Relations avec le Judaïsme, automne 2014
 
 
 
 
 

Le Dimanche d'Éveil au Judaïsme a pour objectif de rappeler aux baptisés que leur foi, les sacrements, le Nouveau Testament... s'enracinent dans le Judaïsme ; celui-ci vit, non seulement des Écritures, mais aussi d'une longue Tradition Orale. Les fêtes juives d'automne nous donnent l'occasion de cet « Éveil au Judaïsme », pour la 22ème année consécutive.

Le Dimanche d’Éveil au Judaïsme a un double objectif :

pour les communautés chrétiennes et chacun de leurs membres, il rappelle que « le Nouveau Testament » reconnaît l’autorité de l’Ancien Testament comme révélation divine et ne peut se comprendre sans sa relation étroite avec lui et les traditions juives (Le Peuple juif et ses saintes écritures dans la Bible chrétienne, p.16, Commission Biblique Pontificale - Le Cerf 2001). Qu’en est-il dans la catéchèse, les homélies, les formations, etc… ?

pour les communautés juives et leurs membres, c’est l’occasion de recevoir les vœux du Nouvel An (Roch Hachanah) de la part de leurs amis, ou futurs amis, chrétiens. Cette année plus particulièrement encore, alors que les communautés et familles juives sont très inquiètes face au regain d’actes et de manifestations à caractère antisémite, un simple geste d’amitié par l’envoi d’une carte de vœux à un voisin, un collègue, un ami, un parent, sera reçu comme un signe de réconfort et d’espérance. Ces cartes et affiches sont à demander dans les paroisses.

Quelles que soient les péripéties internationales, notre foi chrétienne ne peut se couper de sa source juive. Quant à notre amitié, ne devons-nous pas l’exprimer à tous ?

Prière universelle

En cette période des fêtes juives d’automne prions pour nos frères aînés dans la foi.
Pour qu’ensemble, juifs et chrétiens, nous prenions davantage conscience de notre patrimoine spirituel commun. Pour que nous sachions le faire fructifier, au service de la paix, pour tous nos frères en humanité, prions le Seigneur.

____________________________________________

Explication de la carte (ci-dessus) : la fête de Simhat Torah

Après la célébration du Nouvel An (Roch Hachanah), du jour du Grand Pardon (Yom Kippour) et les sept jours de la fête des Cabanes (Soukkot), les fêtes d’automne (du mois de Tichri) se terminent par une fête de la Clôture (chemin Atseret) et une fête de la joie de la torah (Simhat Torah) ; ces deux dernières journées n’en font qu’une seule en Israêl mais en dispora elles sont séparées.

La célébration de Simhat Torah porte essentiellement sur la joie de la Torah afin que « ses enseignements ne quittent pas notre bouche » (Josué 1, 7 ; lecture prophétique de l’office du jour) dans l’année qui commence.

Dans les synagogues, au cours des offices, tous les rouleaux de la Torah sont extraits de l’Arche Sainte et portés par les fidèles qui tournent sept fois autour de la bimah (estrade de lecture) en joyeuses processions (les sept haqqafot) en entonnant un chant de louange suivi d’un poème d’action de grâce. Les enfants prennent part à ces processions en agitant des petits drapeaux ou des rouleaux de la Torah miniatures. Entre les processions, chants et danses des fidèles autour de ceux qui portent les rouleaux alimentent l’atmosphère de joie.

La liturgie est marquée par la lecture de la dernière section du libre de Deutéronome (Dt 33, 1 à 34, 12), qui conclut le cycle annuel de la lecture du Pentateuque. Après cette conclusion solennelle du rouleau de la Torah, un second rouleau est immédiatement ouvert pour commencer le cycle de l’année nouvelle : la première section du livre de la Genèse (Gn 1,1 à 2,3). Pourquoi cet enchaînement immédiat ? Pour montrer, dit Rachi, un des plus grands maître juifs (Troyes - 1040-1105) que « la Torah est précieuse comme si nous venions de la recevoir et n’est pas pour nous un recueil d’ordonnances anciennes, sans intérêt une fois qu’on l’a lue » (Commentaire sur Dt 6,6).

__________________________________________

Sens de chacune des fêtes d’automne

Nouvel An Juif (Roch Hachanah) 25 - 26 septembre 2014 : littéralement « tête de l’année », cette fête commémore la création de l’homme par Dieu pour être son partenaire, responsable de l’achèvement de la création. Elle ouvre un temps d’examen de sa vie sous tous ses aspects, pendant l’année écoulée, invitant à une conversion. Elle est marquée par la sonnerie du Chofar (corne de bélier)

Grand Pardon (Yom Kippour) 4 octobre 2014 : c’est le jour le plus saint et le plus solennel du calendrier juif caractérisé par 25 heures de jeûne et de prières et scandé par cinq offices à la synagogue. Ce jour permet à l’homme d’obtenir le pardon de ses péchés contre Dieu, le pardon de ses péchés contre son prochain ayant été demandé auparavant aux frères offensés.

Fête des Cabanes ou fête des Tentes (Soukkot) du 9 au 15 octobre 2014 : le loulav symbolise l’unité du peuple juif.
Le cédrat au parfum agréable et fruit excellent symbolise le juif qui connaît la Tora et pratique les commandements ;
Le palmier qui possède des fruits délicieux, mais ne dégage aucun parfum : celui qui pratique les commandements sans connaître la Tora ;
Le myrte qui est parfumé, mais dépourvu de fruits : celui qui connaît la Tora, mais néglige les commandements ;
Le saule qui n’a ni parfum, ni fruit : celui qui ne connaît rien à la Tora et ne pratique pas les commandements.
Tout comme le bouquet ne forme qu’un, la communauté est invitée à s’unir et prendre conscience de la responsabilité qui relie les uns aux autres.
(Faut-il voir un écho dans la parabole du semeur et ses quatre terrains qui accueillent la Parole... ? cf Mt. 13)

La Joie de la Torah (Simhat Torah) 17 octobre 2014 : une journée de joie où, les rouleaux de la Torah sont sortis de l’Arche Sainte, les fidèles les portant à tour de rôle dans leurs bras en dansant et en chantant.
Ce jour là, on achève la lecture du dernier livre de la Torah, le Deutéronome, et on recommence la lecture du premier livre, la Genèse.

Cette double initiative est organisée conjointement par le Service national pour les Relations avec le Judaïsme et la Commission Chrétiens et Juifs de la Fédération Protestante de France.

En savoir plus sur l’œcuménisme