En Éthiopie : voir Lalibela... absolument !
 
 
 
 
 


Depuis que la vie a mis l’Éthiopie sur ma route, j’avais un objectif obsédant : voir Lalibela. J’ai eu cette chance, grâce à Dieu.

L’Éthiopie est une vieille dame, une vieille dame toute ridée, toute voûtée, mais une vieille dame pleine de sagesse, de spiritualité, qui respire la sérénité, dont la grande culture fascine et qui impose le respect.

Quand on rencontre cette vieille dame, quand on a la chance de croiser sa route, on se met à l’aimer et à l’admirer spontanément. Quand on vient en Éthiopie, on est surpris, surpris par ce que l’on voit et par ce que l’on vit.

On est d’abord touché par le décalage entre notre « essentiel » et celui qui est vécu par ce peuple. Alors, tout s’illumine, tout devient évident. On voudrait être sûr de ne pas oublier cette leçon de vie.

La vieille dame nous parle. Elle nous dit Dieu, la vie, les autres. On n’a plus qu’à écouter… et à profiter !

Mais le cœur de la vieille dame bât assurément à Lalibela, une des anciennes capitales du pays qui porte le nom de son roi-fondateur. Dans un petit périmètre, on retrouve tout le sens du message de la vieille dame :

Le roi Lalibela, tel Abel, fut la victime de son frère jaloux. Empoisonné, son âme voyagea trois jours entre notre monde et l’autre. Le Christ lui fit alors visiter Jérusalem et le Paradis. Ainsi, après ce « coma mystique » il entreprit de raconter tout ce qu’il vu par la réalisation de 11 églises monolithes et semi-monolithes.

Chacune de ces églises, classées au patrimoine de l’UNESCO, a sa propre croix et sa propre architecture symbolique, sa part de récit. Une catéchèse d’une limpidité et d’une force indescriptible est proposée aux visiteurs et aux pèlerins, qui peuvent même expérimenter le passage des ténèbres à la lumière grâce à un souterrain entre deux églises.

Mais, le visiteur devient forcement pèlerin lorsqu’il atteint la dernière église, celle de Saint Georges. Là, la vieille dame souffle ces derniers enseignements… précieux.

Enfin, à deux heures de mule, tout en haut de la montagne, à 3500 mètres d’altitude, la rencontre se fait intime quand un moine vous accueille dans son monastère construit par le successeur et neveux de Lalibela. Il ouvre des livres et des icônes à pages du XIIIe siècle ! A ce moment-là, la vieille dame vous fait témoin privilégié et vous invite à transmettre à votre tour son message.

La vieille dame est, en fait, une grand-mère !

Demain matin, je repars de Lalibela, puis d’Éthiopie. Mais, je partirai avec le souvenir précieux de la rencontre avec cette grand-mère car, comme toutes les grands-mères, elle a tout donné, sans retenue, sans égoïsme, sans calcul, juste parce que donner est le sens de son existence. Elle m’a montré Dieu et les autres... En effet, à Lalibela, la grand-mère n’a pas oublié de mettre sur mon chemin des visages d’enfants, des visages qui disent la dure réalité de la vie et de l’injustice, mais qui disent aussi l’Espérance !

Pierre-Yves Camiade, Lalibela, le 22 février 2009.