Assemblée de rentrée du CCFD le 26 septembre 2009
 
 
 
 
 

Le CCFD-Terre Solidaire (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) a reçu des évêques, une mission très prècise : contribuer à permettre à l'Eglise de France de manifester sa solidarité active afin de promouvoir le développement de tous les hommes et de tout l'homme.

Nous avons dit développement. Aujourd'hui, le mot lui-même est questionné car trop souvent confondu avec la croissance économique ;

Or, le développement ne se mesure pas à un taux de croissance, mais à sa capacité à affranchir l'homme de toutes les formes de misère et de servitude.

Permettre aux hommes et aux femmes, particulièrement à ceux et celles qui vivent dans la pauvreté, d'exercer leurs droits, d'assumer leurs responsabilités et d'apporter leur contribution au bien-être de l'humanité, sont les défis de ce début du millénaire. C'est ce à quoi s'engage le CCFD.

Cette journée avait pour objectifs principaux :

  • Temps de réflexion sur l'encyclique de Benoît XVI « L'amour dans la vérité » (Caritas in Veritate)
  • Formation sur le thème de réflexion et d'action
  • Faire prendre la mesure de l'importance des actions de plaidoyer

Réflexion sur l'encyclique « L'amour dans la vérité »

Le père Yvon PILATO précise que, par son intervention, il veut mettre en relief quelques aspects de l'encyclique qui lui ont paru importants afin de donner envie de lire et approfondir ce texte qui traite de nombreux points cruciaux pour le vivre ensemble aujoud'hui.

La première phrase donne le ton : « L'amour dans la vérité (Caritas in veritate), dont Jésus s'est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l'humanité tout entière.

Encyclique dans la tradition de l'enseignement de l'Eglise : Benoît XVI insiste sur le fait que sa lettre s'inscrit dans la tradition d'enseignement de l'Eglise, depuis les penseurs des premiers siècles jusqu'au concile Vatican II et les derniers papes Paul VI et Jean-Paul II. C'est lié à l'attitude de l'Eglise au service des hommes.

Nombreuses références à Populorum Progressio que le pape considère comme étant la « Rerum Novarum » de l'époque contemporaine. et dont les perspectives dégagées demeurent fondamentales.

Le Pape insiste sur le développement humain intégral en en soulignant trois conditions indispensables : le développement ne peut être intégralement humain que s'il est libre, seul un régime de liberté responsable lui permet de se développer de façon juste. Le développement intégral de l'homme, comme vocation, exige aussi que l'on respecte la vérité. Enfin, la vision du développement, en tant que vocation, implique que la charité y occupe une place centrale.

Questionnement sur le modèle de développement actuel : Benoît XVI s'interroge, « devant des crises qui se succèdent, en ces temps, nous nous demandons dans quelle mesure les attentes de Paul VI ont été satisfaites par le modèle développement adopté.»

Les évolutions depuis 40 ans : Il prend en compte les évolutions qui se sont produites depuis 40 ans, notamment la complexité des choses, la multipolarité, la déréglementation généralisée, l'augmentation des inégalités alors que la richesse mondiale croît en absolu et une évolution majeure : l'explosion de l'interdépendance planétaire..

La fascination pour la technique : « La technique attire l'homme.... Mais la liberté humaine n'est vraiment elle-même que lorsqu'elle répond à la fascination de la technique par des décisions qui sont le fruit de la responsabilité morale. »

« Attirée par l'agir technique pur, la raison sans la foi est destinée à se perdre dans l'illusion de sa toute puissance. Etre très vigilant aussi au niveau de la foi car : « la foi, sans la raison, risque de devenir étrangère à la vie concrète des personnes. »

Confiance et espérance, c'est ce à quoi nous invite Benoît XVI : la complexité et la gravité de la situation économique actuelle nous préoccupent à juste titre, mais nous devons assumer avec réalisme, confiance et espérance les nouvelles responsabilités auxquelles nous appelle (cette situation). »

« La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d'élaborer de nouveaux projets. C'est dans cette optique, confiants plutôt que résignés, qu'il convient d'affronter les difficultés du moment présent. »

Le thème de réflexion et d'action, le sens du développement

Depuis deux ans, le CCFD-Terre solidaire a mis en chantier un thème de réflexion et d'action sur le sens du développement.

Accroissement des inégalités, échanges internationaux injustes ; négociations internationales bloquées ; questions sociales mal appréhendées ; montées des intégrismes et des réponses sécuritaires ; question du « durable » sur toutes les lèvres face aux questions énergétique, hydraulique, environnementale, à la qualité de la vie en général.

Les points d'interrogation foisonnent ! Mais, quelle volonté de se donner des objectifs et de les mettre en œuvre ?

