Retour sur la visite ad limina apostolorum vécue par Mgr Herbreteau, septembre 2012
 
 
 
 
 

Jeudi 20 septembre ! Me voici à Rome pour dix jours, avec une trentaine d’évêques de l’Ouest de la France. C’est la visite ad limina, un moment privilégié de pèlerinage sur les tombes de Pierre et Paul et une rencontre avec le pape Benoît XVI et ses collaborateurs.

Cette visite à Rome est importante. Elle fait davantage prendre conscience de la communion entre les évêques. En effet, aucun évêque n'est à lui seul responsable de la mission que lui confie l'Église. Membre d'un corps épiscopal, il découvre la dimension universelle de sa charge. Comme le dit le Concile, « les évêques doivent se sentir toujours unis entre eux et se montrer soucieux de toutes les Églises » (Décret du concile Vatican II sur la charge pastorale des évêques, n° 6).

Quels furent les moments les plus marquants de cette visite ?

Il y eu tout d’abord, le premier jour, l’eucharistie célébrée sur la tombe de Pierre. Des paroles de l’Apôtre ont alors pris de l’ampleur : « Seigneur à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ? » (Jn 6, 68), ou encore cette belle affirmation à la Résurrection : « Seigneur, toi qui connais toutes choses, tu sais bien que je t’aime ! » (Jn 21, 17). . Pierre a été marqué tout au long de son itinéraire par l’amitié avec le Christ. Sa vie est une réponse à l’appel du Christ à le suivre, et à se donner jusqu’au martyre. J’ai pensé fortement à ma devise épiscopale qui est aussi une invitation adressée à Pierre : « Affermis tes frères ! » (Lc 22, 32).

Ensuite, le deuxième moment fort fut la rencontre des trente évêques avec le pape à Castelgondolfo. Nous avons rencontré un homme fatigué (il revenait de son voyage au Liban), mais heureux de nous conforter dans notre charge épiscopale. Parmi beaucoup d’encouragements, j’en retiens deux. Celui qui concerne la vie et la famille tout d’abord : « Défendre la vie et la famille dans la société n’est en rien rétrograde, mais plutôt prophétique car cela revient à promouvoir des valeurs qui permettent le plein épanouissement de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). ». Le second encouragement touche à la diaconie : « Je voudrais encore vous adresser mes encouragements pour la démarche Diaconia 2013, par laquelle vous voulez inciter vos communautés diocésaines et locales, ainsi que chaque fidèle, à remettre au cœur du dynamisme ecclésial le service du frère, particulièrement du plus fragile. Que le service du frère, enraciné dans l’amour de Dieu, suscite en tous vos diocésains le souci de contribuer, chacun à sa mesure, à faire de l’humanité, dans le Christ, une unique famille, fraternelle et solidaire ! ».

Autre rencontre inoubliable : l'échange avec le pape pendant quarante-cinq minutes. Nous étions rassemblés autour de lui, nous les six évêques de la province de Bordeaux. Chacun avait préparé une question. La mienne portait sur la notion de gratuité et de fraternité que le pape développe dans son encyclique Caritas in veritate. En peu de mots, le pape a résumé sa pensée en disant combien le fait de vivre la gratuité était une nécessité pour l’humanité. Il n’y a pas de bonheur et de croissance en humanité sans une attitude de reconnaissance du don que Dieu fait de sa création.

Ce que j'ai vraiment ressenti en rencontrant les collaborateurs du pape ?

La communion entre nous évêques se traduit par le lien avec le Siège apostolique de Rome et avec les autres Églises particulières du monde entier. En écoutant les collaborateurs du pape, j’ai mieux pris conscience qu’un évêque doit tenir compte non seulement des besoins de son diocèse « mais encore de ceux des autres Églises particulières, puisqu'elles sont des parties de l'unique Église du Christ » (Décret du concile Vatican II sur la charge pastorale des évêques, n° 6).

La visite ad limina a été pour moi un temps fort de vie spirituelle. J’ai prié pour vous tous. Que notre diocèse bénéficie de la grâce reçue tout au long de ce séjour à Rome !

+ Hubert Herbreteau
Évêque d’Agen