Année de l'ouverture au monde, 2011-2012
 
 
 
 
 


L'année pastorale 2011-2012 dans le diocèse d'Agen mettra l'accent sur l'écoute du monde d'aujourd'hui, conformément aux orientations promulguées en 2009.

Chaque paroisse a été invitée à écrire un projet pastoral pour l'année 2011-2012 autour de cette orientation, et les différents services et mouvements du diocèse multiplient les initiatives.

Le monde est aujourd’hui un grand village. La communication avec les autres est devenue instantanée et universelle. Dans tous les domaines (l’économie, les transactions financières, la politique, la production et la consommation des biens, la technologie, les relations culturelles et religieuses, l’écologie, etc), nous sommes directement confrontés à la présence de l’autre et à la traversée des frontières. Nous sommes interdépendants. Dans son encyclique Caritas in veritate, le pape Benoît XVI souligne que la mondialisation nous « rapproche, mais elle ne nous rend pas frères » (n° 19).

La mondialisation ne doit pas nous faire peur. Il faut cependant en mesurer les risques. Par exemple, avec internet, les humains peuvent devenir virtuels, si mobiles qu’ils n’ont plus d’ancrage. Sans un enracinement dans les cultures et les religions, ils seront objets inconscients, soumis à toutes sortes de manipulation.

Par ailleurs, tout est devenu marchandise : l’eau, l’air, le sol et le sous-sol, la culture, la santé, l’éducation, le corps lui-même, etc. Le monde se partage en deux : ceux qui profitent de cette marchandisation et les exclus, les pauvres. Il faut donc éviter de louer de façon non critique la globalisation du monde et ses bienfaits, ou de la condamner comme destructrice de l’évolution de l’humanité.

Le concile Vatican II nous rappelle que l’Église n’existe pas pour elle-même. Elle existe pour et dans le monde, à qui Dieu continue de se révéler. Elle doit donc se demander constamment comment elle peut être un signe efficace de la présence aimante de Dieu dans le monde.

« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur... La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire » (Gaudium et Spes n° 1, 1).

Ce qu’affirme le concile Vatican II trouve un écho dans les remontées de Vivante Parole. Tout n’est pas acceptable dans le monde d’aujourd’hui, mais il importe d’avoir envers lui une attitude de bienveillance et de compassion : « Les chrétiens sont porteurs d’espérance, de joie, d’apaisement face aux peurs, au découragement, aux difficultés, en partageant la condition des plus démunis et en ayant un regard positif sur le monde et sur l’autre, par nos actions en la mettant en pratique au service des autres, par nos engagements dans la vie de la cité, en témoignant de l’Amour de Dieu pour l’humanité là où nous sommes. C’est de cette façon que nous permettons àla Parolede Dieu de se révéler en plénitude. »

De son côté le Texte National pour l’Orientation dela Catéchèse en France (TNOC) affirme :

« En fait, c’est le Christ qui, par l’Église, son Corps, veut s’approcher des hommes, les inviter à partager sa vie, les libérer du péché et de toute forme d’enfermement, pour les introduire dans l’intimité de son Père. En portant et en incarnant la volonté salvifique de Dieu manifestée en Jésus Christ, l’Église annonce le Royaume, révèle la dignité inaliénable de toute personne humaine et donne sens à l’histoire humaine. Elle ouvre les portes de la foi et de l’espérance » (p 24).

Les réalisations concrètes :

D’abord, soulignons le fait que beaucoup de paroisses ont pris en compte la démarche de « Diaconia ». Notre Dame de Garonne qui accueillera le rassemblement du 13 mai 2012 a même fait de la démarche Diaconia le cœur de son projet pastoral cette année. Quelques initiatives originales méritent d’être citées comme celle de Saint-Robert des Rives du Lot qui a remplacé ses traditionnels « mercredis de l’Avent » par des rencontres de quartiers autour des relais de façon à rencontrer au plus près les personnes en difficulté, les écouter, repérer fragilités et merveilles. En lien avec le Secours catholique, plusieurs équipes locales ont aussi déjà prévu d’accompagner à Marmande des personnes en situation précaire pour vivre avec elles le rassemblement diocésain du 13 mai.

Les paroisses Saint-François d’Assise en Albret, Saint-Joseph de Villeneuve, Saint-Robert des Rives du Lot mettent un accent sur les propositions en direction des jeunes (aumôneries, mouvements, groupes de réflexion, enquêtes...). Sur la paroisse Sainte-Croix des confluents, une aumônerie (AEP) est relancée au lycée Stendhal, suite à l’élan de la visite pastorale de notre évêque où est apparue une attente de la part de quelques jeunes. Cela a stimulé une équipe à se mettre au service des jeunes, en lien avec les responsables de l’établissement public.

Insistant sur la présence dans le monde du Web où les jeunes générations passent beaucoup de temps, des paroisses ont décidé de relancer leur blog (Notre Dame des Coteaux et de la Plaine, Saint-Jean de la Ténarèze...).

