Être prêtre
 
 
 
 
 

Extrait de l'homélie de Pierre Bonnet, curé de la paroisse Notre-Dame de Garonne à Marmande, à l'occasion des obsèques de Monsieur l'Abbé Michel Touzé (décembre 2008) : il s'agit d'une méditation sur le sens, la place et la responsabilité du prêtre auprès de la communauté chrétienne dont il a la charge.

(...) Au moment où nous vivons la restructuration des paroisses, où le petit nombre de prêtres nous inquiète, d'ailleurs légitimement, je voudrais tout simplement vous faire rentrer dans le mystère du prêtre, non pas de l'homme avec ses qualités et ses limites, mais dans ce qui le constitue réellement, c'est-à-dire un Pasteur selon le cœur du Seigneur.

Les mots sont insignifiants ; le silence, la contemplation et l'action de grâce sembleraient plus opportuns.

Je veux, et cela avec tous les prêtres, tout d'abord exprimer le bonheur et la gratitude qui débordent de notre cœur. L'indicible plénitude d'une rencontre avec celui qui, par pure grâce, nous a appelés à le servir et à le manifester auprès de nos frères.

Car, avant de vous « représenter » auprès de Dieu, c'est Dieu que les prêtres « représentent » auprès de vous, car le ministère du prêtre vient d'ailleurs : il vient du ciel où le Christ est à jamais la source inépuisable du sacerdoce.

Coupez les attaches du prêtre avec le ciel et il n'a pas de sens. Mais il faut aussitôt ajouter : coupez ses attaches avec la terre et son sacerdoce n'a plus d'existence, car le prêtre est avant tout pour vous. Oui, pour vous aider à grandir dans la Foi, l'Espérance et la Charité.

L'ordination nous a parés d'un vêtement splendide ; nous sommes devenus par pure grâce les Bergers au service des communautés chrétiennes. Il peut nous arriver d'être mal à l'aise dans cet habit trop grand pour nous, car croyez le bien, nous connaissons aussi nos limites. Mais nous savons que quand nous célébrons les sacrements, ce n'est pas nous qui agissons, mais c'est bien le Christ lui-même qui agit. Et là, nous pouvons dire en vérité comme Saint Paul : « Ce n'est plus moi qui vit, mais c'est le Christ qui vit en moi. »

Ainsi vous le voyez, le sacerdoce a pour but et se déploie au service de la communauté que l'Eglise confie au prêtre. La personnalité du prêtre type sa communauté, mais la communauté, si elle est vraiment consciente de l'importance du sacerdoce, permet au prêtre de prendre toute la mesure de ce sacrement. Le prêtre « fait » sa communauté, mais la communauté « fait » aussi son prêtre, si elle le sollicite pour ce pourquoi il a été consacré.

Le prêtre est là essentiellement pour annoncer la Parole de Dieu, pour qu'elle éclaire chacune de nos routes.

Le prêtre est là pour célébrer les sacrements, en particulier l'Eucharistie comme nourriture et forces de nos vies.

Le prêtre est là pour susciter l'amour du prochain, et tout particulièrement des plus petits.

Vous voyez cela donne la mesure et l'importance du prêtre, mais en même temps, impose la nécessité de l'humilité, car le prêtre doit disparaître pour faire paraître celui qu'il représente.

Il nous faut donc tout d'abord remercier le Seigneur du don du sacerdoce dont l'Eglise ne pourra jamais se passer.

Il nous faut aussi des communautés qui aiment leurs prêtres, qui soutiennent leurs prêtres, qui désirent leurs prêtres. (...)

Texte de Laurent Camiade, curé de la paroisse Saint-Joseph de Villeneuve, à l'occasion de l'année de l'Appel aux vocations spécifiques (janvier 2009).

Lors du pèlerinage diocésain à Lourdes, le 30 juillet dernier, au cours de la messe à la grotte, notre évêque, Monseigneur Herbreteau, a lancé une année de l'appel aux vocations spécifiques (prêtres et consacrés) pour notre diocèse. Ce lieu, symbolique, « lieu source », colore d'une façon optimiste et surtout pleine d'espérance, le souci partagé par tous du manque de prêtres et du petit nombre de jeunes qui s'engagent dans la vie consacrée (vie religieuse, monastères, ou autres formes de consécration de toute sa vie pour le Christ).

