Journée spirituelle pour tous, le 9 janvier 2011 à Eysses
 
 
 
 
 


Le dimanche 9 janvier 2011, à Eysses (paroisse St Joseph de Villeneuve) a
eu lieu la troisième journée spirituelle pour tous, en présence de Mgr Herbreteau.

Au programme :

  • Louange animée par le groupe de jeunes « Ephata »
  • Enseignements assurés par le père Bostyn du foyer de charité
  • Eucharistie présidée par Mgr Herbreteau
  • Possibilités de confessions ou d’écoute
  • Adoration
  • Prières d’intercession pour les malades ou toutes les détresses

Une petite librairie était proposée, avec l’aimable collaboration de la librairie de la Sainte Famille d’Agen.

Le dessin de l’affiche a été réalisé par le pasteur Michel Bourgeois.

La journée était organisée par le Renouveau charismatique diocésain.

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Contacts : M. Guy Hauradou : 05 53 01 40 93
Mme Rostaing : 05 53 84 71 78

COMPTE RENDU DE LA JOURNÉE

Enseignement du Père Bostyn
Thème de la journée : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous soulagerai.. » Mtt, 11, 28.

I. Consolation dans le groupe de prière :

Sachant que nous ne pouvons être porteurs de la consolation du Seigneur que si nous l’avons nous-même expérimentée : il faut faire soi-même l’expérience de la relation au Christ qui est notre consolation.
Ma vie chrétienne est une plongée dans cette relation au Père, au Fils et au Saint Esprit ; c’est une expérience qui me transforme. Dans cette transformation, on est invités à une plus grande communion avec le Christ, à une expérience de la relation au Père, à une meilleure connaissance de la vie dans l’Esprit.
Ce ne sont pas des idées, c’est une expérience ; j’existe parce que je sais que j’ai du prix aux yeux de Dieu, ma vie a un sens. Le cœur de l’homme ne trouve son repos que dans l’expérience de l’amour de Dieu :
Le fils prodigue, Isaïe, 44 4 ou 49, 16…

a) Dans l’Ancien Testament

La libération d’Egypte, moment fondateur : le peuple de Dieu fait l’expérience que Dieu s’occupe de lui comme un père plein de tendresse : abreuvé s’il a soif, nourri s’il a faim : deut, 21, 31, exode, 16 et 17, nombres, Isaïe, 66, 12,13, Osée, 11,4.

b) Dans le Nouveau Testament

Tout est accompli en Jésus. Le cœur de l’homme a faim de paix, d’amour, de sens : Jésus est la réponse à ces faims, une réponse concrète.
« Je suis le Pain de vie », Jean 11
« Je suis la lumière du monde »
« Je suis la résurrection et la vie », Jean, 11, 25
Jésus nous oriente vers notre vocation profonde : vivre la relation filiale au Père par la vie baptismale. Au baptême du Christ, la Parole de Dieu : « tu es mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour » Marc 1, 11, c’est pour nous, pour chacun : elle est à se redire chaque jour.

c) St Paul

Il a fait l’expérience de la tendresse du Christ ; au début, il est entièrement tourné vers le Christ, puis il situe le Christ dans le grand dessein d’amour du Père après plusieurs années de ministère : 2 cor, 1, 3 à 5, texte fondamental :
« Béni soit Dieu, le père de toutes consolations et bénédictions... »
Nous devons faire l’expérience de la consolation et consoler ensuite ; « consoler » veut dire « consolider, affermir ».
« Tribulation » veut dire « presser de toutes parts, tamponner ».
Nous sommes structurés par l’amour du Père ; il faut expérimenter l’étreinte du Père et la vie fraternelle.

CONSEIL : prier le « notre Père » en répétant doucement : notre Père, puis Abba Père, puis Abba Papa, puis Papa…
Nous sommes comme l’argile dans les mains du potier.
Rembrandt dans son tableau « le retour du fils prodigue »: les 2 mains du Père posées sur le fils qui fait l’expérience concrète de la tendresse du Père en entrant dans les entrailles du Père.
Après l’ascension, Jean, 14, 18 à 27, Jésus envoie l’Esprit de consolation, le défenseur.
Le ministère de Jésus se poursuit dans l’Eglise par les frères et sœurs qui sont une humanité de « surcroît ».

d) Trois expériences de conversion

- Le père de Foucauld : il a vécu quatre années laborieuses, la foi n’est pas au bout de sa réflexion, mais sur l’injonction du père Huvelin de se confesser, il a fait un saut : c’est l’étreinte du Père qui l’a reconstitué dans son humanité.

