle ou communautaire.

Claude Beltrame

Je repars riche du partage vécu, et pauvre devant tout ce qui reste à faire…
Évelyne

DIACONIA est un rassemblement pour dire non aux conditions de vie des plus démunis et des défavorisés. C'est avant tout une fraternité pour les pauvres et les défavorisés.
J'ai d'abord vécu DIACONIA comme le miracle et la solution pour tous ceux qui sont seuls. J'y ai appris comment essayer de faire avancer les choses, les améliorer pour l'avenir et sur une longue durée
La diaconie c'est savoir écouter l'autre, partager et être fraternel avec son prochain c'est aussi donner de son temps aux autres, aux plus fragilisés, à ceux qui sont malades, aux personnes âgées, aux handicapés. C'est encore avoir de la compréhension et du respect pour l'autre. Le respect se vit dans les deux sens.
Vivre une fraternité, enfin, c'est apprendre à se connaître, passer du temps ensemble, développer la confiance en soi et dans les autres et accueillir la différence.
Sans le Seigneur rien n'est réalisable. Comme Lui, nous devons aller vers les pauvres pour leur donner de l'espoir. Nous devons savoir les écouter, les consoler et être disponibles. Nous avons à prouver aux personnes fragiles qu'elles font partie de nous et que nous, nous avons besoin d'elles. C'est seulement à ce moment-là que nous évoluons avec elles.
Yvan

En tant que sœur de St François d'Assise, je dois essayer de vivre l'option préférentielle pour les pauvres. À Lourdes, ils étaient mis partout à l'honneur, j'ai vécu une Nouvelle Pentecôte avant l'heure !
J'ai été interpellé par l'appel à la « conversion » : essayer d'abord de voir le positif de chaque personne plutôt que le négatif, ne pas jugez...etc...
Pour le diocèse et la paroisse je souhaite que l'on s'ouvre davantage, d'abord entre nous, soyons plus fraternels et unis malgré nos divergences. Puis, envers ceux et celles qui sont "aux marges", ceux que nous appelons : " les pauvres ", les " exclus ", sachons les regarder, les écouter, les entendre.
Tout homme doit-être reconnu, honoré dans sa dignité.
A l'exemple de Jésus qui s'est fait serviteur, soyons des serviteurs, des servantes entre nous et à l'égard de tous ceux que nous côtoyons sur notre chemin.
Cherchons et trouvons des moyens en paroisse et en diocèse, soyons créatifs pour que chacun trouve sa place, là où il se trouve, et apporte sa pierre pour la construction.
Sœur Renée

La diaconie est du ressort de toute l'Église, elle est cet appel à laisser l'évangile refaçonner notre vie avec les autres.
Pendant ces trois jours passés à Lourdes, nous avons bien compris la nécessité de laisser la parole « aux sans voix» c'est à dire à nos frères les plus démunis.
De très nombreux forums étaient proposés, tous plus intéressants les uns que les autres ; mais il n'était pas possible d'assister à tous, néanmoins à la sortie de ces réunions chacun de nous avait la conviction d'avoir choisi le meilleur …
Écouter l'autre était le maître mot ; nous avons compris, que nous sommes souvent à cent lieux de réaliser que ce que nous voulons lui donner est à l'opposé de ce qu'il est venu chercher auprès de nous. Lui, il veut s'exprimer, il a des choses à nous faire entendre et à nous apprendre, il veut nous prendre par la main et nous amener « là ou nous ne voudrions pas aller ».
À lourdes, il n'y avait plus ni pauvres ni riches, ni organisateurs ni
handicapés, ni jeunes ni vieux, mais des chrétiens en communions tous unis dans la joie de la foi … Vraiment il s'est passé quelque chose !!!!....
Denise

J'attendais de Diaconia un approfondissement du sens de la solidarité. Je ne suis pas déçu : servir la fraternité va bien au delà. Commencer par changer mon regard, devenir un être fraternel avant de donner du temps et des choses aux autres.
C'est pourtant bien connu, la manière de donner vaut plus que ce que l'on donne. Je retiens au final que le service de nos frères en situation de fragilités est bien le 3ème pied de la table (de l'Église) qui lui permet de tenir debout (et nous avec bien sûr !).
Mais de retour « sur le plancher des vaches » il ne faut pas que la bougie s'éteigne...
Alain