Nous pouvons faire trois grands constats :

Les familles : le milieu familial est souvent décisif dans l'éveil des vocations et la sensibilisation des jeunes. 70% des vocations spécifiques en France sont issues des familles pratiquantes. Celles-ci sont peu nombreuses mais ont une courageuse détermination à assumer leur vie de foi souvent face à des pressions socioculturelles hostiles. Mais elles ne savent pas toujours aller jusqu'à soutenir un de leurs enfants qui pense à donner toute sa vie à Dieu dans l'Église. Les autres familles catholiques, manifestant leur appartenance par la sacramentalisation des enfants (baptême, catéchèse, communion...) et sont souvent très loin d'imaginer l'hypothèse de la vocation spécifique d'un de leur enfants ! L'accueil fait par de nombreuses familles à l'icône qui leur a été proposée pour prier pour les vocations avec leurs enfants surprend d'autant plus que certaines familles que l'on n'aurait pas attendu se sont portées volontaires avec une grande disponibilité !

Le célibat dans la Mission de l'Eglise : le célibat consacré d'une part et la mission des prêtres et des religieux d'autre part ne sont pas toujours bien compris. Les divers scandales ressassés par les médias avec pour but affiché de pousser l'Église à renoncer à la discipline du célibat des prêtres pèsent sur les esprits les mieux disposés. Un certain nombre de catholiques (y compris parmi ceux qui exercent des responsabilités dans la transmission de la foi) ne sont pas à l'aise avec l'impossibilité pour l'Église d'ordonner prêtres des femmes. Ces quelques observations révèlent un vaste malaise et une ignorance profonde au sujet de la théologie du ministère presbytéral. Pourtant, en parcourant notre diocèse, nous devons observer aussi que si nos prêtres sont parfois inquiets face à la fragilité des communautés chrétiennes, ils vivent avec un réel bonheur et une immense générosité leur célibat et leur engagement au service de l'Église et du monde. De même pour les religieux, religieuses, consacrés qui, même s'ils sont peu représentés en Lot-et-Garonne, attestent par leur fidélité du sens toujours actuel de leur engagement.

Le temps du don inconditionnel : quand on parle avec des jeunes, il ressort que c'est surtout la pauvreté et l'absence de plan de carrière qui semblent bloquer  à leurs yeux l'attrait des vocations à tout donner pour la Mission de l'Eglise. On veut bien être prêtre, mais sous certaines conditions, de même que l'on veut bien se considérer comme membre de l'Église, du moins dans les limites de sa propre vision de la religion chrétienne ! Le don total au Christ dans l'Eglise n'est possible, en fin de compte, qu'après un long cheminement spirituel, une progressive découverte de la profondeur de son amour. Les jeunes qui font le pas témoignent tous d'une expérience forte du Christ, qui débouche sur un don inconditionnel - toujours à mûrir et purifier, bien sûr, mais c'est tout de même assez impressionnant. Dans notre diocèse, nous avons un séminariste, deux garçons du diocèse entrés récemment dans des abbayes, deux jeunes filles entrées dans des congrégations religieuses, un autre garçon suit une formation théologique dans un institut séculier, un autre participe à un groupe de discernement en vue de la prêtrise, deux ou trois autres sont en lien avec le service des vocations pour mûrir la question du sacerdoce. Chacun d'entre eux, de manière différente, a fait l'expérience de l'amour du Christ et a franchi le seuil qui permet d'envisager le don total et définitif. A ce dernier titre, ils sont à la fois extraordinaires en face de la plupart de leurs contemporains marqués par cette mentalité d'appartenance conditionnelle à l'Église et à la fois profondément en phase avec l'Évangile des hommes qui, laissant tout, suivent Jésus. Quel que soit le discernement de l'Église à leur égard et leur décision au jour de l'engagement définitif, leur attitude de disponibilité est aujourd'hui la fierté de notre diocèse.

Le service diocésain des Vocations s'est engagé dans l'année de l'Appel en partenariat avec les services de Pastorale Catéchétique, de Pastorale Familiale, de la Pastorale des Jeunes et de Pastorale Liturgique et Sacramentelle, ainsi qu'avec l'ensemble des doyennés et des paroisses. Différents rassemblements et activités ont été proposés pour les jeunes, des moments de prière en paroisse (mercredis de l'Avent et du temps pascal, dimanches Autrement...), une icône circule dans toutes les paroisses de famille en famille, (chaque famille prie devant l'icône pendant sept jours de suite et la transmet le dimanche suivant à une autre famille), plus de 120 parrainages spirituels de prêtres et de religieux/religieuses ont débuté à ce jour... C'est bien tout le diocèse qui se met en prière, une prière qui renvoie chacun à son propre questionnement : et moi, suis-je disponible aux appels que le Seigneur m'adresse ?

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