Pour poursuivre ses réflexions et actions, le CCFD-Terre Solidaire pose cette année son regard sur le partage des richesses financières. Et quelques messages majeurs d'éducation au développement ont été développés

  • La création de richesses n'engendre pas automatiquement le développement de tous les hommes,
  • La financiarisation des mécanismes économiques est source d'inégalités,
  • Quel est notre rapport à l'argent ? Quels sont nos critères d'évaluation de la richesse ?
  • Chaque homme est appelé à une responsabilité éthique vis-à-vis de l'argent,
  • Il y a urgence à renforcer les mécanismes de régulation publique,
  • Il est primordial de ne pas confondre croissance et développement. La croissance doit être maîtrisée, au service de l'homme et non du profit. Par nature, le développement, dans la mesure où il embrasse le tout de l'homme et de tous les hommes, est, à l'évidence, et durable et humain.

Le plaidoyer

Dès son origine, le CCFD-Terre Solidaire a eu la volonté de s'attaquer aux causes du mal développement.

Comme le dit la directrice du plaidoyer au CCFD, « le plaidoyer est né d'une prise de conscience : l'éducation à la solidarité et l'appui aux partenaires ne suffisent pas ; il faut modifier les politiques »

Le plaidoyer peut prendre plusieurs formes :

la campagne d'opinion, c'est la forme la plus visible, surtout destinée à sensibiliser l'opinion publique, au moyen de pétitions, évènements de rue, communiqués de presse. La plus emblématique est celle concernant l'annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Les campagnes en cours actuellement « les agrocarburants, ça nourrit pas son monde » avec pour but de faire prendre conscience que les agro carburants sont une fausse bonne idée, en effet ; en plus d'énormes dégâts sur l'environnement par abus d'engrais et de pesticides, ils aggravent les problèmes de la faim dans les pays pauvres.

« Hold-up international » : campagne pour que l'Europe régule ses multinationales. En effet, livrées à elles-même, elle commettent des abus inacceptables : exploitation des enfants, accaparement des ressources naturelles, pollutions irréversibles, fraude fiscale massive...Face à l'ampleur de la crise actuelles, les responsables politiques rivalisent de discours. Il faut qu'ils passent aux actes. C'est le but de cette campagne.

« Stop aux paradis fiscaux » : le titre à lui seul est bien significatif !

Pour signer, ces campagnes, pour lesquelles vous trouverez des explications plus détaillées, il suffit d'aller sur la page d'accueil du site ccfd.asso.fr

le lobbying qui s'adresse principalement aux décideurs politiques ou économiques :
Actuellement, le CCFD-Terre Solidaire soutient un appel lancé par 11 organisations au sujet du sommet de l'ONU sur le climat qui se tiendra à Cohenhague. Les dirigeants devront surmonter leurs divergences d'intérêt. En effet nous sommes au bord d'une terrible catastrophe si l'on agit pas de concert.

la représentation dans les instances internationales (OMC, FMI, ONU, G20....)

Par ailleurs le CCFD bénéficie « d'un réseau de veille » exceptionnel dans le monde des ONG de développement : les partenaires du sud - eux-mêmes de plus en plus engagés dans les actions de plaidoyer dans leur pays ce qui permet de dire à une autre « actrice » de la direction plaidoyer au CCFD « le plaidoyer au CCFD pour moi c'est par son expertise et par la relation étroite de l'association avec ses partenaires, un véritable outil pour influer sur les politiques tant au Nord qu'au Sud »

Les participants à cette journée ont été heureux d'accueillir le père Herbreteau pour partager leurs recherches.

Ils ont pu s'approprier les messages essentiels à transmettre, mais aussi les actions de solidarité à faire vivre le plus possible.

Appel à bénévoles

La mission reçue des évêques se décline en deux axes prioritaires et parfaitement complémentaires : « Là-bas », soutenir des projets de développement initiés par les intéressés eux-mêmes et « Ici », en France, promouvoir la solidarité internationale. Il est urgent de mettre en oeuvre de nouveaux comportements envers cette solidarité.

C'est dans ce but que les membres du CCFD-Terre Solidaire participent, chaque année en plus de la campagne de Carême, à la Semaine de la Solidarité internationale, à la Quinzaine du Commerce Equitable.

En dehors de ces évènements exceptionnels, ils participent, tout au long de l'année, à l'éducation au développement en allant dans les établissements scolaires ; les groupes d'aumônerie, de catéchèse et les mouvements.

Les personnes qui s'impliquent pour des animations ou bien pour des permanences d'accueil ou encore pour des aides concernant des tâches administratives (classement de documents, saisie de reçus,....) ne sont certes pas trop nombreuses et le CCFD-Terre Solidaire de Lot et Garonne fait appel aux bonnes volontés.