Journée spirituelle pour tous, le 27 juin 2010 à Marmande
 
 
 
 
 

Le dimanche 27 juin 2010, à Marmande (église Notre Dame) a eu lieu la deuxième journée spirituelle pour tous, en présence de Monseigneur Herbreteau.

Au programme :

  • louange animée par le groupe de jeunes « Ephata »,
  • enseignements assurés par le père Jean-Matthieu (de la communauté des Béatitudes ),
  • eucharistie présidée par Monseigneur Herbreteau,
  • possibilités de confessions ou d’écoute,
  • adoration,
  • prières d’intercession pour les malades ou toutes les détresses.

La librarie de la Sainte Famille était présente.
La journée était organisée par le Renouveau Charismatique diocésain.

COMPTE RENDU DE CETTE JOURNÉE

I. Enseignement du père Jacques Philippe :

« Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. » (Jean, 14, 13)

« Je le ferai » : l’essentiel n’est pas le cadeau dont on rêve, mais ce que Dieu veut donner. La prière ouvre à une action de Dieu à travers nous, œuvre de Dieu dans nos vies. Quelles que soient nos limites, Dieu peut faire de grandes choses à travers nous : ayons beaucoup de foi et de confiance dans la Parole de Dieu.

A partir de cette Parole : appel à la prière , appel à l’intercession. Ne vous privez pas, allez-y, osez !
« demandez, et vous recevrez »
« frappez, et l’on vous ouvrira »
« cherchez et vous trouverez »

Parole la plus consolante de l’Évangile : sans y mettre nos obstacles humains, cela nous amène un réconfort extraordinaire.

C’est un appel que l’esprit Saint nous adresse : priez, demandez !

Le contexte actuel peut être difficile, mais chaque fois que Dieu met devant nos yeux des souffrances, des drames, même le péché, il est important de recevoir cela comme un appel à la prière sans porter de jugement ; appel à l’intercession, à me mettre à genoux et supplier Dieu.

Appel aussi à la conversion : on ne peut demander vraiment sans se convertir. Je ne peux demander la conversion des autres sans me convertir moi-même en demandant au Seigneur de me donner sa grâce.

Appel à l’intercession, à l’espérance: seule manière juste, authentique et sainte de vivre la vérité de L’Évangile ; sinon jeux médiatiques.

Face au scandale du mal, espérance et prière.

Quand on évoque ce problème de l’intercession, on ne peut pas ne pas avoir en mémoire la Bible, l’Ancien Testament en particulier.

Intercession dans l’Ancien Testament : Abraham, Moïse :

Quelques aspects de ces personnes qui sont devenues amies de Dieu ne lui ayant rien refusé ; du coup, Dieu lui-même ne leur a rien refusé.

ABRAHAM : foi, confiance, disponibilité pour obéir à Dieu

Genèse 18, 17-33 : Abraham intercède pour Sodome : supplication pour obtenir la croissance, pour que la miséricorde de Dieu puisse se vivre.

MOISE : autre figure magnifique !

1) Exode 17 : combat du peuple contre Amalec ; dans la tradition juive, Amalec est le symbole des forces du mal : il attaque par derrière et quand les autres sont vulnérables = ennemi du choix de Dieu.

Le Seigneur est en guerre contre Amalec de génération en génération. Cette guerre, le peuple y participe. Dieu est en lutte contre les puissances du mal, nous sommes en guerre ! guerre qui peut aussi venir de nous = appel à la conversion.

Dans ce combat qui est aussi le combat du peuple, nous devons sortir de nos égoïsmes et participer au combat de Dieu : Il a la victoire ! victoire obtenue grâce à la prière.

Moïse a aussi besoin des autres = intercéder, c’est aussi compter les uns sur les autres. Nous devons être un seul cœur et une seule âme, toujours rechercher l’unité ; sans l’unit é, nos prières sont affaiblis et nous devenons vulnérables .

