Anniversaire de l'ouverture du concile Vatican II, année 2012
 
 
 
 
 

Cette année, nous célébrons les cinquante ans de l'ouverture du concile Vatican II.

Le concile Vatican II, présidé par le pape Jean XXIII puis par Paul VI, s'est ouvert le 11 octobre 1962 à Rome (Italie) pour s'achever le 8 décembre 1965. Plus de 2000 personnes participèrent à cet événement majeur de la vie de l'Église au cours duquel furent publiés seize textes.

Cet anniversaire est une invitation, entre autres, à relire attentivement (comme le rappelait Mgr Herbreteau dans sa lettre pastorale de septembre 2011) la Constitution sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, en lien avec l'orientation pastorale de cette année 2011-2012 dans notre diocèse : "À l'écoute du monde".

Toutes les informations concernant le concile Vatican II sur le site de l'Église catholique en France.

Anniversaire du Concile à Lourdes les 24 et 25 mars 2012

Récit de Sandra Di Giusto, pour la délégation du diocèse d'Agen

Ce sont près de 2 500 personnes laïcs, religieux, religieuses, diacres, prêtres, évêques et cardinaux qui se sont retrouvés à Lourdes, les 24 et 25 Mars, pour le 50ème anniversaire du Concile de Vatican II.

Les interventions de ce week end, réparties en demi-journées, ont mis en valeur des idées majeures contenues dans ce concile par le biais de témoignages, de communications et de conférences.

Après un accueil chaleureux, Mgr Ulrich, archevêque de Lille, a introduit pour notre plus grande joie le cardinal Etchégaray, suivi d’un message de sa Sainteté le Pape Benoît XVI (voir p.105). Quelle émotion !

C’est ensuite Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême qui est intervenu sur le thème du « Christ, lumière du monde ». Un Christ ressuscité, révélation de Dieu toujours près de nous :La Source.

Nous avons reçu les témoignages du Métropolite Emmanuel et du Pasteur Baty, les représentants des Eglises Orthodoxe et Protestante, signe fort de l’esprit œcuménique de Vatican II.

C’est ensuite Mgr Eric de Moulin-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris qui nous a présenté « L’Eglise, signe de Dieu et annonciatrice de la paix ». Avec l’idée que le concile a mis en lumière la sacramentalité de l’Eglise qui reçoit Tout du Christ. Et les chrétiens, par Lui, portent l’Eglise dans le monde.

Dimanche, C’est le Cardinal André Vingt Trois, qui a traité le thème de « L’homme est la route de l’Eglise ». Il nous engage, chacun dans notre vie, à écouter : écouter la parole de Dieu dans sa tradition vivante et dans sa célébration. Ecouter le monde et y porter, par notre témoignage, l’amour du Christ.

Ce week end restera gravé dans la mémoire de tous. Les moins de 40 ans, qui n’ont pas connu le concile sont prêts à porter cette continuité, renouvelés et fortifiés par ces échanges intenses vécus dans une Paix et une Joie toute fraternelle !

Nous remercions particulièrement notre évêque, Mgr Herbreteau et nos prêtres. Nous leur redisons toute l’affection que nous leur portons en cette Eglise qui est la Notre !

Mgr Ulrich : « Le Concile est fait pour l'avenir de l'Eglise »

Comment avez-vous vécu le rassemblement des Eglises diocésaines à Lourdes ?

J'ai senti une forte consonance avec le titre « Joie et espérance ». Beaucoup de délégués ont témoigné que c'est ce qu'ils avaient vécu. Pour nos délégations souvent jeunes, c'était une découverte. En tant qu'archevêque de Lille, j'ai été très frappé de constater que la délégation que nous avions constituée et rassemblé un mois avant a été très enthousiaste dès le début. En fait, j'ai senti peu à peu que les diocèses s'intéressaient à ce rassemblement. Certains ont même franchi allègrement la barre des 30 délégués... jusqu'à 80 dans le diocèse de Clermont !

Vous étiez le fil rouge de l'événement conçu comme une célébration...

J'ai été en plein dedans ! Et non pas comme l'organisateur qui ensuite aurait laissé faire les choses. Les deux points de départ m'ont paru extrêmement forts : la célébration dela Parolede Dieu présidée par le cardinal André Vingt-Trois, portant lui-même le livre dela Parole, l'ayant reçu au terme de la procession puisque le livre est passé de mains en mains, puis la proclamant en la tenant; et l'intervention du cardinal Roger Etchegaray qui a donné un souffle formidable. Ces deux moments-là,la Parolede Dieu au milieu de l'Eglise comme elle l'était au Concile et la parole d'expérience vécue du cardinal sur un événement qui a nourri toute sa vie de pasteur, m'ont fait entrer dedans. J'ai été très touché par les témoignages réalisés par KTO, par le film historique du CFRT, par les prises de parole diverses. Je me sentais tout à fait à l'intérieur de ce rassemblement, me disant que nous vivions une expérience, évidemment pas semblable au Concile qui a duré quatre années, mais que quelque chose se passait pour l'Eglise.

Les textes ont été publiés dans un numéro de la collection « Documents Episcopat »...

Si nous avons souhaité une diffusion rapide, c'est pour dire que nous avons vécu quelque chose d'intéressant et d'important, pour inviter les participants et d'autres à entrer dans une relecture des textes du Concile. Vatican II était une expérience et un événement. C'est aussi quelques points majeurs de l'enseignement de l'Eglise aujourd'hui : sur la signification profonde de la place dela Parolede Dieu dans la vie des hommes d'aujourd'hui, sur la façon de prier que le Concile a recommandée, sur le rapport avec les chrétiens non catholiques et les autres croyants du monde, la place des chrétiens dans le service de l'homme,la Doctrinesociale, les éléments de morale personnelle, etc. Il faut être conscient de ce que le Concile a apporté dans la vie de l'Eglise du point de vue de l'enseignement. On a besoin de l'approfondir. Il y a une unité entre ce que nous avons célébré - qui n'est pas un événement du passé - et ce que nous célèbrerons l'année prochaine avec Diaconia 2013 : les chrétiens, en raison de leur foi au Christ, vrai homme et vrai Dieu, ont une façon de servir l'homme qui est bonne pour l'humanité.

Quel est votre message à celles et ceux qui ne sont pas encore entrés dans la dynamique ?

Des jeunes de moins de 50 ans, qui n'étaient pas nés au moment du Concile, ont envie de s'approprier cet enseignement et cette expérience de l'Eglise de toujours. C'est l'Eglise de toujours qui est revigorée par Vatican II. L'intuition du « Youcoun » (1) est juste : le Concile est fait pour l'avenir de l'Eglise. On n'a pas besoin d'être un ancien du Concile pour vivre l'apport extraordinaire de sa richesse. Notre pari est de passer cette richesse à une autre génération. Il est clair que le pape Benoît XVI nous donne des vivres pour comprendre ce que s'est passé au Concile. Ses encycliques et son enseignement sur Jésus montrent un très grand engagement en ce sens. La réception d'un concile est toujours lente parce que conçu pour durer au-delà de 50 ans. Nous croyons que l'Esprit Saint nous renouvelle en permanence et nous donne des coups de semonce de ce genre pour faire bouger toute l'Eglise. Nous sommes sur de longues durées, pas du tout dans l'événement ou dans l'immédiat !

(1) « Youcoun 2012-2015 » est une initiative de jeunes pour "célébrer, comprendre et promouvoir" le concile Vatican II chez les jeunes.

Source Église catholique en France