Au Mali : témoignage de l'Abbé Basile Dembelé
 
 
 
 
 


Je suis originaire du Mali en Afrique de l’Ouest. Je suis arrivé il y a trois mois, prêtre étudiant en gestion à Sud Management, et suis actuellement logé au presbytère de la paroisse Sainte-Foy d’Agen, où je donne un coup de main pour les célébrations liturgiques.

Après mes études dans deux ans, je retournerai dans mon diocèse où je servais comme économe diocésain. C’est suite à un accord entre mon évêque au Mali et celui d’ici que je suis là. Une forme de solidarité entre Églises, pour aider une Église moins favorisée à avoir une compétence en gestion. Un grand Merci au père Évêque pour ce geste de solidarité en faveur de mon diocèse. Il faut dire que toute ma formation est prise en charge par le diocèse d’Agen. Merci aussi à l’équipe des prêtres de la paroisse, à tous les laïcs qui y travaillent, et aux paroissiens pour l’accueil et la sympathie dont je suis l’objet. J’ai été bien adopté et bien intégré, merci.

La situation politique du Mali ?

Le Mali est un immense pays 1 240 000 km2. Un pays totalement encavé sans accès à la mer. Faible densité de population : 13 millions d’habitants. Une république laïque avec un président démocratiquement élu. Depuis 1991, la démocratie fait bien son chemin. Un pays relativement stable, pas de guerre, Dieu merci.

La situation religieuse du Mali ?

Nous avons 70% de musulmans, 27%de la religion traditionnelle (animistes) et 3% de chrétiens. C’est convivial, le courant passe très bien, pas de conflit de religion. Tout se passe dans le respect de l’autre. Nous sommes un État laïc.

Les forces et les faiblesses de l’Église du Mali ?

Les forces : Il faut dire que nous sommes une église jeune car nous avons eu le centenaire de notre Église en 1988. La majorité des chrétiens ce sont les jeunes qui sont engagés à tous les niveaux dans la vie de nos communautés. Par rapport à la population totale nous sommes peu nombreux mais les chrétiens sont très pratiquants. L’Église du Mali a une bonne image dans le pays à cause de son engagement dans les œuvres de développement pour lutter contre la pauvreté et la misère et cela sans distinction de religion.

Les faiblesses : Le Mali est l’un des 30 pays les plus pauvres du monde. Il dispose de très peu de moyens financiers. Cela rejaillit forcément sur la vie de l’église qui dispose de très peu de moyens pour sa pastorale. Le financement des projets pastoraux dépend de l’extérieur c'est-à-dire l’Europe.

Les grands défis ?

Réussir notre projet pastoral à savoir : Église communion fraternelle au service de l’Évangile.

Mettre en place des communautés chrétiennes de bas qui se prennent en charge.

Lutter contre la pauvreté par des programmes de développement (santé, éducation).

Abbé Basile Dembélé, février 2010