Célébration d'intronisation, le 31 mai 2004
 
 
 
 
 

Visitation de la Vierge Marie, le 31 mai 2004

Homélie de Mgr Jean Charles DESCUBES

Ce matin, avec Elisabeth, accueillons la Parole de Dieu qui s'est faite l'un de nous, un sujet de l'humanité parmi des milliers d'autres sujets. L'Église que nous formons lui doit sa raison d’être. Elle est le fondement de sa mission.
Il nous revient de faire que cette Parole prenne corps et soit reçue comme un Évangile, une bonne nouvelle en ces temps qui sont les nôtres et que nous sommes invités à aimer ave la passion de Dieu. Alors, comme Jean Baptiste dans le sein de sa mère, nos frères et sœurs en humanité, connaîtront joie et allégresse. Ils s’avanceront avec courage, et détermination sur les chemins du bonheur.

Ils sont ardus mais ils sont sûrs

Le Christ nous les a ouverts puisqu'il les est lui même. Il nous précède.
Ce matin nous sommes une nouvelle fois invités à nous mettre à sa suite. Ainsi serons- nous la communauté de ses disciples en nous inscrivant dans la tradition de nos Églises :

* celle de Rome qui préside à notre charité et dont je suis particulièrement heureux de saluer avec respect le représentant en la personne de Mgr Fortunato Baldelli, nonce apostolique du pape Jean- Paul II en France.
* celles qui constituent l'Église catholique dans notre pays et que préside l'archevêque de Bordeaux, Mgr Jean Pierre Ricard : l'évêque d’Agen s'est toujours honoré d'en être le premier suffragant. Je ne saurais oublier que c'est son prédécesseur, le cardinal Pierre Eyt, qui, par l'imposition des mains et l'invocation de l'Esprit Saint, m'a introduit le 9 mars 1997 dans le collège des évêques.

Sous l'autorité du successeur de Pierre, évêques pour vous mais disciples du Christ avec vous, nous servons la proclamation de l’Évangile, en allant à la rencontre des hommes là où ils vivent, travaillent et aiment, pour que le Christ les appelle par leur nom, les réconforte par l'annonce de la Bonne Nouvelle et les rassemble autour de la même table, (Jean Paul II, « Levez vous Allons » ).

Chacun de nous est personnellement connu de Dieu ; chacun de nous est aimé tendrement. Tel est le mystère, le projet de Dieu dont nous sommes dépositaires, une invitation à une vie libre et responsable.

Évêques de la province de Normandie l'une des plus anciennes de France puisque sa création remonte à une décrétale du pape Innocent Ier en date du 15 février 404 adressée à l'évêque Victrice, ami de saint Paulin de Nole et de saint Martin Évêques de Normandie parmi lesquels je retrouve avec amitié et affection Mgr Jacques David à qui je dois tant dans mon ministère d'évêque, c'est ce projet de Dieu que nous voulons servir au milieu de vous dans le respect de nos traditions et de nos orientations pastorales particulières.

Fraternellement unis aux fidèles des autres confessions chrétiennes dont je salue les prêtres et les pasteurs, notre désir n'est pas d'entrer en concurrence avec quiconque mais d'apporter une contribution originale, notre pierre à la construction d'un monde que nous souhaitons voir se transformer selon l'esprit de l’Évangile afin. D’être pour tous, sans exception, un monde plus humain.

Je sais que c'est aussi l'ambition, dans la diversité et la pluralité de leurs options, qui habite les responsables de la cité conduits par M. le Député Maire de Rouen, les présidents des collectivités territoriales et les directeurs de, administrations publiques que je remercie de leur présence.

C'est aussi, dans la fidélité à leur tradition, avec une pleine conscience de leurs différences, le souhait aujourd'hui des diverses religions. Face aux dérives idéologiques et fanatiques, en dépit des erreurs passées, puissions nous donner le témoignage que la foi en Dieu ne peut être invoquée pour asservir ou avilir son prochain, justifier violence, injustice ou inégalité ; elle sert au contraire la cause de la paix.

