Bulletin souvenir pour Mgr Bellino Ghirard, septembre 2013
 
 
 
 
 

L'évêché de Rodez a édité un bulletin hors série pour rendre hommage à Mgr Bellino GHIRARD, évêque émérite de Rodez, décédé le 26 juillet dernier. Originaire du Lot et Garonne, il avait été ordonné prêtre en 1962 pour le diocèse d'Agen.

En voici quelques extraits

Portrait

Fils d’immigrés italiens, né en Seyches le 22 mai 1935, il a reçu une éducation chrétienne solide. Son désir de devenir prêtre s’est exprimé dans ce contexte familial favorable.

Il est ordonné prêtre le 30 juin 1962 pour le diocèse d’Agen. Après avoir poursuivi ses études à Strasbourg, il devient professeur au petit Séminaire de Bon Encontre en 1963, puis vicaire à la paroisse Notre Dame de Bon Encontre. À cette époque il était passionné de rugby, sport qu’il pratiquait régulièrement.

En 1978, il est nommé curé de Marmande, de Birac et de Sainte-Abondance. Il sera très présent aux rencontres des immigrés italiens.

En 1984, il est nommé vicaire général, et visite beaucoup les prêtres lors de cette nouvelle responsabilité. Ceux-ci appréciaient son tempérament fraternel et généreux. Il est à l’origine des premiers animateurs pastoraux. Il a effectué un travail remarquable avec monseigneur Sabin Saint-Gaudens, évêque d’Agen, pour la rédaction des Messes propres au diocèse d’Agen.

Le 25 avril 1990, il est nommé évêque coadjuteur de Rodez, puis en 1991 évêque de Rodez.

Son retour dans le diocèse en 2011, fut un grand bonheur pour les prêtres et les nombreux laïcs qui l’avaient connu. Il était aumônier à Ma Maison à Agen. Les Petites Sœurs des Pauvres l’ont accueilli chaleureusement. Les résidents ont aimé son côté poète, sa joie de vivre, l’attention qu’il avait pour les prêtres, les personnes âgées et le personnel de Ma Maison.

Il nous a quittés le 26 juillet dernier après s’être battu contre une terrible maladie. Il repose, selon son souhait, à la chapelle Saint-Joseph dans la cathédrale de Rodez.

Son départ nous envahit de tristesse, mais Bellino laisse un beau message, celui d’un serviteur de Dieu tout entier donné au Christ et aux autres.

Mgr Hubert HERBRETEAU
évêque d’Agen

Vocation épiscopale

Relire le ministère de Bellino à la lueur du message pontifical. Le pape a souhaité faire réfléchir les évêques du monde entier sur trois aspects de leur vocation : appelés par Dieu ; appelés pour annoncer l’Évangile ; appelés pour promouvoir la culture de la rencontre.

Appelés par Dieu : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » nous dit Jésus. C’est dans le mystère de sa relation avec le Christ que Bellino a accepté d’être envoyé et s’est fait serviteur. C’est ce lien qui vient comme éclairer la confiance et le courage de son ministère.

Appelés pour servir l’Évangile : malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile qui le presse et qui l’emmènera si loin, fidèle jusqu’au bout pour le faire entendre à toutes les nations païennes. Pasteur et serviteur de cet Évangile, Bellino l’a servi jusqu’au bout. « Je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle » même si ce service s’est vécu parfois dans la difficulté et la douleur. Il a servi l’enfantement du Christ dans nos vies et au milieu de nous.

Appelés à promouvoir la culture de la rencontre. Être serviteurs de la communion. Dans une société où les repères sont variés et les manières de vivre éclatées, nous savons que l’annonce de ce qui est pour nous Bonne Nouvelle ne peut s’accueillir que dans une relation d’ouverture, de dialogue, de réciprocité. Bellino a servi cela, nous invitant à laisser éclater nos frontières, à respirer aux dimensions du cœur de Dieu.

Mgr François FONLUPT
évêque de Rodez et Vabres

Se laisser « reviscouler » message épiscopal laissé par Mgr Bellino Ghirard lors de l’ouverture de la semaine sainte en 2004 qui trouve aujourd’hui encore toute sa place au cœur de l’Année de la foi.

« Reviscouler », terme occitan expressif qui suggère une « remise debout » après un temps d’épreuve, d’abattement ou de désenchantement. Ainsi les chrétiens savent-ils que le premier « reviscoulé-ressuscité », c’est le Christ. D’ailleurs, même dansla Bible, la traduction de la résurrection prend souvent cette forme. Il est dit du Christ qu’il est « relevé d’entre les morts ».

Être chrétien, une Pâque de tous les jours

Par le baptême, nous vivons avec le Christ ce passage à une vie nouvelle. L’apôtre Paul a une ferme conviction : « Éveille-toi, ô toi qui dors ! Lève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. » (Eph. 5, 14) Il nous est demandé de quitter nos habitudes de mort pour avoir un comportement d’homme nouveau et revivifié. En somme, nous avons à nous laisser « reviscouler », revigorer par cette puissance de vie du Christ qui peut nous remettre debout dans toute notre dignité d’hommes et de croyants et renforcer notre capacité d’assumer nos responsabilités.

Un message des Églises chrétiennes d’Ile de France nous encourage à nous engager en ce sens : « Maintenant, nous-mêmes qui avons la vie du Christ en nous, voici que nous sommes entraînés par la puissance de sa résurrection et qu’avec lui nous descendons dans les enfers d’aujourd’hui, enfers de la souffrance et de la maladie, du doute et de la peur, de l’injustice et de la misère, de la violence et de la haine. »

Nous pouvons remonter de ces enfers grâce à la résurrection du Christ qui nous révèle le sens de l’histoire humaine et éclaire les événements quotidiens de notre vie. Elle nous conduit à avancer vers plus de fraternité et de paix. Elle nous demande de collaborer avec Dieu pour « faire toute chose nouvelle », avant tout pour remettre notre monde à l’endroit et l’humaniser selon les valeurs de l’Évangile.

Aimez-vous les uns les autres

Comment intervenir pour qu’il y ait moins de violence, d’insécurité, de terrorisme sur notre terre ? Comment maîtriser la mondialisation pour qu’elle n’écrase pas encore les plus démunis et les plus pauvres ? Comment aller vers un développement plus solidaire et un commerce équitable ? Comment retisser nos liens fraternels ? Comment transformer des cultures de morts en cultures de vie ?

Et si nous prenions au sérieux le commandement du Seigneur ressuscité : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Mgr Bellino GHIRARD, le 10 avril 2004
Extrait de son livre « Église de Rouergue, avance dans l’Espérance »

Les personnes qui désirent avoir ce numéro Hors Série peuvent venir en chercher à l'accueil de l'évêché.