Le conclave
 
 
 
 
 

Mars 2013 : actualité oblige ! En dehors de toutes prévisions nous allons vivre un conclave...

Vivre, c'est une façon de dire, car un conclave est « impénétrable » ! Le nom même le dit, qui évoque l'idée de « fermé à clé »... Mis à part les cardinaux électeurs, nous, pauvres humains, sommes réduits à observer, épier, supputer, rêver, attendre... prier. Quand bien même serions-nous puissant monarque, président d'une république, patron d'une internationale ou même parrain d'une mafia ! Nous sommes égaux : nous ne saurons rien avant que la fameuse fumée blanche nous annonce l'imminence de la surprise... Le cardinal protodiacre* apparaîtra alors au balcon de la basilique Saint Pierre et après avoir proclamé la fameuse formule : « Habemus papam », nous révélera le nom de l'élu, qui, son consentement donné, sera ipso facto, le nouveau pape de l’Église catholique. Il nous dira quel nom il a choisi, et commencera sa mission : des responsabilités écrasantes...

Mais, nous n'en sommes pas là !

Le conclave est organisé au lendemain de la vacance du siège. Pendant ce temps de « sede vacante », un cardinal intérimaire dirigera les affaires courantes. Pour les 117 cardinaux électeurs (moins de 80 ans) commence une période incroyable : ils sont coupés de tout contact extérieur, pas de conversation (sauf entre eux), pas de téléphone, pas de moyens nouveaux (Ipad ou autres), pas de courrier, pas de radio ou de journaux ! Le camerlingue est chargé d'organiser cette étonnante surveillance ; il est aidé, aux limites du conclave, par le Substitut de la Secrétairerie d’État. Bref, les participants au conclave sont totalement isolés du monde extérieur, ils ne sont soumis à aucune influence, aucune pression, aucune menace ! On comprend que chacun souhaite un conclave assez bref : s'il pouvait se terminer largement avant Pâques, cela permettrait aux électeurs d'être dans leur diocèse pour présider aux célébrations de cette fête capitale pour les communautés catholiques.

Le monde est curieux de connaître le futur pape. Des pronostics sont avancés, mais ils n'ont pas de bases très fiables... Les chrétiens sont particulièrement concernés. Qui sera le nouveau pape, et que sera-t-il ? Dans les diocèses, dans les communautés, des veillées de prières sont organisées  avec confiance. En ce début de 21e siècle, dans un monde déchristianisé, il faut une Église dynamique, entreprenante, audacieuse, soucieuse d'un monde juste, équilibré, respectueux de l'avenir, c'est dire que le futur pape doit être exceptionnel... Pourquoi ne le serait-il pas ? 

* Le protodiacre (ou camerlingue) actuel, nommé il y a peu, par le pape Benoît XVI est un des quatre cardinaux français, électeurs, il est même de « chez-nous » - ou presque ! C'est Mgr Jean Louis Tauran né à Bordeaux en 1943. Après ses études à Michel Montaigne, puis au séminaire et à Toulouse, ordonné en 1969, il fut très vite appelé à Rome pour une brillante carrière diplomatique.

Extrait du Catho 47 n°81 

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