En Israël : chrétiens en Terre Sainte
 
 
 
 
 


À l’occasion du voyage du Pape Benoit XVI, il nous a paru important de parler des divers visages des communautés chrétiennes que nous avons eu la chance de rencontrer lors de notre pèlerinage en Terre Sainte, à travers des prêtres ou religieux arabes ou venus d’Europe.

Ces communautés existent en ces lieux depuis les origines du christianisme, elles ont réussi à se maintenir pour témoigner de l’Espérance qui nous fait vivre malgré toutes les difficultés aux quelles elles ont eu à faire face au fil de l’histoire et aujourd’hui encore.

À Nazareth, ville d’Israël où se côtoient en paix les trois grandes religions, un prêtre est responsable d’une école qui accueille les enfants aussi bien musulmans que chrétiens et les fait participer à des activités extrascolaires avec un lycée juif de Jérusalem. Il essaie de créer des ponts entre musulmans et juifs en particulier en les aidant à découvrir mutuellement l’histoire de l’autre, pour promouvoir la paix.

Taibeh est un village entièrement chrétien en territoire palestinien. Pour donner une image cohérente de leur religion aux communautés musulmanes qui les entourent, les différentes confessions chrétiennes (orthodoxes grecs, Arméniens et catholiques romains) célèbrent en même temps les grandes fêtes religieuses. Le curé de la communauté catholique, après avoir fondé une école qui accueille chrétiens et musulmans, a créé une coopérative qui permet aux habitants du village de commercialiser et même d’exporter l’huile d’olive et les produits dérivés qu’ils produisent. Il a aussi monté une chorale d’enfants chrétiens, juifs et musulmans qui chantent en concert aussi bien en Palestine, en Israël qu’en Europe. Il y a enfin, dans le village, un dispensaire où médecins, infirmières et sages femmes consultent régulièrement. Grâce à toutes ces activités la population chrétienne peut vivre et se maintenir sur place.

À Bethléem, c’est une religieuse de Vincent de Paul qui nous a reçus pour nous faire visiter la crèche qui accueille des enfants adultérins ou abandonnés par des mères célibataires. Ces enfants sont pour la plupart inadoptables et leur avenir est incertain. Ils sont parfois recueillis par leur famille d’origine, seule possibilité pour eux face à la loi musulmane, mais le plus souvent ils n’ont aucune existence légale et ne pourront que difficilement trouver une place dans cette société. Outre le fait de leur donner un toit et une petite enfance heureuse, la communauté chrétienne tente d’intervenir en leur faveur pour que les lois changent et que ces enfants aient un réel avenir.

Enfin, à Abu Gosh, un frère olivétain reçoit, entre autres, à la demande du gouvernement israélien, les jeunes soldats aux quels il est chargé d’expliquer les différentes religions. Il a créé un véritable réseau d’amitié et de réflexion. Ces rencontres permettent ainsi à certains jeunes israéliens de faire une démarche vers des jeunes d’autres communautés religieuses pour des activités conjointes de solidarité.

Chacun avec son charisme nous a dit sa foi en l’avenir et en l’homme autant que sa foi en Dieu. Ils comptent sur nous pour les soutenir dans la prière et par notre présence. Ils font en sorte que les communautés chrétiennes soient un pont entre juifs et musulmans. Et nous qui avons eu la chance de les rencontrer, nous avons à témoigner de leurs actions, de leur vitalité et de leur foi. Quelques soient leurs opinions, sur cette Terre où les conflits religieux et culturels sont tragiquement présents, ce sont des artisans de paix au service de leurs frères de toutes les communautés.

Françoise Dulong, juin 2009

 
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