Alphonse de Liguori le "Moraliste" de Dieu, le 23 novembre 2010
 
 
 
 
 

M. Robert Pérez, économe diocésain, a donné une conférence sur Alphonse de Liguori, le « moraliste » de Dieu, le mardi 23 novembre à 20 h 30 à la chapelle du Martrou à Agen

Présentation

Alphonse de Liguori naît près de Naples le 27 novembre 1696. Ses parents font partie de la haute noblesse napolitaine. Son père, don Joseph, sera Capitaine Général des Galères Royales : caractère violent, son fils le fera croître en sainteté. Sa mère, dona Anna, femme d’une grande piété lui inculquera le goût de la prière. Alphonse dira que s’il y avait en lui quelque chose de bon, c’est à elle qu’il le devait.

Après des études extrêmement brillantes, docteur en droit civil et en droit canonique à l’âge de seize ans, Alphonse se destine au barreau dont il devient vite un avocat très recherché. Le seul procès qu’il perd sera aussi le dernier où il plaidera. Dépité, il démissionne, se consacre à Marie et devient prêtre en 1726.

Alphonse décide de prêcher des missions dans le monde rural qu’il a eu l’occasion de découvrir et d’en constater la profonde déchristianisation. Dans ce but, avec un petit groupe d’amis, il fonde en 1732, la Congrégation du Très Saint Rédempteur.

Après de nombreuses difficultés tant à l’interne de la congrégation qu’à l’externe, pouvoir royal de Naples anti-romain, la congrégation multiplie ses missions et se répand dans tout le royaume. En 1742, Benoît XIV reconnaît la congrégation.

A son corps défendant, Alphonse est nommé évêque de Sainte-Agathe des Goths en 1762, il le sera jusqu’en 1775. Excellent évêque, il y gagnera le nom de « santo vescovo » (saint évêque). Relevé de sa charge à sa demande, pour raison de santé, Alphonse rejoint la maison mère des Rédemptoristes à Nocera dei Pagani, où il s’éteint le 1er août 1787.

Malgré un état physique que l’on peut qualifier de délabré, sans crainte d’exagération, Alphonse s’investit à fond dans la défense de sa congrégation contre les forces obscures et triomphantes du Siècle des Lumières. Il en eut beaucoup à souffrir. Il vécut également dans la douleur les attaques de ces mêmes forces anti-romaines contre le Pape, dont le point d’orgue fut la suppression des Jésuites en 1773.

Alphonse écrivit beaucoup, on compte cent-soixante ouvrages. Le plus célèbre, la « Théologie morale », connut un très grand succès. Ceci lui vaudra d’être proclamé Docteur de l’Église. La pratique des confesseurs en fut bouleversée, un vent de liberté souffla dans les confessionnaux trop marqués par le Jansénisme où tout était péché ou peu s’en fallait! La« Théologie morale » développait l’ « Équiprobabilisme » dont le fondement est qu’une loi incertaine ne peut imposer une obligation certaine. Elle mettait également de la distance avec le « Probabilisme » qui dérivait vers le laxisme.

Pie VII béatifia Alphonse en 1816, Grégoire XVI le canonisa en 1839, le Bx. Pie IX le proclama Docteur de l’Église en 1871 et en 1950 le Vénérable Pie XII le déclara Patron des moralistes et des confesseurs.

Alphonse est, après saint Janvier, le second patron de Naples.