2) Exode 32,9 : intercession la plus touchante . Le peuple a péché : veau d’or +amusements, débauche, rixes.

Le Seigneur est furieux et parle à Moïse : « Je vais détruire ce peuple . Laisse-moi » Alors que Moïse n’a rien dit, Dieu sait ce qu’il va dire ! Dieu veut sauver de toutes façons, mais il doit se fâcher. Sa colère n’est pas pour détruire mais pour faire miséricorde.

Moïse supplie Dieu de sauver son peuple. Le Seigneur parlait à Moïse face à face, c’était son ami et il ne lui refusait rien.

Intercession dans le Nouveau Testament :

Etre ami de Dieu, c’est maintenant le lot de tous les chrétiens. Jésus a fait de nous ses amis :

Jean, 15 : « si vous demeurez en moi »
« je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis »
« je veux faire miséricorde » Qu’est-ce qui va laver la face de l’Épouse de Jésus (l’Eglise), c’est la paix , l’amour.

Le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, mais Dieu révèle à ses amis les secrets de sa miséricorde. (Catherine de Sienne)

Jésus nous appelle ses amis : du coup, il ne peut rien nous refuser. Ce n’est pas la question du « donnant-donnant » Dieu fait la volonté de celui qui fait sa volonté : force de la prière, Dieu obéit à ceux qui lui obéissent.

Chemin de conversion permanente : recherche de la volonté de Dieu

Nous devons grandir dans l’amour et la vérité et entrer dans l’amitié de Dieu . Il faut s’appuyer sur le Christ et être uni à lui : communion profonde de Jésus qui donne à notre prière une grande puissance sur le cœur de Dieu.

« Qu’est-ce que tu veux que je fasse, Seigneur ? »
« Quelle conversion attends-tu de moi ? »
« Quel pardon ? »
« Qu’est-ce que je dois changer dans ma vie , »

Demandons l’aide de la Vierge Marie qui désire tant que l’épouse du Christ, l’Église, retrouve sa beauté.

Parfois, les choses ne se réalisent pas comme nous le désirons = appel à la persévérance, à la fidélité.

On ne peut manipuler Dieu qui est souverain dans sa sagesse. A Paul : « ma grâce te suffit ». Dieu fait ce qui est bon pour nous.

Combat pour la prière

II. Homélie de Mgr Herbreteau :

L’attachement au Christ doit libérer toute notre vie ; ce qui compte, c’est d’annoncer le Royaume de Dieu.

St Augustin : 3 degrés dans l’amour : être aimé et aimer
se donner pour les autres
le degré suprême : aimer gratuitement sans attendre en retour.

Les engagements que nous prenons nous obligent à laisser sans nostalgie, en regardant.

La nouveauté . La nostalgie ne rime à rien ; ce qui est important, c’est de vivre l’aujourd’hui de Dieu.

- fidélité à l’écoute de la Parole de Dieu : nouveaux chemins pour la mission, parole qui peut être douce ou tranchante.

- fidélité à l’Église : notre vie chrétienne ne peut se débloquer que dans la confiance en l’Église et aux autres ; sinon, dévotions plus grandes que l’attachement au Christ ! si elles deviennent l’objectif premier = péril

L’évangile d’aujourd’hui : la première phrase est à méditer :

« Il prit avec courage la route de Jérusalem. »

Prendre dans notre vie notre chemin avec courage ; Jésus lui-même en a eu besoin. Etre disciple, c’est prendre avec lui la route avec courage .

Discernement : quel disciple sommes-nous ? Comment sommes-nous appelés à être apôtres à la suite du Christ ? Amen.

III. Intervention de notre évêque :

1) Dans le diocèse, le Renouveau est irremplaçable pour 3 raisons :

- Nous avons à retrouver la louange, sans oublier les prières du dimanche. Importance de cette prière. Qu’est-ce qu’on a à demander ? la grâce du pardon, de la paix, le courage de témoigner.

