Message de Noël et du Nouvel An de Mgr Herbreteau - décembre 2020
 
 
 
 
 

Un sentiment domine peut-être en notre cœur en cette fin d’année : le besoin de consolation. Nous vivons dans un monde de conflits, de grandes douleurs, dans un climat parfois anxiogène en raison de la pandémie. La tentation pour beaucoup de gens, pour les chrétiens en particulier, serait de dire : « Devant la réalité du monde, avec ses violences et ses déchirements, attendons que ça passe ! » La désolation risque de l’emporter !

Le besoin d’être rassurés et de voir plus clair par rapport à l’avenir, la recherche de tendresse et de chaleur humaine auprès de nos proches et nos amis, s’expriment dans nos relations et nos conversations quotidiennes. Nous sommes parfois comme des enfants perdus et malheureux.

Que fait une maman lorsque son enfant vient de faire une chute et se met à pleurer ? Elle capte son regard, elle cherche à obtenir son écoute, elle lui raconte une histoire. Elle lui montre un aspect du paysage pour que l’enfant se détourne de sa douleur : « Oh ! regarde, une coccinelle ! »Elle le console.

La consolation est nécessaire lorsque la douleur l’emporte sur le désir de continuer le chemin. De simples gestes, comme un doigt tendu vers l’horizon, permettent parfois de réorienter le regard du petit enfant malheureux. N’en est-il pas toujours ainsi lorsque nous voulons consoler quelqu’un ? Certes la consolation n’efface pas la douleur, mais elle apaise.
Dieu consolateur, dans la Bible (cf. Is 40, 1-5.9-11), est comme une mère pour son enfant. Le peuple souffre d’être en exil, loin de Jérusalem sa patrie. Alors Dieu attire l’attention sur le paysage : le désert, les ravins, les montagnes et les collines, les larges vallées. Tout cela sera verdoyant. Une route sera tracée pour Dieu. Dieu ne répond pas au besoin de consolation avec des idées mais avec des images. Celles-ci viennent en aide à la consolation qui a pour objectif de différer le temps : il faut continuer à vivre en exil et à agir, en attendant une situation meilleure.

Les chrétiens sont porteurs d’une espérance, « contre toute espérance ». Il faut donc se mettre en route, ouvrir « une route pour notre Dieu » sans pouvoir définir ce qui nous attend vraiment. Dans sa deuxième lettre, saint Pierre affirme : « Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » (2 P 3, 14).

La consolation est affaire de regards : le regard que le consolateur porte sur l’autre, celui que le malheureux porte sur lui-même et, enfin c’est la rencontre de deux regards quand ils se tournent ensemble vers un ailleurs.
Noël est bien la fête qui nous ouvre vers une promesse de vie et de bonheur. La consolation vient au secours de celui qui ne peut plus voir autre chose que la douleur ou la perte qui l’affecte. Le consolateur ne cherche pas à montrer que la douleur n’est rien, mais incite le malheureux à la voir comme un voyage, un trajet, une route pour Dieu.

Que ce temps de Noël soit un temps de consolation envers nos proches !

Que 2021 soit une année de paix et d’espérance !

Agen, le 14 décembre 2020
+ Hubert HERBRETEAU


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