L'église Notre-Dame de Monteton
 
 
 
 
 

Datée de la moitié du XIIe siècle, l’église actuelle Notre-Dame de Monteton appartenait, dès le XIe siècle, à un Prieuré de l’abbaye de Sarlat qui percevait, jusqu’à la Révolution, la moitié de la dîme de la paroisse.

Peu dégradée pendant les guerres de religion, voûtée dès l’origine, elle présente encore son aspect originel.

En approchant de cet édifice, le visiteur est frappé par son aspect massif qui donne une impression d’homogénéité ; impression trompeuse, car cette église est, au contraire, très originale dans sa construction et sa structure.

De l’extérieur déjà, on peut remarquer que les contreforts, très peu saillants, sont tous de hauteurs différentes et que l’un d’eux a même été coupé pour permettre le percement du portail sud.

L’impression est la même en pénétrant dans l’église : un chœur en cul de four et voûte en plein cintre, une nef de quatre travées couverte en arc brisé ne semblent présenter aucune originalité. Pourtant, en y regardant de plus près, on constate que les arcatures qui rythment la nef sont, en fait, les contreforts que les constructeurs ont placés à l’intérieur de l’édifice, reliés par des arcades. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus larges du côté nord que du côté sud. De même, le chœur est dévié vers la droite par rapport à la nef. La tradition veut que cette anomalie soit volontaire et symbolise la tête du Christ en Croix penchée vers la droite.

Deux très beaux chapiteaux romans représentant des figures humaines et animales ornent les colonnes de l’arc triomphal.

Mais la plus grande originalité de cette église est que, bien qu’elle appartienne à la paroisse Saint-Vincent de Paul en Guyenne, elle est utilisée par l’église anglicane qui y célèbre un service pratiquement tous les dimanches.

La paroisse y célèbre, quant à elle, au moins une messe par an et, bien sûr, tous les baptêmes, mariages et sépultures de la commune.

À Monteton, l’œcuménisme n’est pas un vain mot !

Extrait du Catho 47 n°74.