En Pologne
 
 
 
 
 


Le premier mot c’est « surprise ».

Surprise quand on pénètre dans une église, et Dieu sait combien il y en a à Cracovie, de trouver tant de monde agenouillé (quelque soit le jour de la semaine ou l’heure de la journée, même après 20 heures), devant la chapelle où le Saint Sacrement est exposé tous les jours. C’est un va et vient incessant de fidèles polonais, hommes et femmes.

Surprise dans chaque église où l’on voit des fidèles en attente devant des confessionnaux où des prêtres se relaient toute la journée.

Surprise du nombre de messes célébrées chaque jour dans toutes les églises que j’ai pu visiter.

Surprise, car je n’ai pas une fois entendu évoquer le principe de laïcité. En effet dans les restaurants, les hôtels, les pensions de familles, les maisons de retraite, dans chaque pièce trône un crucifix bien en vue… Certes le Pape Jean-Paul I I, enfant du pays devenu le Saint-Père, non seulement figure mais héro national, a fortement marqué son pays. On voit son buste partout, des statues grandeur nature, son effigie dans de multiples endroits (gares, restaurants, cabine de conduite de cars…). À l’une de mes questions, je me suis fait répondre par un prêtre polonais parlant bien notre langue : si vous prononcez le mot « église », le polonais vous répondra « maison ». En effet pour un polonais l’église c’est sa maison ; il y va car il s’y trouve bien et il aime prier. Conséquence matérielle : les églises de Pologne sont remarquablement entretenues, et autant du fait des fidèles que du fait de l’État : elles sont patrimoine national. Les messes auxquelles j’ai pu assister, le matin comme le soir, sont chantées, actives et participatives…

Ceci étant, à mon étonnement de voir tant de prêtres, j’ai poussé plus loin la connaissance du clergé. Et là encore surprise. À Cracovie, il y a le séminaire diocésain (250 séminaristes), deux autres séminaires de deux diocèses voisins qui ont choisi les Universités et Facultés de la capitale du Sud-Pologne pour former leurs étudiants (200 étudiants), plus les séminaires des Dominicains, des Franciscains, et d’autres congrégations d’hommes (près de 300 séminaristes)... Oui, c’est fabuleux, pour nous chrétiens français, quand nos évêques doivent jongler avec les quelques rares vocations dans les séminaires à l’échelle de la région apostolique. Au premier abord, j’ai mis en doute ces chiffres que m’avaient indiqués deux jeunes femmes de l’Institut Notre Dame de Vie, professeurs de Faculté à Cracovie, l’une française, l’autre polonaise. Alors j’ai interrogé un prêtre polonais, curé d’une paroisse et aumônier d’étudiants, de surcroît prêtre de Notre Dame de Vie. Identité de réponse. Véracité des chiffres… Je me dis que l’Église de Pologne est une Église heureuse…Et que dire de l’Église de France…fille aînée de l’Église universelle !

François Boyer-Gibaud, mai 2009