En cette fête de la Visitation, dans cette cathédrale métropolitaine qui lui, est dédiée, la foi de Marie nous est donnée comme modèle.
Sa foi n’est pas une confiance aveugle. Son adhésion à la Parole de Dieu n'est pas inconditionnelle. A l'ange qui, à Nazareth, lui demande ce que Dieu attend, elle pose une question précise de jeune fille informée : « Comment cela se fera t il puisque je suis vierge ? » Elle écoute la réponse de l'ange, précise elle aussi, convaincante pour qui Dieu n'est pas une vague idée ou la conclusion d'un raisonnement philosophique mais quelqu'un. Alors Marie répond en deux phrases, l'une exprimant son amour: « Je suis la servante du Seigneur », l'autre son adhésion, mais Dieu se trouve engagé autant qu'elle même : « Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit ». En toute vérité, Elisabeth peut l'appeler « Mère du Seigneur ».

Tout engagement est à la croisée de deux paroles libres qui se livrent dans un respect mutuel, dans la confiance. Ainsi en est il de Dieu et de Marie. S'ouvre alors un avenir insoupçonné. La confiance de Marie repose sur sa connaissance de Dieu : puisée dans les Écritures qu'elle connaît bien, gardée vivante par sa prière. « Un Dieu de tendresse qui s''est penché sur son humble servante. » Ce Dieu n'est pas un faible : « Il disperse les superbes, renverse les puissants, élève les humbles, comble de biens les affamés. » Dieu, de qui Marie sert le projet et chante la louange, ne se satisfait pas des insatisfactions de ce monde. Dans le Magnificat, nous recevons déjà le message de Jésus, son Évangile. Il y a des oui qui tiennent leur force des non qu'ils supposent

Voici que ce matin je vous suis donné pour vous guider sur ce même chemin en l’empruntant avec vous. Que le Père Christian Nourrichard, qui a veillé sur votre communion et je sais combien vous avez apprécié son attention aux personnes et aux événements ; que les prêtres avec qui je souhaite que nous formions un presbyterium fraternel et heureux ; que les diacres ; que tous ceux dont la préparation de cette célébration et de mon arrivée a mobilisé énergie et dévouement, soient sincèrement remerciés de leur accueil.

Je viens sans programme préétabli, sans idée préconçue non plus, mais intimement convaincu que nous sommes unis par une même passion de vivre de 1’Évangile et une même volonté missionnaire de le proposer comme la grande chance d’une vie, une grâce.
Je viens d'une Église qui doit son origine au témoignage de jeunes chrétiens qui, au début du IVème siècle, ont été séduits par l'Évangile. « Dieu seul en connaît le nombre et les noms » lit on dans la petite église souterraine qui garde le souvenir de leur martyre. Parmi eux sainte Foy.

J'arrive pour servir la mission d'une Église que Mgr Joseph Duval a préparée avec vous à travers les défis de notre société en ce début de troisième millénaire chrétien. Par ses visites pastorales qu’a conclues votre grand rassemblement du 18 avril 1993, avec Horizon 2005 qui vous a permis d’imaginer l’organisation du diocèse, par ses appels pressants en direction des jeunes et ses initiatives personnelles à leur intention ; Mgr Joseph Duval a ouvert des perspectives dans lesquelles nous continuerons à nous inscrire ensemble.

Aussi, pour conclure, je m'inspirerai du radio message que Pie XII vous adressait le 25 juin 1956 pour le cinquième centenaire de la réhabilitation de Jeanne d'Arc, et la restauration de la cathédrale après les bombardements,

Je souhaite que chacun de vous puisse s'appliquer, s'applique, ce qu'il disait de Jeanne d'Arc : « Choisie par Dieu, une conscience inébranlable de sa mission, un désir ardent de sainteté alimenté par la volonté de mieux correspondre à sa vocation lui (ont fait) surmonter les obstacles, ignorer les périls, ... se mêler aux problèmes du temps »

Pour la gloire de Dieu et le bonheur de tous, que la cause de l’Évangile soit notre passion. Donnons à la Parole de Dieu de prendre corps.




Après l’homélie, Mgr Jean-Charles Descubes a ainsi introduit la profession de foi :

A l'occasion du jubilé de l’An 2000, l'Église d’Agen a rédigé une confession de foi qu'elle a soumise aux évêques des provinces de Bordeaux, de Poitiers et des diocèses voisins. Une antique tradition veut qu'au moment de son élection, un évêque témoigne de sa foi. En lisant devant vous la Profession de foi de l’Église d’Agen, en vous invitant à vous y unir, je veux exprimer ma reconnaissance aux agenais pour ces sept années au cours desquelles, dans la fraternité et l'enthousiasme, nous avons voulu que notre Église soit une Vivante Église en Lot-et-Garonne.

Votre présence à cette célébration me touche profondément. Je ne vous oublie pas.