- Jacques Fesch : aiguillonné par son avocat, il est réceptif, essaie de croire mais rien ; puis évènement décisif (appel au secours) qui a entraîné un cri : « mon Dieu ! ». L’Esprit Saint vient au secours avec force et douceur « deviens ce que tu es ! »

- Paul Claudel : en 1886, dans la cathédrale, pendant le chant du « magnificat » s’écrie : « Et voici que vous êtes quelqu’un ! »

Ces mêmes expériences, nous sommes appelés à les vivre avant de pouvoir être témoins du Dieu consolateur.

II. Lieux ou moments où nous pouvons trouver la consolation

Parole de Dieu

a) Elle répond à nos besoins d’encouragements, de conversion, de lumières : elle est vivante ; le Seigneur nous transforme et permet que nous soyons consolés ; ex : les témoins d’Emmaüs.

St Jean Chrysostome : « Je ne veux pas vous laisser un seul jour sans nourriture de la Parole. Qui vit au milieu du monde a bien besoin des remèdes de la Parole. »

L’expérience des pères du désert (vers 313) : après la paix de Constantin, il y a beaucoup de relâchement dans le zèle des chrétiens, tout ce qui est le plus mauvais entre dans l’Eglise. Beaucoup partent au désert pour lutter contre les péchés du monde et d’abord de leur propre cœur et constatent qu’il y a toujours une Parole de Dieu pour riposter à la flèche du tentateur : ils peuvent être victorieux grâce à la Parole. Jésus au désert répond par la Parole.

b) Le petit traité d’Evrague le pontique au 5me siècle : « l’antirétique »

On oppose à une mauvaise parole une autre parole qui est celle de Dieu qui nous console ; on plonge dans la tendresse de Dieu en s’appuyant sur cette parole et en persévérant.

Progressivement, cela s’est simplifié pour devenir la prière de Jésus :

« Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, prend pitié de moi pêcheur. »

c) Expérience de la miséricorde de Dieu :

- Pierre, en croisant le regard de Jésus après son reniement, fait l’expérience de la miséricorde de Dieu et va pouvoir la transmettre dans ses écrits ;
- dans le sacrement de la réconciliation.

d) consolation par les frères et sœurs :

Dans les débuts, l’Église s’appelait : « fraternité » : Paul en a fait l’expérience.

Jean-paul II dans « Tertio Millenium » appelle à être attentifs aux besoins des autres, à porter les fardeaux et les souffrances des autres.

e) Diaconie de l’Église = service des frères ; service du prochain exercé de manière communautaire et ordonné (« Deus caritas est » de Benoit XVI.

III. Comment être moyen de la compassion du Christ

Nous présentons des résistances à la réception de ces consolations ; il nous faut reconnaître la profondeur de notre pauvreté, c’est une démarche d’humilité : on ne peut pas pardonner si on se coupe de la miséricorde.

Nous sommes créés à l’image de Dieu, mais nous sommes blessés, donc nous avons tendance à nous protéger ; notre désir d’aimer et d’être aimé est dévié. Si nous voulons vivre la compassion, laissons-nous aimer nous-même dans la pureté et la simplicité.

Attention aux déviations : parodie de compassion = fausse compassion = se retrouver soi-même dans un mouvement égocentrique de supériorité.

Ou confusion : on ne distingue pas ce que la personne vit de nos propres émotions = risque de relation fusionnelle.

Soyons au clair sur nos motivations profondes.

1) Nous devenons instruments de la compassion du Christ

a) Isaïe, 49, 8..c’est nous que le Seigneur envoie pour consoler et nourrir ceux qui en ont besoin.

b) Amos : grand défenseur des pauvres et des opprimés (5, 21 à 24) pas de culte sans justice = pas de prière sans attention aux autres.

Isaïe, 1, 11 à 18…

c) Jésus s’identifie à l’humanité souffrante : aimer dieu suppose l’amour du prochain exprimé en œuvre concrète

Matt, 10, 7 à 9 : guérissez les malades

Matt, 25, c’est à moi que vous le faites

St Jacques, 2, 14 à 26 la foi sans les œuvres

d) St Vincent de Paul : « les pauvres sont sacrements de Dieu »

« Vous servez Dieu en servant les pauvres »

Il faut rejoindre tout homme dans son humanité profonde pour lui rendre sa dignité, lui faire prendre conscience que le Christ est déjà présent dans sa vie.