Pendant ce temps fort de Diaconia, j’ai rencontré des personnes dont le visage était empli de lumière, de joie, lors de l’échange, du partage, de la convivialité.
Nous étions 12 500, c’était magnifique ! Chacun priait, chantait dans un bel ensemble. Devant mes yeux je voyais se dessiner un grand cœur empli d’amour, un cœur que Dieu habite. Plus tard, au cours de ces trois journées, il y eu des animations où se mêlaient des voix, des rires, des mains qui tapent et montent jusque dans les cieux. Il y eu des témoignages plus interpellant les uns que les autres.
Il y en a un auquel j’ai été particulièrement sensible. Celui de cette personne, qui disait je me rappelle que sur la porte d’une église, il y avait un tag sur lequel on pouvait lire « Ouvrez les portes Dieu est à tous » Cette personne croyait que l’Église ce n’était que des « bourges » et les bien lotis qui avaient le droit d’entrer. Sans doute personne ne s’était trouvé là pour l’inviter à entrer !
Alors, ouvrons les portes des églises mais aussi celles de nos cœurs afin d’accueillir l’autre avec et dans ses différences.
Si un jour, il nous arrive de rencontrer une personne devant la porte d’une église, ne détournons pas nos yeux, approchons-la, invitons-la à entrer… Elle verra que Dieu est vraiment pour tous.
Huguette

J'ai découvert qu'il se faisait beaucoup de choses dont j'ignorais complètement l'existence.
J'ai personnellement assisté au forum « des personnes séparées, divorcées, remariées ». Nous y avons été accueillies comme faisant partie des pauvres de notre temps, ce fut pour moi un réconfort car nous n'osons pas parler de cette souffrance avec laquelle nous vivons même si elle ne se voit pas.
Du point de vue de la paroisse, nous allons essayer de transmettre cette formidable expérience et de créer un centre d'écoute ouvert à tous, sachant que « Personne n'est trop pauvre pour n'avoir rien à partager ».
Marie Paule

J'ai vu le partage et la communication par les gestes, les paroles, les chants et les danses,
J'ai entendu les prisonniers témoigner,
J'ai entendu l'aveugle lirela Parolede Dieu,
J'ai vu la joie de l'handicapée porter la lumière,
J'ai invité un sans-abri à venir s'asseoir près de moi,
J'ai entendu témoigner l'immigrée accueillie rendre service à son tour,
J'ai entendu un frère libéré de l'alcool remercier les personnes qui l'ont aidé et le Seigneur,
J'ai entendu les projets de fraternité des jeunes et des moins jeunes pour un monde plus juste,
J'ai entendu encore et encore les merveilles de notre Seigneur.
Le Seigneur se montre dans tous ces visages, à nous de savoir le reconnaître.
J'ai compris que c'est par l'humilité que les hommes de notre temps gagneront un monde meilleur, en mettant leur confiance dans le Seigneur.
C'est par l'Esprit Saint que les hommes doivent puiser la force et le courage nécessaires pour faire du bien à ceux qui en ont le plus besoin.
J'ai compris que chaque être a sa place dans la société comme dans l'Église, et que l'amour de Dieu reçu doit être donné en multitude.
Corine

Trois jours intenses en émotions, ressentis divers sur des points de vues différents mais aussi semblables et un grand partage entre tous, qui se propage dans des actions ou des intentions de chaque jour si minimes soient-elles.
Florence