À Sainte-Marie en Agenais, on insiste sur la convivialité avec les jeunes foyers, tandis qu’à Saint-Joseph de Villeneuve, une enquête est lancée auprès des 25-45 ans pour mieux les connaître et les comprendre.

À Saint-Géraud des Vallées en Fumélois, la fête paroissiale a permis de réunir, grâce à un bouche-à-oreille actif, bon nombre de familles non pratiquantes pour une journée conviviale comprenant une réflexion sur le thème « Comment s’ouvrir aux autres ». Dans cette paroisse, par ailleurs, une nouvelle équipe ACO est en train de voir le jour.

L’accueil paroissial est apparu important à beaucoup. Des permanences d’écoute ont été ouvertes, comme à Saint-Robert des Rives du Lot et à Saints Pierre et Paul en Brulhois, en lien avec le Secours catholique. À Fumel, de même, le nouveau local du Secours catholique permet un accueil de grande qualité. À Saint-François d’Assise en Albret, on se réjouit de la visibilité de la nouvelle Maison paroissiale et on s’engage vers des travaux de rénovation pour la rendre davantage accueillante.

Le service des vocations constate que les jeunes ayant suivi le parcours Simon-Pierre sont « heureux d’être écoutés et aidés dans leur réflexion ». Ce service des choix de vie est donc d’abord un service de l’humain. Dans cet esprit, le SDV s’engage à être présent dans des « Forums des Métiers ». Il souhaite aussi faire appel à des jeunes pour développer sa présence sur l’univers Internet.

Le service de catéchèse oriente aussi son action dans l’écoute des joies et des difficultés des parents, en particulier, des familles mono parentales... Les nouveaux outils catéchétiques se veulent plus adaptés aux cultures d’aujourd’hui (pastorale d’initiation plutôt que d’encadrement) et comportent des propositions de première annonce.

Plusieurs initiatives ont été prises pour travailler la constitution pastorale Gaudium et spes sur l’Église dans le monde, comme à la paroisse Sainte-Foy un dimanche après-midi, ou sur des soirées de l’Avent à Saint-Géraud des Vallées en Fumélois ou à Sainte-Croix des confluents... L’utilisation des questions travaillées lors de la journée de rentrée pastorale est souvent le support de départ. D’autres groupes de réflexion ou conférences sont suscités, autour de la doctrine sociale de l’Église (respect de la vie, grandes questions politiques et économiques) comme par exemple à Saint-Joseph de Villeneuve.

Les conseils pastoraux et les EAP des paroisses Saint-Vincent de Paul en Guyenne et Saint- Martin du Dropt prévoient de mener une réflexion de fond sur le regard que les chrétiens portent sur le monde.

Le thème d’année de l’ACI est justement « Être présents dans le monde d’aujourd’hui ».

De même, le service du catéchuménat a proposé deux formations pour les équipes d’accompagnement, le 24 septembre sur le thème « Une Église pour le monde ? » et le 27 novembre sur « À l’écoute et au service du monde ».

La paroisse Sainte-Croix des confluents développe des initiatives pour aller à la rencontre des familles d’origine portugaise. Pour la Journée des migrants, par exemple, une intervention des portugais a été prévue, mettant en valeur les différentes périodes de l’immigration portugaise depuis un siècle. Après la messe, les familles portugaises ont invité la communauté pour un repas.

Différentes paroisses ont imaginé aussi de se rapprocher de certaines populations (d’origine maghrébine, notamment) par des efforts d’abord individuels avant de mettre en place des relations organisées. Mais c’est aussi une attention soutenue aux réalités économiques ou professionnelles qui est entreprise : les agriculteurs, les ZAC, fermeture de classe, d’usine, évolution des services de proximité... Des Conseils pastoraux s’efforcent de constituer une carte de la paroisse avec les différentes implantations d’entreprises, le nombre d’ouvriers, etc. Beaucoup soulignent également la nécessité de s’appuyer davantage sur les personnes Relais (cf. paroisses Notre Dame des Coteaux et de la Plaine, Saint-Jean de la Ténarèze, Sainte-Croix des confluents, Saint-Robert des Rives du Lot).

La présence des chrétiens dans les manifestations organisées dans les villages semble importante : à Notre Dame des Coteaux et le la Plaine, on décide que les Relais s’y rendent présents ou s’y impliquent, que des permanences dans les églises soient organisées à ces occasions-là. À Saint-Jean de la Ténarèze on prévoit de participer au forum des associations... Certaines paroisses n’hésitent pas à organiser des manifestations culturelles, expositions...

Le lien avec les politiques est aussi évoqué dans les projets, vœux de la paroisse où tous les maires concernés sont invités comme à Notre Dame de Bon Encontre ou à Saint-Robert des Rives du Lot, invitation des élus au forum chrétien ou au pèlerinage à Lourdes des élus chrétiens...

À la Visitation en Vallées et Coteaux, on insiste sur le besoin d’une présence au sein des maisons de retraite et la formation d’une équipe SEM (Service de l’Evangile auprès des Malades). Le renforcement du travail en équipe des équipes SEM fait aussi partie des objectifs du service de la pastorale de la santé de notre diocèse.