En Côte d'Ivoire : des nouvelles de soeur Saint Paul
 
 
 
 
 


Ce courrier a été adressé au Service des Vocations, pour leur bulletin de liaison, le « Dieu appelle », en novembre 2010.

Me voici depuis fin septembre en Côte d’Ivoire, après un total de vingt-sept années passées en Lot-et-Garonne (quinze à Casteljaloux et douze à Vianne). Tout chrétien est missionnaire mais certains, par vocation explicite ou par appel de leurs supérieurs, partent au loin témoigner de leur attachement à Jésus Christ en participant à l’œuvre de leur Congrégation. Notre implantation ici remonte à 1967 (Sr Madeleine Marie, présente en ce moment à Vianne, en a été la pionnière !), et répondait à l’appel de Missionnaires, vrais défricheurs de l’Évangile (le diocèse fête ses cinquante ans d’existence cette année !).

Pourquoi suis-je partie et pour quoi faire ? Sur appel de mes supérieures, j’ai dit « oui » comptant sur la Grâce du Seigneur. J’ai rejoint quatre autres sœurs : trois ivoiriennes et une française. Notre présence est multiforme, dans le travail (en milieu scolaire ou celui de la santé), bien insérées dans la paroisse par la catéchèse des enfants et des jeunes, leur accompagnement dans les mouvements ou activités diverses. La création d’un Centre de documentation pour lycéens, l’alphabétisation de 60-70 adultes chaque année, l’attention aux handicapés et à leurs familles ( pour lesquelles nous servons de relai pour l’association Liliane qui aide à les appareiller ), la porte ouverte à tous, tout cela veut témoigner ici, comme en Lot-et-Garonne, du Visage de Jésus « Verbe fait Chair » tendresse de Dieu pour tout homme. Et moi, là-dedans ? Oh rien de bien particulier, « j’aide » où il y a besoin… catéchèse des CM, services dans la communauté. Et bien sûr, il y a de quoi faire !

Mais je dois dire que « mon » environnement a bien changé ! Pensez que la population est jeune, très jeune (48 % ont moins de dix-huit ans je crois), et il y a tant à faire. Les infrastructures manquent parfois (ainsi des classes de seconde ou de première ont jusqu’à 70 élèves ; le collège-lycée de Daoukro, construit pour 3500 élèves en a le double ! Le chômage est catastrophique, l’accès à la santé laisse à désirer, l’espérance de vie n’est que de quarante-six ans actuellement ! Et la situation politique n’est pas encore stabilisée après près de quinze années difficiles. Les élections présidentielles ont eu lieu le 28 novembre ; au moment où j’écris, nous attendons les résultats… Mais l’homme africain, l’homme ivoirien, est foncièrement religieux… je m’en rends compte dans la rue, à la télévision… De plus, le diocèse entame une démarche synodale. J’ai donc beaucoup à recevoir en perspective.

Il y aussi le climat qui change (en ce moment 35° l’après-midi et nous allons vers la saison sèche), les habitudes alimentaires, le rythme de vie. Grâce à Dieu, tout va bien et je m’adapte sans trop de difficultés. Je n’oublie personne mais essaie d’accueillir, au jour le jour, la mission qui m’est donnée de vivre. En cette période de l’Avent, c’est « l’ouverture » à l’inattendu qui continue à m’être demandée. Jusqu’à quand suis-je ici ? Cela, Dieu seul le sait ! Mais si la sœur que je remplace est restée ici trente-neuf ans, je sais que si je reste deux ou trois ans, ce sera déjà pas mal !!!! Tout dépendra aussi de la santé… En tout cas, je reste unie aux Lot-et-Garonnais, et prie pour tous les lecteurs de « Dieu appelle ».

Sœur St Paul (Congrégation des Filles de Jésus)