- On accueille dans les groupes, des personnes qui ont besoin de chaleur humaine.

- Importance d’être dociles à l’Esprit saint qui est à l’œuvre dans le monde : (actes des apôtres) Pendant toute une période de l’Église, on n’a pas été sensibles à la place de l’Esprit Saint, qui a sa place primordiale dans l’Église.

2) La charte :

- Donne des repères fondamentaux pour le fonctionnement interne de l’équipe ; toujours revenir à la charte, sinon, on n’est pas dans le bon chemin ; en particulier, être en liaison avec la paroisse et avec le diocèse : un seul cœur, participation à l’Eucharistie, vie fraternelle, fidélité à l’enseignement des apôtres , indication pastorale : la Parole.

- Respect des décisions de l’évêque, en particulier par rapport à l’ancien carmel d’Agen :
1997 : décision prise par le pape et l’évêque du diocèse de fermer le carmel ;
2008 : la carmélite restée là a été sécularisée = ne pas cautionner quelque chose qui n’est pas dans la communion de l’Église = respect des décisions de l’évêque.

3) Quelques critères :

- La croissance spirituelle personnelle va avec la croissance de l’Église.

- Attention à la sensibilité : la place doit être donnée à la raison, à l’intelligence de la foi = le ressenti n’est pas le seul critère. Dans la prière, on ne ressent rien : c’est être là, acte de foi.
La fécondité spirituelle n’est pas toujours perceptible sensiblement.

- Essayer de bien situer les exercices de piété ou les dévotions : le chapelet est bon parce qu’il nous fait entrer dans les mystères du Christ ; l’adoration est pour nous conduire à l’Eucharistie : c’est cela qui est essentiel, le plus important étant le repas du Seigneur.

À travers les exercices de piété, le risque est de vouloir capter Dieu et obtenir des faveurs de Dieu. C’est Dieu qui se donne, on ne le capte pas.

- En ce qui concerne les révélations privées, bien discerner, ne pas aller n’importe où = intelligence de la foi, revenir aux sources de la Bible.

