L'Église catholique en Côte d'Ivoire, novembre 2014
 
 
L'abbé Constant Brou, étudiant sur Agen, nous fait découvrir son pays.
 
 
 
Située en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire est un pays qui couvre une superficie de 322 462 kilomètres carrés.

Ce pays a comme frontières naturelles, au sud l’Océan Atlantique, à l’Est le Ghana, à l’Ouest la Guinée et le Libéria, et au Nord le Mali et le Burkina. Cette aire géographique est peuplée de 22 848 945 millions d’habitants. À l’instar de bon nombre de pays, ce pays a connu des vagues successives d’évangélisation.

En effet, les premières tentatives d’évangélisation de la Côte d’Ivoire remontent au XVIIème siècle. En 1637, cinq Capucins vécurent peu de temps à Issiny (la future Assinie), avant d’être emportés par les maladies. D’autres religieux de la congrégation de l’Ordre de Frères mineurs (Ofm), en l’occurrence les Franciscains, leur emboitèrent le pas en 1742. Mais ils succombèrent, pour certains à la maladie, et pour d’autres sous les lances des païens. La période de réelle amorce d’une évangélisation véritable sans grand risque fut le temps de la colonisation, la Côte d'Ivoire devenant colonie française en 1893. Le lieutenant- gouverneur Binger, dans le souci de former des auxiliaires de l’administration, ouvrit des écoles. Devant un manque criant de formateurs et du fait des expériences réalisées dans d’autres colonies, il fit appel aux missionnaires en 1895, non pas dans un but d’évangélisation mais en qualité d’instituteurs. Son appel trouva un écho favorable dans le cœur de Mgr Melchior de Marion Brésillac, évêque et fondateur de la Société des Missions Africaines (SMA) basée à Lyon, en 1856. Ces braves missionnaires débarquèrent le 28 octobre 1895 sur les plages de Grand-Bassam, la première capitale du pays. Dans cette ville, avec le soutien de l’administration coloniale, ils fondèrent la première mission catholique. Malgré les difficultés rencontrées (fièvre Jaune, paludisme, incendies, noyades, hostilités des habitants), avec zèle, ils continuèrent leur mission dans cette zone. L’autorisation d’ouverture d’écoles privées, signée en 1922 par le gouvernement français, va être un véritable élément catalyseur et un facteur important dans la mise en place de pôles évangélisateurs dans les villes. Des établissements scolaires catholiques sont créés dans plusieurs régions. La loi de 1905, loin de fragiliser le travail missionnaire dans la colonie va être un avantage pour les missionnaires. Ceux-ci vont se lancer à cœur vaillant dans le pays profond pour l’évangélisation. Du fait que l'enseignement laïc faisait bon ménage avec la formation religieuse, le nombre d’adeptes de cette nouvelle religion a augmenté. De plus, dans l’optique de mieux asseoir l’évangélisation, et aussi mu par le souci de doter le pays d’agents évangélisateurs autochtones, le petit séminaire de Bingerville est créé en 1936 et le grand séminaire d’Anyama en 1956. Ainsi, par l’école, l’évangélisation a pris son envol véritable, action qui dure encore à ce jour. Grâce aux multiples actions conjuguées des missionnaires et du clergé autochtone, l’Église s’est donc implantée solidement dans ce petit pays.

La couverture ecclésiale est assurée par 15 diocèses (Abidjan, Agboville, Grand-Bassam, Yopougon, Bouaké, Abengourou, Bondoukou, Yamoussoukro, Gagnoa, Daloa, Man, San-Pedro, Korhogo, Katiola, Odiéné) regroupés en 4 provinces ecclésiastiques (Abidjan, Bouaké, Gagnoa, Korhogo). Au sein des sept lieux de formation que compte le pays, ont été formés environ 1500 prêtres qui travaillent pour faire connaitre la parole de Dieu. Dans ces différents diocèses, en général, l’action pastorale allie formation, action sociale et contact avec la société par les médias. Malgré ces efforts, le pays vieux de 118 ans d’évangélisation ne compte que 22% de chrétiens catholiques. Il faut noter une avancée notable de l’Islam avec environ 37,5 % d’adeptes, des religions protestantes et mouvements évangéliques avec environ 23% de membres. La religion traditionnelle Africaine et les sans religion se partagent les 18 % restant.

Cela nous amène à dire que le champ pastoral reste encore immense et vaste. Les difficultés d’accès aux villages (état défectueux des routes et pistes), le manque de moyens tant humain, matériel que financier, une formation toujours à faire des chrétiens, sont autant de facteurs qui ralentissent véritablement le noble travail accompli sur le terrain. Face à cela, il faut relever toutefois, la réelle vitalité et chaleur religieuse qui se dégagent de nos assemblées et la grande floraison des mouvements d’actions et associations d’enfants, de jeunes et d’adultes. La jeunesse de nos membres, pasteurs et fidèles, constitue aussi un atout véritable dans le travail et est sérieusement exploitée. Cette Église n’a donc pas encore atteint sa vitesse de croisière malgré les avancées notables et son aura national. Toutefois, loin de dormir sur nos lauriers, nous, responsables d’évangélisation et fidèles chrétiens, nous nous activons dans ce travail missionnaire concerté.

L’Église en Côte d’Ivoire, en écoutant ce que nous dit l’Esprit, s’active toujours « clopin-clopant », avec beaucoup de joie pour avancer au large et surtout aller dans les périphéries qui existent. Beaucoup de choses ont été faites, mais il reste beaucoup à faire pour une évangélisation large de la population.

Abbé Constant Brou

Extrait du Catho 47 n°95
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