Recommandations pastorales diocésaines pour le baptême des petits-enfants
 
 
 
 
 

Connaître le nouveau texte officiel en date du 30 octobre 2007

Pour l'Église, il n'y a qu'une source vive : la Trinité. De toutes ses forces, elle désire y faire boire les hommes. Le baptême fait partie, avec la confirmation et l'eucharistie, d'un ensemble de trois sacrements qui constituent l'initiation chrétienne. Ces trois sacrements sont complémentaires : c'est par eux que les croyants entrent dans l'Église et en deviennent membres participants et actifs. Par eux, dans l'Esprit Saint, l'Église engendre les hommes à la foi en les conduisant progressivement à entrer dans le mystère du Christ. Ces trois sacrements comportent une double dimension : le don de Dieu dont l'initiative se manifeste en Jésus Christ, et la réponse humaine décidée et consciente.

La demande de baptême suppose la foi. Le baptême est appelé, en même temps que « seconde naissance », « sacrement de la foi ». Un adulte ou un enfant ayant l'usage de la raison et qui désire le baptême, doit être capable de faire un acte de foi, de dire librement : je crois.

L'Église, en acceptant depuis les origines de baptiser les petits enfants, signifie que Dieu est grâce. Elle fait confiance à la foi des parents qui les présentent. Elle fait aussi confiance à la foi de la communauté chrétienne qui accueille l'enfant avec ses parents ainsi qu'aux parrains et marraines qui doivent soutenir cet enfant et l'accompagner dans sa progression chrétienne.

Cependant certains parents demandent le baptême pour leur enfant, étant eux-mêmes non pratiquants et à peu près sans lien avec la communauté chrétienne. Ce premier contact avec l'Église est essentiel. On soignera donc l'accueil, on le vivra dans la joie, et on veillera à ce que toute la communauté se sente impliquée dans celui-ci. Cela nécessitera une information de la communauté à cet effet ainsi qu'une formation des équipes de préparation.

Là où elles n'existent pas encore, on s'efforcera de mettre en place des équipes composées du prêtre ou du diacre et d'autres fidèles du Christ chargés de l'accueil et de la préparation des familles qui demandent le baptême pour leur enfant. Elles sont le signe de l'intérêt de la communauté chrétienne pour ces demandes.

Les chrétiens membres des équipes d'accueil et de préparation pour le baptême des petits enfants veilleront à se former d'un point de vue spirituel, doctrinal et pédagogique. Ils n'hésiteront pas à solliciter l'aide du service diocésain de Pastorale Liturgique et Sacramentelle et à se rendre disponibles aux propositions de formation faites par celui-ci.

Accueillir au sein de la communauté chrétienne

Une demande de baptême est toujours une joie, comme la naissance de l'enfant est une joie pour ses parents. Nous sommes invités à nous réjouir avec les parents de cette naissance, et à nous intéresser à la vie de l'enfant.

Au cours des premiers contacts, les personnes chargées de l'accueil seront attentives à recevoir les gens avec ce qui fait leur histoire, à nouer un dialogue avec eux, à les prendre là où ils en sont. Elles veilleront à ne jamais « fermer la porte » et à ne pas utiliser un langage incompréhensible. Mais un discernement sera nécessaire, en lien avec l'équipe de préparation pour discuter des cas difficiles. Sachant que, en dernier recours, c'est le curé de la paroisse qui prend la décision.

La première démarche des parents peut se faire auprès du prêtre, du diacre, mais aussi auprès des personnes assurant les permanences, ou de membres de l'équipe d'accompagnement. Ce premier contact ne devrait pas se limiter à un appel téléphonique. Un accueil personnalisé est à privilégier.

Dès l'accueil, il est bon de savoir décrire les temps de préparation prévus avec d'autres familles faisant la même démarche.

Cheminer avec les parents

Il n'y aura de « suivi » après le baptême que si dès le début des liens sont tissés avec les gens (créer un « parrainage » ou des liens de proximité). Il s'agit de faire connaissance, d'exprimer déjà quelque chose de l'amour de Dieu.

