François de Borgia, Conférence, le 27 mai 2009
 
 
 
 
 

M. Robert PEREZ, économe diocésain, a donné une conférence sur la vie de François de Borgia le mercredi 27 mai à 20 h 30 au Séminaire Jules Mascaron à Bon Encontre.

Présentation brève de la biographie de François de Borgia, gentilhomme de Dieu.

François de Borja, en espagnol, ou de Borgia en italien, naît le 28 octobre 1510 à Gandie, province de Valence en Espagne. Il est de famille royale, descendant de Ferdinand le Catholique. Il est également l'arrière petit-fils du fameux pape Alexandre VI Borgia.

Bel homme, brillant, excellent cavalier, musicien, il devient rapidement l'homme le plus en vue de la Cour et l'ami intime de l'empereur Charles Quint dont il est le petit cousin. Cependant François surprend parmi ses pairs car il est chaste ! Très jeune il se marie avec Éléonore de Castro, princesse portugaise, suivante et amie intime de l'impératrice Isabelle.

Deux événements vont faire basculer la vie de François. Le premier, en 1539 : Isabelle meurt et c'est François, qui pendant quelques jours, dans une chaleur étouffante, conduit le corps à Grenade pour y être inhumé. François va en être tout retourné. En effet avant l'inhumation, et selon la coutume, le cercueil est ouvert et dans une odeur pestilentielle, tous peuvent constater que l'impératrice qui fut une fort belle femme n'est plus que pourriture. Ainsi passe la Gloire du Monde ! Autre fait, décisif, entre 1539 et 1543, alors qu'il est vice-roi de Catalogne, François fait connaissance avec la Compagnie de Jésus et c'est une conversion radicale.

En 1546, Éléonore meurt et François demande à Ignace de Loyola son admission au sein de la Compagnie. Celle-ci se fera en 1548 et après avoir établi ses enfants, François se rend à Rome en 1550. L'année suivante François est ordonné prêtre en Espagne. A cet instant le duc de Gandie n'est plus, il a fait place à François, pécheur, ainsi que désormais il signera ses lettres.

Très vite Ignace le nomme Commissaire Général d'Espagne et de Portugal. François se donne à fond à cette tâche, avec succès. Mais comme il s'impose des pénitences sévères sa santé très rapidement devient chancelante. Cela ne l'empêche pas de parcourir l'Espagne pour prêcher, construire des Collèges pour la Compagnie, d'être le conseiller de la Régente d'Espagne, de rester en relations étroites avec Charles Quint qui s'est retiré en Estrémadure dans le monastère de Yuste, d'aller en mission diplomatique au Portugal, bref de vivre plusieurs vies en une seule, non sans difficultés, par exemple ayant eu maille à partir avec l'Inquisition.

En 1565 il est élu Préposé Général de la Compagnie de Jésus, qu'il va diriger de main de maître lui donnant les assises solides dont elle avait besoin, s'étant agrandie de façon fulgurante, et développant à grande échelle son activité missionnaire « ad gentes ».

En 1571, le pape Pie V lui confie la mission de coaliser l'Espagne, le Portugal et la France pour faire face au péril turc. Quoique malade, épuisé, François obéit au pape. La mission, qui se soldera par un échec, durera un an et François reviendra à Rome, pour y mourir deux jours après, le 30 septembre 1572.

Outre tous les atouts physiques et intellectuels dont l'avait doté la nature, François était un homme fondamentalement bon, et c'est avec bonté qu'il dirigea la Compagnie. Ce fut également un homme qui, autant dans le monde avait occupé le rang le plus élevé, autant après sa conversion devint l'homme le plus humble qui fût.

Sa vie spirituelle était marquée par trois grandes amours : la Croix, le Cœur de Jésus et l'Eucharistie.

Urbain VIII le béatifiera le 31 août 1624 et Clément XI le canonisera le 12 avril 1671.

Robert PEREZ
Économe diocésain