12 000 chrétiens rassemblés, de tous âges, de toutes origines sociales, de toutes conditions même si les plus fragiles n'étaient pas encore très nombreux, avec comme objectif de servir la fraternité, c’est impressionnant et enthousiasmant, en plus soutenus par de nombreux évêques, prêtres et diacres.
Les personnes en fragilité, même si elles étaient en minorité (encore que, car nous avons tous nos fragilités et nos pauvretés) non seulement se sont exprimées mais ont été écoutées. Bravo pour tout le travail qui a été effectué pour arriver à ces prises de parole qui nous interpellaient chacun. Le philosophe Fred Poché disait « il ya quelque chose qu’on ne comprendra pas du monde si on n’écoute pas les plus pauvres ». Il en est de même pour comprendre l’Évangile.
Puisse le service de la fraternité désinfecter les plaies de la violence, de l’exclusion, de la misère et de la discrimination. Puisse-t-il purifier l’air de nos communautés encombrées de peurs, de fatalisme et de découragement, puisse-t-il détendre et relaxer nos relations pour retrouver les mots de la simplicité, de la tendresse et de la confiance.
Et puis en même temps, ce fut un temps de prise de conscience du chemin qui reste à parcourir pour que le regard que nous portons sur les plus fragiles ne soit pas un regard qui juge.
Comment continuer ce cheminement dans une paroisse, quand on se retrouve seule après s’être retrouvée à 12 000 en famille ?
Je terminerai par la réflexion d’une jeune maman du Quart Monde : « J’ai compris ce qu’était la misère : c’est quand on ne voit plus le respect dans le regard de l’autre. ».
Marie-Pascale

Diaconia, un formidable élan de fraternité où chacun se découvrait pauvre parmi les pauvres mais où « personne n'était assez pauvre pour n'avoir rien à dire » et dans un même temps les pauvres révélaient leurs richesses humaines et spirituelles et se faisaient riches parmi les riches !
Dans l'atelier « divorcés remariés » nous avions demandé d'écrire quel était leur rêve d'une communauté fraternelle. Réponse en trois mots : accueil sans jugement !
Beaucoup de souffrance et une certitude, ce qui est vrai pour l'un ne l'est pas pour d'autres : une personne en souffrance a déclaré « quand vous avez des enfants ne divorcez pas ! » et alors a retenti un autre cri de souffrance « mais c'est ma fille qui m'a supplié de divorcer et j'ai trop attendu, je l'ai faite souffrir par mon inertie ! » NE JUGEZ PAS, VOUS NE SAVEZ PAS !
Nous avons senti le poids de notre responsabilité : c'est comme si chaque personne nous avait chargé de rapporter à nos communautés leurs souffrances, leurs attentes mais aussi leur joie d'avoir rencontré des personnes qui les avaient aidées à se relever.
Une question me hante « Comment témoigner de tout ce que nous avons vécu pendant ces trois jours à nos communautés, comment leur dire que la fraternité c'est possible, puisque nous l'avons vécue ? »
Monique

J’avoue que j’étais un peu inquiète avant de participer au rassemblement. J’avais peur qu’une fois encore nous nous retrouvions pour nous gargariser et nous féliciter en Église de tout le « bien que nous faisons aux pauvres ».
J’en reviens réjouie de voir que nous avons pu faire Église avec les pauvres. Nous avons reconnu qu’ils ont une parole à nous dire, ils ont eu leur place comme acteurs, nous étions tous acteurs.
Au forum sur le monde de la santé, j’ai vraiment sentie que chacun avait droit à la parole. Et il est ressorti du forum le désir de solliciter la création de lieux de paroles pour tous les acteurs de la santé : malades, familles, soignants, services sociaux, …pour permettre la circulation de la parole avec des termes compréhensibles pour tous. En effet des membres d’ATD quart-monde ont témoigné de leurs difficultés à comprendre les mots techniques, à effectuer les démarches de soins, à remplir des questionnaires…De même des médecins ont témoigné de leur difficultés à évaluer le niveau de compréhension de la langue afin de s’adapter au mieux.
Nous avons senti un grand besoin de se rencontrer, de se parler, afin que les soins soient une vraie collaboration soignants-soignés.
Je voudrais terminer par le témoignage de Jonathan qui appartient à la famille des gens du voyage. Il nous a dit comme c’est dur d’être si souvent maintenu à l’écart, car ils font peurs. Il faisait écho à ce que nous entendons à l’aumônerie de l’hôpital psychiatrique où les patients témoignent du regard méprisant ou apeuré qu’ils rencontrent trop souvent. Ainsi Mr P. qui a l’habitude de me raconter ses voyages dans l’espace, à qui je demandais un jour, qu’est-ce qui était si bien dans l’espace pour qu’il ait envie d’y aller si souvent, m’a répondu : « là au moins on se moque pas de moi ! »
Ces paroles, comme celles entendues à Diaconia, me rappellent que mon cœur peut vite se fermer par peur, par gêne, par méconnaissance et que du coup je me prive de rencontres qui peuvent me faire grandir en humanité et dans ma foi. Merci !
Marie