Au cours de la préparation, il est bon de faire prendre conscience qu'être chrétien, c'est faire partie de la famille du Christ, ce qui doit nous aider à dépasser notre individualisme. Le baptême n'est en aucun cas un acte privé. Si c'est possible l'enfant sera présenté à la communauté paroissiale au cours de ce temps de préparation et un lien sera établi avec l'assemblée dominicale.

Les personnes qui accueillent sauront témoigner de leur foi et transmettre une part d'enseignement à propos du sens et des rites du baptême. Au cours du cheminement, l'équipe d'accompagnement aidera à préparer la célébration à partir du rituel. Il faudra tenir compte de la culture et de l'histoire des personnes.

Il est souhaitable que le baptême soit préparé sur le lieu de résidence, d'y associer parrain et marraine chaque fois que cela se révèle possible. Les possibilités pastorales sont diverses mais on veillera partout à garder l'équilibre entre le contact individuel et la dimension communautaire.

Célébrer les baptêmes

La célébration du baptême aura un caractère festif et communautaire. On valorisera la liturgie de la Parole en choisissant un ou plusieurs textes bibliques selon les propositions prévues par le rituel. Si on a recours à des textes autres que bibliques, pour aider à la compréhension des rites et de l'enjeu du baptême, il est important d'éviter toute confusion. La mise en valeur de la richesse des symboles et rites proposés permettra de souligner le baptême comme « passage » à une vie tournée vers le Christ. La beauté des lieux et des objets liturgiques utilisés y aidera aussi.

Les parents à qui il est demandé de professer la foi selon la formule prévue par le rituel, pourront aussi être invités, ainsi que les parrains et marraines à en expliciter tel ou tel aspect dans leur propre langage. À cet effet, nous suggérons que la profession de foi puisse se faire en deux temps : d'abord leur propre profession de foi avec leurs mots et leur culture, puis la proclamation de la foi de l'Église à laquelle ils sont invités à adhérer.

Il sera important de faire un lien entre ce qui aura été dit au cours de la préparation et la célébration elle-même.

Par divers moyens, les communautés seront informées des baptêmes et invitées à y participer. Il convient que les baptêmes soient célébrés au cours des assemblées dominicales, et particulièrement pendant le temps pascal, de Pâques à la Pentecôte.

Progresser avec les parents

Les échanges avec des chrétiens qui animent les rencontres de préparation permettent souvent aux parents une première rencontre personnelle de Jésus Christ à travers ce que vit l'Église. À partir de ce qu'ils ont exprimé du style de vie qu'ils espèrent pour leurs enfants, des choix qu'ils feront pour éduquer leur relation à Dieu et leur relation aux autres, il s'agira de proposer un accompagnement adapté.

Des moyens pour progresser avec les parents

  • bien souligner la cohérence entre les trois sacrements de l'initiation chrétienne ;
  • veiller à ce que les liens noués au moment de la préparation du baptême restent vivants sous forme de « parrainage » ou de contacts suivis avec des « relais » locaux ;
  • présenter la vie de la communauté dans sa richesse et sa diversité d'activités spirituelles, éducatives ou apostoliques ;
  • proposer l'éveil à la foi et bien entendu la catéchèse comme une suite logique du baptême ;
  • organiser une fête d'anniversaire des baptêmes, en faisant appel aux parents eux-mêmes ;
  • organiser des rencontres à l'occasion d'événements : fête de quartiers, du village, kermesse, fête paroissiale ;
  • prévoir des célébrations pour les tout-petits et leurs familles ;
  • ne pas hésiter à solliciter les familles (participation concrète, petits services) lors des fêtes paroissiales, rassemblements communautaires, messes des familles etc.

Des consignes pratiques

Pour ménager le temps de la préparation, quelques exigences minimales s'imposent :

  • prendre contact avec la paroisse suffisamment tôt (1 à 3 mois avant la date souhaitée pour le baptême selon les modalités de préparation proposées) ;
  • n'arrêter la date et le lieu qu'en concertation avec la paroisse.

