Message de Carême de Mgr Hubert Herbreteau à tous les diocésains, le 24 février 2009
 
 
 
 
 

Chers diocésains,

Au seuil de ce Carême, nous voici devant trois réalités correspondant chacune à des attitudes spirituelles : l'aumône, c'est-à-dire le don sans retour ; la prière, c'est-à-dire la supplication ou l'action de grâce tournées vers Dieu ; le jeûne, c'est-à-dire le besoin vital de se nourrir transformé en offrande de liberté.

L'aumône se situe dans la relation entre nous et autrui. Elle prend la forme du partage et de l'entraide. La prière correspond à la relation que nous établissons entre nous et Dieu. Le jeûne rappelle le lien entre nous et le monde.

Qu'est-ce que cela signifie pour notre vie chrétienne, alors que l'Église commence sa marche au désert, vers Jérusalem à la suite du Christ.

Reliés à tous les chercheurs de Dieu

Ces trois réalités du Carême signifient que nous ne sommes pas des chrétiens solitaires mais solidaires. Nous partageons la même quête spirituelle et religieuse que celle de beaucoup d'hommes et de femmes à travers le monde. Des ashrams aux synagogues, des temples aux mosquées, à travers la diversité des cultes, tous manifestent leur recherche de Dieu par l'aumône, la prière et le jeûne.

Nous sommes reliés à tous les priants de la terre, à cette longue caravane de chercheurs de Dieu. Que ce soit la prière bouddhique qui monte des temples tibétains ou la contemplation silencieuse d'une carmélite à Lisieux, que ce soit la dîme prescrite pour le Ramadan ou l'offrande versée à une association caritative chrétienne, tout cela se résume dans un flot de générosité, d'intercession et de louange.

Oui, nous sommes solidaires de tous ceux qui ont fait le choix de jeûner et de tous ceux qui n'ont pas d'autres choix. Nous ne pouvons pas entrer en Carême sans vivre une certaine fraternité universelle.

Un discernement à opérer

Nous les chrétiens, nous entrerons en Carême à la suite du Christ et selon le Christ. L'Évangile que nous entendons, le jour du mercredi des Cendres (Mt 6,1-6.16-18), nous invite à un discernement. Il ne s'agit pas de séparer la pratique chrétienne des pratiques analogues vécues dans d'autres traditions religieuses. Il s'agit plutôt de discerner ce qui peut se cacher d'hypocrisie dans la manière de jeûner, de prier et de partager.

Le propos de Jésus est clair : ce qui compte, ce n'est pas le regard de ceux qui nous entourent, mais c'est le regard de Dieu qui « voit dans le secret ». La pratique de l'aumône, de la prière et du jeûne a bien pour finalité d'ouvrir notre cœur à l'autre, à Dieu. Le temps du Carême est un temps favorable pour développer notre intériorité. Le seul don en retour qu'il nous faut attendre  de l'aumône, de la prière et du jeûne, c'est de connaître Dieu comme un Père et de nous reconnaître ses enfants.

Que ce Carême soit pour tous un temps fort de vie spirituelle !

Mgr Hubert HERBRETEAU
Évêque d'Agen