Nous nous sommes retrouvés à Lourdes pour partager, chanter, prier et « bouger dans nos têtes »… Trois jours riches à nous retrouver, bénévoles, précaires, personnes fragiles, tous solidaires au service de la fraternité… Ateliers, spectacles, animations, forums, prises de contact, échanges… ont parsemé ces rencontres. Tout reste encore à accomplir pour espérer et vivre, en frères et sœurs, dans un monde meilleur… Changeons enfin nos regards, mettons-nous en marche pour une solidarité active… « Heureux les pauvres », ils forment l’Église où Dieu montre son visage.
Jean-Baptiste

J'ai surtout retenu de notre rassemblement à Lourdes, le partage dans le groupe, des moments de détresses, des doutes, des peines, des joies aussi et surtout la convivialité pendant les repas.
J'ai ressenti un grand moment de partage quand nous avons participé à l'information sur le pèlerinage de Compostelle par le « groupe des pauvres ».
Merci à Mgr Herbreteau pour sa disponibilité, son écoute, sa gentillesse, il sait se rendre disponible pour tout le monde, des plus petits au plusgrand.
Merci mon Dieu j'ai retrouvé la foi.
Denis

Diaconia a été une belle fête de l'Église et dela Fraternité, oui vraiment, le Christ, sa Parole qui estla Vérité(que j'ai cherchée si longtemps!) nous unit, nous réunit en une grande famille... J'ai beaucoup apprécié que chaque temps fort soit précédé de « partage dela Parole »... Là, ce ne sont pas des idées ni des émotions qui nous animaient, mais Jésus Lui-même !!! J’ai apprécié que toutes les interventions invitent à partir du Christ, de sa Parole, sous la conduite de l'Esprit !
Comme il était riche ce rassemblement de pauvres ! J'y ai rencontré des serviteurs humbles et dévoués qui m'ont émerveillée et je me suis laissée réconcilier (une longue épreuve m'avait fait perdre confiance dans les structures ecclésiales).
J'ai vécu et expérimenté la « Fraternité » qui n'est pas optionnelle et qui doit être réciproque sinon elle n'est pas. Personne n'est trop riche pour se passer de l'autre… Jésus mon frère et mon Dieu est dans l'autre !
Le lavement des pieds les uns les autres, à l'école de l'Arche a été un vrai partage de douceur, de dépouillement et de prière...
Annie

Ce qui m’a touché lors du rassemblement Diaconia c’est d’abord la rencontre, l’invitation à se laisser déplacer par l’autre dans une équipe. Ensemble prendre le temps de se connaître de donner la parole aux exclusions, oser être là attendre et accueillir. Inviter les chrétiens à rejoindre de façon massive des associations et aider les plus démunis.
Ce qui change en moi, C’est le regard pour l’autre, apprendre à regarder avec le regard du Christ avec amour, me remettre en question, croire en la parole de l’évangile : « Je suis au milieu de vous », « Va trouver mes frères », « Je suis comme celui qui sert ». Ces paroles du Christ redonnent du courage, de la force, de l’Espérance, pour toujours avancer avec le regard bienveillant et plein d’amour. Il y a beaucoup de colère, vis-à-vis des chômeurs, des situations de précarités, de handicaps, des isolés, et des prisonniers, il y en a marre disent-ils. Je souhaite que l’Église travaille avec les associations de solidarité locales, organise des visites aux personnes en souffrance. Enfin prier, organiser des groupes de prière, des neuvaines, chapelets, rosaire pour capter l’Esprit saint de nous venir en aide.
Marcelle

Moments inoubliables, instants inénarrables
Tant de gens heureux et chaleureux
Autant de regards croisés et illuminés d'une immense chaleur
Tout cela pour le bonheur
Présence de Dieu qui trouve grâce à mes yeux
car prier m'a permis d'alléger ma peine et ma souffrance.
Cathy