En ce qui concerne l'âge des enfants, trois cas peuvent se présenter

  • Moins de 3 ans : après la préparation et la célébration du baptême, les parents, qui sont les premiers concernés, s'engagent à éveiller l'enfant au sens du sacrement reçu.
  • De 3 à 7 ans : l'enfant est déjà apte à devenir « l'ami de Jésus ». Il peut être préparé, à sa mesure, par ses parents, à recevoir ce sacrement avec l'aide d'un groupe d'éveil à la foi là où il existe ; ou à défaut d'une ou deux personnes de l'équipe d'accompagnement pour le baptême.
  • Plus de 7 ans : l'Église a prévu un Rituel de baptême pour les enfants en âge scolaire. C'est dans le cadre du catéchisme que l'enfant vivra, étape par étape, la préparation à son baptême. Cela pourrait se vivre aussi dans le cadre de l'école catholique en collaboration avec la paroisse concernée.

Pour les situations particulières

  • Si des parents présentent au baptême leur dernier-né alors que les aînés n'ont pas été catéchisés, on commencera par accueillir leur demande et on examinera sérieusement avec eux les motifs qui expliquent l'incohérence de leur attitude. Si ces parents refusent toute perspective d'éducation chrétienne en Église et toute recherche en ce sens, il convient de différer le baptême.
  • Si plusieurs enfants d'une même famille sont présentés en même temps et si la famille demande une unique célébration, il importe d'évaluer avec elle les motifs de cette demande. Si elle est acceptée, c'est le temps nécessaire à la préparation de l'aîné qui prévaudra pour arrêter la date du baptême.
  • Lorsqu'il y a demande de baptême et de mariage le même jour, il est bon de rappeler aux parents qu'il s'agit d'honorer chaque démarche sur le plan humain et dans une célébration spécifique : célébrer l'accueil de l'enfant et son entrée dans l'Église ; célébrer l'amour d'un couple et le sacrement de mariage. Certaines expériences montrent qu'il est possible de célébrer le mariage le samedi et le baptême le dimanche. Toute confusion est ainsi évitée. Il est demandé de ne pas célébrer le baptême au cours du mariage.
  • Dans le cas de familles éclatées ou recomposées on demandera que le parent absent ou le tuteur légal exprime par écrit sa « non-opposition » à la démarche envisagée.

Il est souhaitable de faire pareillement dans le cas d'un couple de religion mixte : chrétien-juif, chrétien- musulman...

Pour le choix du parrain et de la marraine

Pour le choix des parrains et marraines, se référer au Directoire des Sacrements. La présence du parrain ou de la marraine signifie le rôle de l'Église. Un seul parrain suffit. Il doit être catholique. Ce ne peut être, ni le père, ni la mère. On veillera à ce que le parrain (ou la marraine) soit en mesure d'accomplir ce qui est attendu de lui ; qu'il ait reçu les sacrements de l'initiation chrétienne et mène une vie cohérente avec la foi et la charge du parrainage.

En cas de difficultés pour trouver un parrain ou une marraine valide, il pourra être proposé de choisir le parrain et la marraine parmi les membres de la communauté paroissiale.

Quelqu'un appartenant à une autre confession chrétienne, peut être « témoin » du baptême.

Pour le lieu de la célébration et le choix d'un célébrant autre que le prêtre de la paroisse de résidence

  • Si le baptême doit être assuré par un prêtre extérieur à la paroisse de résidence, l'accord du prêtre responsable de la paroisse est nécessaire.
  • Si le baptême de l'enfant a lieu en dehors de la paroisse du domicile des parents, ceux-ci feront la demande initiale à la paroisse de leur domicile, qui délivrera, une autorisation pour que le baptême soit célébré dans une autre paroisse. Il paraît souhaitable que la préparation se fasse au lieu habituel de résidence des parents, quel que soit le lieu retenu pour la célébration.
    Il en est de même pour la présentation de l'enfant à la communauté.

Agen, le 30 octobre 2007

Mgr Hubert HERBRETEAU
Évêque d'Agen