Le CCFD et la Côte d'Ivoire
 
 
 
 
 

Abissi Jean-Paul Tuho vient nous visiter !

Le 19 mars 2013, Jean-Paul, très impliqué dans son pays, la Côte d’Ivoire, président de l’association ARK (Animation Rurale de Korhogo) s'est proposé de nous rencontrer : une bonne soixantaine de personnes sont venues à Marmande. Nous avons convenu ensemble d’être plus spécialement attentifs à la place des femmes et des enfants en Côte d’Ivoire.

D’emblée, les mots sont forts ! Il nous invite à « réfléchir sur les perspectives d’un développement humain. Au nom de cette humanité, dit-il, nous nous donnons le droit de nous interpeller et de marcher ensemble. » Nous voilà à la source de notre démarche au CCFD-Terre Solidaire. Nous ne venons pas faire une bonne œuvre, rencontrer un partenaire –mot relooké pour désigner « un pauvre d’un pays du Sud » - Non ! « Nous nous donnons le droit, lui et nous, de nous interpeller et de marcher ensemble. Cela, c’est dit aux toutes premières minutes de la soirée.

La Côte d’Ivoire sort d’une guerre où de part et d’autre on a violé, égorgé. L’espérance de vie a baissé, le taux d’alphabétisation a régressé, le chômage est important, on assiste à des « acquisitions massives de terres » qui privent les familles de moyens de subsistance. « La guerre est finie, les cœurs ne sont pas forcément apaisés ».

L’ARK, fondée en 1972 par des sœurs Xavières, dans la ligne de « Populorum Progressio », soutenue par le CCFD, contribue à l’émergence d’une société civile forte. L’association porte une attention particulière à l’éducation et à la protection des femmes. « Lorsqu’une femme est heureuse, c’est la famille qui est heureuse, c’est le village qui est heureux, c’est le pays qui est heureux. »

Constatant la déscolarisation de nombreux enfants, l’ARK a aussi lancé un programme en direction des enfants bouviers, rejoints sur leurs lieux de vie et de travail, scolarisés sur place pour devenir des exploitants agricoles formés, éduqués…

La soirée se termine par une belle profession de foi de Jean-Paul : « Moi, je crois au dynamisme des populations… Il ne faut pas laisser les gens diriger le pays sans nous ! »

Les participants, ce soir, se sont-ils laissé interpeller ? Allons-nous commencer ou continuer de marcher ensemble (de « nous  garder les uns les autres », pour reprendre les mots de notre Pape François dans son homélie du 19 mars) ?