Voeux perpétuels de Soeur Mireille de la communauté des Servantes de l'Agneau de Dieu au Cameroun, le 6 août 2008
 
 
 
 
 

Connue à Agen pour son investissement dans la Pastorale des Jeunes, Sœur Mireille est partie au Cameroun, son pays d'origine, le 15 juin, pour y prononcer, le 6 août, ses vœux perpétuels. Après 12 ans de noviciat en France, elle s'engage définitivement dans sa congrégation des Servantes de l'Agneau de Dieu, au Cameroun.

Il y a cinq ans, Sœur Mireille rejoignait la petite communauté des Servantes de l'Agneau de Dieu à Agen. Novice, elle prononcera ses vœux perpétuels au Cameroun, le 6 août prochain. Partie d'Agen le 15 juin, elle reviendra dire au revoir à l'Église lot-et-garonnaise, avant de repartir définitivement dans son pays d'origine, en octobre.

A 30 ans, la jeune religieuse va s'engager à vie dans une congrégation fondée à Brest (Finistère) en 1945 par le Père de la Chevasnerie. « Elle a été fondée par un Jésuite pour accueillir des personnes de petite santé, car à l'époque peu d'entre elles étaient acceptées dans les autres congrégations », explique Sœur Mireille. Cet ordre, de spiritualité ignacienne, est apostolique. Les religieuses ne vivent pas retirées : « Elles sont au service des besoins de l'Église. »

Cette communauté est modeste, animée par 95 sœurs dans le monde, présentes aux États-Unis, au Cameroun, au Mexique, et en France : une dizaine de sœurs vivent dans l'Hexagone, notamment à Brest mais aussi à Agen. Dans le diocèse lot-et-garonnais, quatre sœurs habitent à l'évêché. Sœur Cécile est à l'accueil, Sœur Jeannine visite les personnes âgées dans les maisons de retraite et Sœur Emmanuelle est chargée des sépultures. Quant à Sœur Mireille, elle animait les messes de la paroisse Sainte-Foy, mais travaillait principalement à la Pastorale des jeunes : elle accompagnait l'équipe d'animation de l'aumônerie et des jeunes préparant leur confirmation, et faisait le catéchisme pour les 6e du collège Félix-Aunac. « J'ai beaucoup appris des jeunes », souligne-t-elle.

Une vocation précoce

Née dans une famille modeste, dans un village à 40 kilomètres de la capitale, Yaoundé, dès son adolescence, Sœur Mireille savait déjà ce qu'elle allait faire de sa vie. « J'ai connu la congrégation dès l'âge de 10-11 ans, car il y avait des sœurs dans ma paroisse. » Elle était frappée par « la simplicité de cette communauté. J'ai voulu en savoir plus. » Elle appréciait la façon dont les sœurs vivaient l'Évangile au quotidien, en communauté, « au milieu des autres. Au Cameroun, elles s'occupaient des enfants touchés par la polio, du dispensaire, des mouvements de jeunes et notamment de l'Action catholique.» Enfant de chœur, Mireille faisait partie de l'Action catholique des Enfants dès 12-13 ans, retapait des maisons, se rendait utile : « J'avais envie d'être engagée. C'est un mouvement que j'ai beaucoup aimé, dont j'ai énormément reçu. »

En 1996, elle se décide : elle frappe la porte de la congrégation. « Tout au long de mon parcours, j'ai rencontré le Christ à travers les autres. J'ai toujours rencontré des personnes qui ont posé des pierres, des lampes et des lumières sur ma route », raconte-t-elle. Deux interpellations l'ont poussé à franchir le pas. Le prêtre de sa paroisse l'incitait à devenir enfant de choeur et lui demandait son aide pour les lectures. « Puis une sœur m'a orienté vers un camp pour les jeunes qui pensaient à une vie religieuse. »

Saint Ignace lui a proposé, comme à d'autres, « un itinéraire de conversion exigeante. » C'est ce chemin qu'elle a emprunté. Quitte à quitter son pays d'origine, pour suivre une formation pendant cinq ans en France, à Brest. Après ses premiers vœux, elle est envoyée aux Etats-Unis où elle travaille pendant deux ans dans une maison pour personnes âgées. Puis, en 2003, elle rejoint la petite communauté d'Agen.

Un retour aux sources

Douze ans après ses premiers vœux, Sœur Mireille est repartie au Cameroun, dans sa paroisse d'origine, à Mballa (au centre du pays), où elle prononcera ses vœux perpétuels. Elle rejoindra une autre paroisse camerounaise, où vivent quatre sœurs françaises et une novice : « Je prendrais le temps de voir ce qui peut être vécu. J'aurais à cœur de me soucier des vocations. » Un sujet qu'elle connaît bien, et pour cause. « Après cet engagement perpétuel, je serais appelée à servir mon pays. Au niveau humain et spirituel, aller partager cela avec mon peuple est une joie. C'est comme si je revenais aux sources. »

Cet engagement définitif ne l'effraie pas? Certes, « l'engagement dans la société actuelle est quelque chose de difficile, qui peut faire peur car on ne sait pas si on peut le tenir. Mais la meilleure façon pour moi d'être heureuse, c'est d'être religieuse. S'engager, c'est un grand pas décisif. Je vais faire de ma vie une vie donnée à Dieu et aux autres. » Heureusement, elle fera ce choix « à la suite d'autres, sur qui je pourrais compter et qui pourront me rappeler mon engagement. Je ne suis pas seule », rappelle-t-elle.

La spiritualité de sa congrégation l'a aussi aidé à se décider. Le discernement est d'ailleurs au cœur de celle de saint Ignace : « On ne prend pas de décisions à la légère. »

Article extrait du journal « Le Courrier Français », écrit par Claire CAILLARD

Connaître la messe d'action de grâce pour Soeur Mireille M'Balla le 21 septembre 2008