Indulgence ? Les « indulgences » ?
 
 
Même si dans l'Église primitive on craignait Dieu, exigeant, sévère parce qu'il nous aurait voulus « parfaits », on ne mettait pas en doute sa capacité de pardon et sa grande miséricorde.
 
 
 
De son amour découlait une grande indulgence et sa compréhension ; il en est toujours de même, nous n'en doutons pas !

Avec les siècles l’Église s'organise, s'étoffe ; elle prend une importance énorme, elle est soutenue par les fidèles généreux. Mais les besoins sont croissants : il lui faut un certain apparat, un train de vie digne, des édifices qui prouvent sa puissance… Bref, il lui faut de l'argent !
 
C'est le début de la dégradation ! Les riches ont de l'argent mais leur générosité a des limites ; les riches, comme tout le monde, ont des « petits » défauts ! À la fin du XVe siècle, des gens très bien échangèrent l'absolution de leur péché, souvent très grave, contre un don important… En Allemagne, en France, comme partout en Europe la formule des indulgences (toujours au pluriel), eut un grand succès (c'est ainsi que fut réalisé l'Hôtel-Dieu à Paris — diton). Un petit côté scandaleux et très immoral ! Pensons aussi aux pauvres…
 
Au XVIe siècle, sans doute avec l'influence de Luther, la révolte gronda et ce fut bientôt la Réforme : les nouveaux protestants respiraient…
 
Les milieux catholiques, avec le temps, et prenant conscience du côté surprenant des indulgences, en revinrent à la notion de miséricorde inépuisable, offerte gratuitement par Dieu, de sa générosité sans compensation autre que le regret sincère de nos fautes, notre bonne volonté et notre amour…
 
Nous avons certainement à approfondir de nombreux points !
 
* Pouvons-nous obtenir une indulgence pour autrui ? Pour une personne déjà décédée ?
 
* Le problème du temps et de l'éternité : que signifie une indulgence de tant de jours, de mois ou d'années... puisque dans l'au-delà cette notion de temps n'existe pas ?
 
* Enfin qu'en est-il de la communion des saints qui, en dehors du temps, unit tous les élus ?
 
La décision du pape François d'ouvrir une année sainte avec tout ce que cela comporte, est sans doute de nature à nous faire mieux comprendre l'indulgence d'un Dieu  infiniment bon. Il ne nous est pas défendu d'être nous-mêmes indulgent et compréhensif lors d'une discussion...
 
Claude Guichard
Extrait du Catho 47 n°101
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