J'ai eu la chance une fois de plus de recharger les batteries à Diaconia à Lourdes. Quelle joie, je suis vraiment heureuse d'avoir participé à ce grand rassemblement.
La Diaconiec'est servir les autres comme Jésus les a servis. « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27).
L'objectif premier de la démarche Diaconia est d'appeler les communautés à vivre davantage, dans la réciprocité, la fraternité et l'espérance avec les personnes en situation de fragilité, proches ou lointaines. L'occasion de redire, en cette année de la Foi, combien le service du frère est une manière de vivre sa Foi chrétienne à la suite du Christ.
Concrètement en tant que baptisé, nous avons des devoirs envers nos frères, quels qu'ils soient : faire attention à notre prochain, l'accueillir, le respecter, le regarder, lui sourire, l'aimer.
Nous sommes tous responsables face à la création que Dieu nous a confiée.
Béatrice

Ce fut pour moi un rassemblement de générosité, de partage, de force, de liberté et d'espoir....
Durant ces moments de partage, j'ai été encore plus convaincue que la présence du Seigneur parmi nous était évidente dans notre vie, il est bonté, force et par là-même la quintessence de notre existence. J'ai rencontré des gens habités parla Grâce.
Même et surtout les gens les plus pauvres et les plus démunis ont des choses à partager, l'important pour le Seigneur est de TÉMOIGNER, ce qui a été le rôle des apôtres du Christ, c'est un devoir de faire vivre nos témoignages
Ce furent des moments de plénitude, pendant lesquels il est évident que chacun de nous tous est important pour le Seigneur, j'ai senti que chaque être a un rôle d'acteur majeur dans cette société matérialiste et superficielle, et que les « plus pauvres » avaient une action déterminante dans la prise de conscience des « moins pauvres ».
Élisabeth

Trois p’tites gouttes, inquiètes, s’en sont allées dans un océan humain. Comment allaient-elles pouvoir échanger, dialoguer au milieu d’une foule de 12 000 personnes ?
Aussi étonnant que cela paraisse, après quelques petits réglages : des échanges ont été possibles, pertinents, enrichissants, émouvants.
Des sans abris, des pauvres parmi les pauvres se sont exprimés, nous disant de rester humbles à leurs égards, de changer notre regard sur eux, de les regarder et considérer comme des « personnes », de savoir attendre, de bousculer nos habitudes pour les apprivoiser, de les appeler par « leur prénom », de les écouter, de ne pas se substituer à eux dans le choix de leur projet, de respecter leur besoin de se sentir exister, de ne pas les considérer seulement comme des assistés et « des ventres » évidemment un pauvre qui a faim a du mal à entendre le Seigneur, mais si nous ne sommes capables que de lui jeter une pièce ou un morceau de pain, alors, avons-nous compris quelque chose dans le service du frère ?
Écoutons Francis crier sa colère : il vit dans la rue… demande de l’argent… et a soudain envie d’écrire un poème, mais ses mains sont dans un tel état qu’il ne peut écrire. Une personne passe, accepte de l’écouter et d’écrire son poème :
Y en a marre de la misère, Y en a marre de ne plus être regardé, de toujours mordre la poussière.
De n’avoir que la faim pour me rappeler que ce n’est pas encore la fin
Le pire c’est le soir quand les fenêtres s’allument et que je reste seul dans le noir….
Sachons changer notre regard sur l’autre, ne jugeons pas les pauvres, ouvrons leur notre maison, poursuivons une œuvre ensemble. Jésus sait leur donner une mission, chacun est venu sur Terre pour faire quelque chose. La charité partagée est plus qu’un don. Chacun a besoin d’aimer et d’être aimé. Pourquoi se compliquer la vie au lieu d’aimer ? Sur une porte d’Église on a pu lire : Ouvrez les portes, Dieu est à Tous.
Les pauvres ont des richesses, mais les riches en ont aussi, sachons les mettre en commun pour réinventer un monde plus fraternel.
Jean Baptiste, Ginette, Régine

