Message de Noël et du Nouvel an, décembre 2009
 
 
 
 
 

Recevoir la Vie

« En Lui était la vie et la vie était la lumière du monde… Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous… et de sa plénitude nous avons tous reçu, grâce sur grâce » (cf. Jn 1, 1-18)

Le Prologue de saint Jean expose en quelques mots l’histoire du don de la vie. C’est en effet le désir de Dieu de communiquer sa vie à tous ceux qui accueillent sa Parole venue dans le monde.

Alors, merci la vie ! C’est le message qu’il faut transmettre à Noël. Nous le ferons avec enthousiasme, encore cette année. Mais aussi avec difficulté, parce que le tragique du monde, l’émergence de nouvelles pauvretés (isolement, désagrégation familiale, errance…), le malheur sous toutes ses formes accablent beaucoup d’entre nous.

Nous sommes tentés parfois d’ « oublier de vivre » comme le chante Johnny Hallyday. Oublier de vivre, c’est refuser de vivre, ou plus exactement, c’est refuser de recevoir la vie. La fête de Noël ne peut occulter le désarroi de beaucoup de nos contemporains. Cependant, elle nous invite à contempler le mystère de Dieu venu habiter notre terre pour nous donner la vie. L’amour de Dieu pour l’humanité souvent plongée dans les ténèbres est le motif de sa décision : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 18).

Dans quelle disposition pouvons-nous accueillir cette vie de Dieu à Noël et au début d’une nouvelle année ? Saint Ignace de Loyola propose une manière de prier qui nous fait contempler le Mystère de Dieu. Suivons-le sur ce chemin ! Il suggère de contempler la naissance de Jésus, de regarder les personnages : « La Vierge Mère de Dieu et Joseph son époux avec la servante et le Christ Seigneur comme un enfant qui vient juste de naître. Je m’imaginerai que je suis présent parmi eux, comme un petit pauvre, les servant selon leurs besoins avec le plus grand respect. Et de là, j’examinerai ce que, d’un tel spectacle, je puis retirer comme profit personnel » (Exercices spirituels 114).

Cette contemplation peut nous aider à regarder notre monde avec espérance et à accueillir la vie qui nous est donnée. Elle doit nous rendre attentifs à certaines pauvretés cachées et pourtant bien réelles autour de nous. Enfin, elle nous invite à l’action. Que pouvons-nous faire pour que la vie l’emporte sur le malheur et la désespérance du monde ?

À tous je souhaite un bon Noël et une bonne année 2010 !

Agen, le 7 décembre 2009

Mgr Hubert Herbreteau
Évêque d’Agen