TÉMOIGNAGES

1 Je m’appelle Guy…Il y a plus de 30 ans, j’avais 25 ans, j’étais un homme chrétien, qui ne manquais pas un dimanche pour aller à la messe (c’était une habitude). J’avais suivi le parcours habituel des enfants depuis le baptême…
Oui, j’avais 25 ans, et un dimanche, alors que j’entre dans l’église, une amie qui se trouvait là, dans l’entrée, me dit : « Tu vas encore à la messe ! moi, j’arrête ; c’est toujours pareil, le prêtre dit toujours la même chose, tous les dimanches, et il y a d’autres choses à faire ! » et elle partit, et moi, je suis resté. J’ai réalisé qu’effectivement, d’un dimanche à l’autre, c’était toujours la même chose, et je décidais, pour le futur, de plutôt aller me promener en ville.
Ca n’a duré qu’à peine 3 mois. Voilà que mon jeune frère Daniel, mon tout proche,(16 mois de moins) trouve la mort dans un accident de voiture. C’était l’effondrement de tout ! Lorsqu’il nous a été demandé de nous rendre à l’hôpital pour reconnaître le « corps », alors que mon frère aîné s’était approché de lui, et lui caressait le visage, moi, je m’étais arrêté à la porte de la chambre, et voyant là mon petit frère qui gisait sans vie, je comprenais bien que , même si c’était lui, il n’était plus là ! il était parti ! Dure réalité !et je perdais mes moyens, je n’ai jamais autant pleuré de ma vie !
En rentrant à la maison, j’ai réussi à dire à notre maman qui espérait encore : « Il est au ciel ! » Et puis, ça a été les visites, amis, voisins…L’un d’eux m’a dit : « Quand tu vas au jardin, tu cueilles le fruit le plus beau ; eh bien, le Bon Dieu, quand il cueille, il cueille un bon fruit ! » Cette parole gentille m’a apaisé, j’étais sûr que Daniel était vivant.
A la cérémonie à l’église, pour l’enterrement, des amis de son groupe avaient témoigné de sa foi. (Mon petit frère avait la foi plus que moi, et je ne le savais pas !)
Le lendemain de l’enterrement, je surprenais de la joie qui montait dans mon cœur, et par respect pour ma famille, je repoussais cette joie pour qu’elle ne paraisse pas sur mon visage.
Dès lors, j’ai eu envie d’en savoir beaucoup plus sur le Bon Dieu, parce que ce n’était pas au cimetière que je voulais aller chercher mon frère ! Et c’est alors que mon désir me faisait boire les paroles de la messe dominicale ; ce tremblement de terre dans mon cœur avait ouvert une brèche.
Mais Dieu restait encore trop lointain et 12 années écoulées, j’avais enfin envisagé d’aller voir le prêtre pour qu’il me parle de Dieu.
J’AVAIS SOIF !
Et c’est alors qu’à plusieurs reprises, j’ai rencontré une personne qui faisait partie d’un groupe de louanges, mais qui me laissait sur ma soif Jusqu’au jour où j’ai connu le groupe de prière du Renouveau !
Merveille ! la louange, la joie, la fraternité, on était ensemble, attirés par l’amour du Seigneur ; non seulement, on chantait, non seulement on priait, mais la nouveauté était d’être rassemblés à Ses côtés, en Sa présence vivante !
Combien de fois avons-nous dit : « Quand 2 ou 3 sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » On ne parlait pas de Lui, on Lui parlait, on Le chantait, Le remerciait, on était attentifs à Sa Parole. J’étais enfin réveillé de mon coma ! la découverte du Saint Esprit qui fait de nous des fils de Dieu, quelle richesse ! J’avais enfin trouvé le chemin de raccourci qui me permettait de rattraper le temps perdu !
Un jour, un prêtre responsable du Renouveau a prié pour moi, et depuis ce jour, j’ai pris Marie pour ma mère, j’ai aimé la Parole de Dieu, trésor inépuisable ; j’ai aimé l’Eucharistie, et petit à petit, l’Amour qui grandissait en moi me faisait aimer l’Eglise, ses sacrements, l’humanité, et chercher Dieu partout en toute chose ou évènement.
Mais pour cela, il a fallu passer là où jamais je n’aurais voulu passer…
Et que les remparts de mon cœur s’écroulent, et que le petit enfant de Dieu qui est en moi vienne au monde !
Il m’a fallu du temps, mais Dieu est patient
Avant, j’allais pointer à l’église, aujourd’hui, je cours au rendez-vous d’amour !
Ô mon Seigneur, je te rends grâce de m’avoir retrouvé !

2. Tout d’abord avec chacun de vous je veux rendre grâces pour l’Esprit qui nous habite.
Il y a eu et il y a tellement de signes de la présence du Seigneur dans mon histoire que cela serait trop long pour tout vous raconter. Je prendrai donc un événement qui m’a particulièrement marqué. Aussi loin que je me souvienne, plus jeune je souffrais de vertige et il n’y avait rien d’organique.
De plus j’ai eu une histoire familiale difficile et je n’ai pu en parler à personne.
Il y a quelques années alors qu’avec ma mère nous nous disputions, elle m’a dit que j’aurais du avoir une sœur jumelle et je l’ai enfoui tout au fond de ma mémoire et je l’ai oublié.
En 2002, au cours d’une retraite le Seigneur m’a donné de comprendre que ce vertige était lié à une peur du vide provoqué par la fausse couche de ma mère.
Ce jour là c’est bien plus que le vertige que le Seigneur a guéri. Il m’a remis en route sur le chemin de l’Espérance, chemin qui me conduit aujourd’hui à répondre à l’appel à la vie religieuse parmi les sœurs de Saint François d’Assise.