C’est avec beaucoup de joie et de bonheur que j’ai vécu ce rassemblement de Diaconia 2013 à Lourdes.
Cette assemblée de peuple ouvert à tous et de toutes conditions a permis à chacun des 12 000 participants de se sentir bien à sa place, et acceptés par son frère.
Ce fut pour moi une expérience très riche de fraternité qui a été vécu dès le départ. En effet des petits groupes de fraternité se sont constitués à Agen pour déjà faire connaissance, puis vivre un maximum de temps ensemble durant ces trois jours. J’ai ressenti combien chacun des membres de cette petite fraternité avait tout au long du rassemblement le souci de son frère. Les témoignages,la Parolede Dieu, les partages d’expériences et de foi, étaient de qualité, et vécus dans la simplicité et où les plus petits y avaient toute leur place et heureux de l’avoir.
Je souhaite à beaucoup d’avoir le bonheur de vivre un tel évènement à l’avenir ! C’est une force et un élan qui bouscule et donne envie de poursuivre la route avec son frère.
Marthe

J’ai eu la chance de rencontrer au gré des forums ou des ateliers des personnes en difficulté, en situation précaire, handicapés qui ont su partager avec d’autres, avec moi.
J’ai en mémoire trois situations ou cette rencontre, ce partage ont bousculé mes aprioris.
- Alors que nous étions rassemblés dans la basilique souterraine Saint Pie X, debout pour ma part n’ayant pas trouvé de place assise, il est demandé de faire connaissance avec ses voisins et de répondre à différentes questions. Mes difficultés auditives ne m’ayant pas permis de comprendre la consigne, je suis surpris de voir les gens discuter entre eux imaginant que c’est une pause.
C’est alors qu’un monsieur se lève et vient vers moi :
« Voulez-vous discuter avec moi ? Je suis chômeur et handicapé, je viens d’Angoulême et je crois à la fraternité… »
Dans cette situation ce n’est pas moi qui me considère comme un privilégié qui est allé vers l’autre mais un « pauvre » qui a su partager avec moi.
- Dans l’après midi je participe à un atelier permettant de mimer un Évangile, non pas de manière théâtrale mais avec son cœur. Après la lecture du passage sur le bon Samaritain, l’animateur demande à chacun des présents de choisir le personnage qu’il désire mimer. Deux personnes se proposent pour être le bon Samaritain : un homme ainsi qu’une petite jeune fille trisomique. C’est cette dernière qui est retenu et qui a su mieux que ce que je pouvais l’imaginer mimer avec son cœur.
- Le lendemain je suis inscrit à un forum sur le chômage. Après avoir entendu un témoignage d’une femme ayant vécu de longue période de chômage, nous devons échanger avec nos voisins proches. Ainsi l’évêque de Nancy et moi-même nous nous tournons vers deux dames. Elles sont demandeuses d’emploi et vivent depuis plusieurs années le chômage. Elles nous font part de la souffrance que représente leurs situations mais également, pour l’une d’entre elle, de l’action bénévole d’aide auprès d’autres demandeurs d’emploi dans le cadre d’une petite association qu’elle préside.
- Ces trois situations vécues, celle du chômeur handicapé, de la petite jeune fille trisomique et de la demandeuse d’emploi active dans une association, sont autant d’exemple démontrant que même dans la difficulté, dans la pauvreté une personne a des possibilités de partage.
- Ne nous faut-il pas prêter l’oreille à la parole des exclus, des pauvres et vivre avec eux cet élan fraternel qu’a voulu impulser ce rassemblement à Lourdes ?
Changer notre écoute, changer nos regards envers nos frères en difficulté est certainement la première étape pour vivre réellement la fraternité dans notre diocèse, dans notre paroisse dans notre association ou service.
Jean