Au cœur de mes détresses vécues avec Jésus, l’Esprit Saint me fait faire l’expérience du mystère pascal, de l’amour, de la paix etc., fruits de l’Esprit Saint.

e) Paul fait l’expérience du mystère pascal :
2 cor, 1, 4 : il reste fort car il est avec le Christ
2 cor, 4, 7 : trésor dans des vases d’argile
Paul dit aussi qu’il déborde de joie au milieu de ses souffrances : notre joie, notre consolation est en Christ, nos souffrances portées dans la résurrection avec les fruits de l’Esprit, = les béatitudes.

2) Le Christ apporte la consolation aux trois dimensions de notre humanité

Corps, âme et esprit. Nous devons nous-même apporter aux autres : ponts d’amitié essentiels de l’ordre de la relation vraie (les réseaux sociaux = fausse communion).

Huit points d’attention des évêques :

- promouvoir la dignité de toute personne,
- respecter le droit inviolable à la vie,
- liberté religieuse : que chacun puisse vivre sa foi,
- la famille : premier espace d’engagement social : vocation à être le premier lien d’amour réciproque,
- évangélisation : annoncer la Bonne Nouvelle partout, Dieu donne sa grâce,
- engagement et vie politique,
- situer l’homme au centre de la vie économique et sociale,
- évangéliser la culture et les cultures

3) Importance de l’écoute

Il est important de découvrir nos mécanismes de défense devant la souffrance :

Ex : devant la dépression, on n’y entre pas par hasard, liée à l’épuisement, un deuil, une rupture, une séparation….quel sens la personne donne à cette perte ? Devant le vide à combler, quel sens donner à sa vie ? Invitation à accepter le réel puis à lâcher prise, la perte de l’image de soi dont on rêvait va laisser place à un vide que l’on va peu à peu remplir de sens.

Jésus a traversé la passion, est descendu dans nos enfers avant de ressusciter : la mort du vieil homme donne naissance à l’homme nouveau.

Pour un chrétien que l’on aide, le spirituel va se mêler à la dépression : il faut être attentif à ne pas tout spiritualiser, mais accueillir la personne dans toutes ses dimensions : que vit-elle ? de quoi a-t-elle besoin ?

Il est important de connaître les étapes de deuil : dans la souffrance, il y a perte, donc travail de deuil ; le baptisé est invité à vivre continuellement le mystère pascal : mort et résurrection.

Pour le pardon, il y a aussi les mêmes étapes comme pour le deuil.

Eucharistie présidée par Mgr Herbreteau

Baptême de Jésus : quatre aspects importants pour notre vie spirituelle

1) Jésus se fait baptiser par Jean-Baptiste dans le Jourdain (plus bas que le niveau de la mer) pour faire droit à la tradition, mais aussi pour manifester sa solidarité avec le monde des pêcheurs ; Jésus sauveur vient témoigner du pardon de Dieu pour manifester qu’avec lui, dans sa mort et sa résurrection, le mal est vaincu.

2) Jésus vient inaugurer le baptême nouveau : mouvement de plongée dans l’eau puis de remontée : c’est tout le sens du baptême chrétien.

3) Jésus a l’initiative et pourtant, ce qui le guide, c’est aussi de se laisser faire : faire la volonté de Dieu. En ce début 2011, qu’est que la volonté de Dieu ? Faire la volonté de Dieu, c’est être en solidarité avec le monde marqué par le péché, le mal, les mondanités ; nous avons avec le Christ à combattre toutes les forces du mal, à faire reculer le péché .

Consolation : affermir nos frères, les faire tenir debout par des gestes, des paroles, être consolateurs présents, attentifs aux autres.

Charles de Foucauld : j’aime dans son itinéraire lorsqu’il se retrouve au désert, au milieu des touaregs, on l’appelle « frère universel » Il se veut frère « tout humain est mon frère » Pour un chrétien, devenir du pays.

4) Ce texte nous fait entrer dans la vie trinitaire : Père, Jésus et la colombe. En tant que chrétien, baptisés, confirmés, nous devons entrer dans ce cercle, cet échange, ce dialogue entre le Père, le Fils et l’Esprit. Nos relations vont alors changer et nous vivrons le dialogue et la fraternité avec les autres.