En Polynésie française
 
 
 
 
 


La Polynésie s’étend sur une superficie comparable à celle de l’Europe. Elle est constituée de 118 îles réparties en cinq archipels. Du sud au nord : les Australes, les îles de la Société (où se trouve Tahiti), les Gambier, les Toamutu et tout au nord, les Marquises.

L’ancienne religion polynésienne prédisposait la population à accueillir favorablement la religion chrétienne. En effet, bien que polythéistes, les polynésiens croyaient en un être suprême trine et en l’immortalité de l’esprit. Ils sont aujourd’hui chrétiens à 98% dont 38% de catholiques, surtout marquisiens. L’évangélisation, pour les catholiques, s’est faite dans la première partie du XIXème siècle grâce aux frères de Picpus, puis aux sœurs de Saint-Joseph de Cluny, mais c’est surtout grâce à deux prêtres qui sont d’ailleurs devenus les premiers évêques des Marquises, que le catholicisme a pris toute son importance dans cet archipel. Le premier, le père Dordillon, a rédigé un dictionnaire français/marquisien et le second, Monseigneur Le Cléac’h, s’est attaché à traduire la Bible dans cette langue. Ils ont tous les deux également cherché à revaloriser certains côtés de la culture marquisienne. Dans la culture polynésienne traditionnelle, la place des femmes est très particulière, en effet, elles ont souvent eu accès à de hautes responsabilités tant au plan civil que religieux et ceci demeure dans les communautés chrétiennes où la parité est remarquable !

La Polynésie Française se divise en deux diocèses : l’archidiocèse de Papeete le plus étendu et le plus peuplé mais à prédominance protestante, et le diocèse de Taiohae aux Marquises où plus de 90% de la population est catholique. C’est dans cet archipel que nous avons eu le plaisir de séjourner quelques semaines. Les 8 500 habitants sont répartis sur les six îles habitées, mais plus de 10 000 marquisiens résident à Tahiti distante de 1 500 kms. Chaque hameau, chaque village a son église ou au moins sa chapelle. Les églises en « dur » sont de construction récente, claires et aérées, décorées de très belles sculptures sur bois faites par des artisans marquisiens (dont c’est la spécialité), de tentures locales et de fleurs multicolores.

Les paroisses sont souvent petites et isolées, soit à cause d’un relief qui rend les communications difficiles entre les vallées, soit à cause de la mer. Chaque communauté a un chef de prière nommé Tumu Pure, homme ou femme, choisi par sa paroisse et nommé par l’évêque, accompagné d’auxiliaires dont le nombre varie en fonction de l’importance de la communauté. Son rôle est essentiel dans l’animation de la paroisse surtout lorsque celle-ci est très éloignée et n’a que rarement la visite d’un prêtre.

Nous avons eu la joie de participer aux célébrations dominicales (dont une entièrement en marquisien !). L’assemblée très nombreuse des fidèles de tous les âges et de tous horizons, venus en famille, participe avec ferveur et bonheur à la cérémonie. Ce qui est le plus remarquable, ce sont les chants repris à plusieurs voix par toute l’assistance, sans maître de chant ni chorale identifiables. Ces chants magnifiques ainsi portés par l’ensemble des participants donnent une profondeur et une intensité toutes particulières à la prière de ces célébrations. Nous avons eu la chance de vivre la veillée pascale à Papeete, juste avant notre retour. Là encore, les chants nous ont transportés, et malgré la longueur de la célébration et le fait que l’église ait été plus que remplie, ce fut un moment joyeux de prière et de communion. Une expérience inoubliable !

Françoise Dulong