Être allée à DIACONIA m'a permis de constater que sur notre planète beaucoup de mouvements fraternels, d'entraide sociale, humaine et artistique offrent la possibilité d'améliorer le monde DIACONIA a été un bain salutaire où les sensibilités se manifestaient et s'extériorisaient vers l'autre sans jugements ni préjugés, et cheminaient plus avec une énergie d'Amour, de confiance, et de joie.
Ce qui m'a marqué, ce sont tout les témoignages des personnes accueillis et accueillantes et s'apercevoir qu'on marche tous ensemble et de savoir où on va et pourquoi on se met en marche.
De là en découle un constat et une compréhension de mon comportement envers l'autre passe par des petits actes et attitudes quotidiennes manifestés par la joie, l'écoute, la confiance toute ses valeurs réconfortantes. Celle-ci peut être des petits riens tellement revigorants.
Avoir vécu DIACONIA est utile pour connaitre le bonheur d'un rassemblement ou les êtres fusionnent et tentent de marcher dans la même direction, ce rassemblement prouve qu'il a tant à faire pour les autres.
Avant mon arrivée à DIACONIA j'appréhendais le fait qu'il y aurait beaucoup de monde (12 000 personnes et 86 évêques) pendant l'ascension et bien je n'ai pas eu cette sensation d'étouffement lorsque l'on est dans une foule je me suis sentie portée par la foi, la chaleur humaine et surtout la joie qui prédominait. Les évêques présents étaient parmi nous.
Le forum à laquelle j'ai participé : se mobiliser avec les chômeurs. J'ai pris connaissance de toutes ces petites actions solidaires mise en place en France pour que .la vie de chômeur ne soit pas toujours un calvaire à vivre. Afin que les chômeurs ne deviennent pas des êtres réduits il en est ressorti que les chômeurs de longue durée ne voulaient plus être des hommes qui font la quête, la mendicité, mais être des hommes dignes et ne pas être victimes de la culpabilité ambiante. Nous avons voté des solutions :
- créer des lieux d'écoute et de paroles pour le moral,
- créer des lieux d'accompagnement vers l'emploi (un peu de spécialisation),
- échanger des tuyaux, des expériences : solidarité chômeurs et anciens chômeurs, bourse de l'emploi, une journée pour se rencontrer : entreprises, chômeurs. À Villeneuve sur Lot, l'association « Pas à pas » fédère des projets qui permettent aux chômeurs d'accéder à des activités culturelles à moindre coût, ce qui permet à l'individu de ne pas se sentir en marge, et de s'épanouir au lieu de se réduire et de se replier dans sa condition de chômeur.
Noëlle

Ce que je retiendrai du rassemblement de DIACONIA à LOURDES :
- c'est la joie retrouvée et manifestée dans le regard et le cœur de chacun,
- la joie partagée à travers les chants,
- les témoignages et le vécu de chacun dans l'expérience de leur vie,
- de vivre des moments simples,
- l’écoute et le partage dans les temps de parole.
Ma réflexion c'est : retrouver l'écoute en Soi et pour les autres, le respect pour Soi et pour les autres, retrouver les lois divines d'Amour de Joie de Paix de Sagesse de Foi et de Confiance.
Le rassemblement de Diaconia c'est vivre et ne pas oublier que nous sommes frères dans la construction du Royaume, ressentir le regard miséricordieux, le regard du cœur.
Les paroles qui m'ont interpellé :
- Dieu utilise nos blessures pour réconforter les autres, accueil sans condition…
- Ils m'ont fait confiance sans me connaître.
- Humilité des paroles qui viennent du cœur, et le courage de se mettre à nu.
- Être des veilleurs aux besoins de chacun.
- Rassembler, s'adapter aux rythmes de chacun.
- Les plus fragiles ont plus besoins d'être accueillis entendus.
- Aller à leur rencontre, oser visiter, frapper et ouvrir la porte de nos voisins pour partager, c'est s'ouvrir pour accueillir.
- Les plus fragiles ont besoin qu'ont les cherche.
- Retrouver un esprit des valeurs universelles dans notre vie quotidienne (Jésus).
- La prière universelle, le Notre Père par la gestuelle (la parole de DIEU par le chant et le geste intériorise plus pour l'avoir vécu dans une dynamique de communion).
Je remercie tout les participants de la paroisse et bien au-delà de cette fraternité vécue au plus profond de moi-même
Les multiples actions menées au sein de la fraternité Diaconia ont exprimé les engagements des enseignements de Jésus dans l'Église universelle. L'Église des hommes est belle pour tous ceux qui savent la reconnaître et la vivre. Un grand Merci !
Maryline

Les moments du séjour à Lourdes pour le rassemblement Diaconia qui m'ont particulièrement marqué :
- les bains de Lourdes (ils étaient très froids),
- les forums (sur les mal logés ou sans logement, il y a avait plein d'autres sujets) et l'attention apportée aux plus malheureux,
- la basilique souterraine, qui peut accueillir 25 000 personnes et fait12 000 m2.
J'ai été très impressionnée par ce mouvement de foule, ces grands moments de rencontre et de partage où il m'a semblé qu'il se passait quelque chose d'insaisissable et de FORT..."
Oihana (12 ans)