Intervention de Mgr Hubert Herbreteau lors de la 23ème Marche des Rameaux à Monflanquin, le 15 mars 2008
 
 
 
 
 

Chers amis,

Nous ne savons pas grand chose de cette foule rassemblée le long du chemin, formée de personnes qui expriment ouvertement, avec leurs rameaux et leurs vêtements leur reconnaissance à Jésus. Le récit tiré de l'évangile de Matthieu est bref, mais il est permis d'imaginer le comportement de cette foule. En quelque sorte, ce soir, nous faisons partie de cette foule qui acclame Jésus.

Dans la foule, il y avait probablement des gens convaincus et qui avaient de bonnes raisons d'acclamer Jésus. Parce qu'ils avaient suivi le Maître sur les routes de Palestine dans un compagnonnage et une véritable amitié, parce qu'ils avaient écouté ses enseignements, parce qu'ils avaient été témoins de guérisons, de gestes de bonté envers les pauvres et les malades, parce qu'ils avaient entendu de sa bouche les paraboles de la miséricorde, la gratitude ne pouvait que jaillir de leur cœur.

Il y avait aussi, sans doute, des gens influençables et qui ne savaient pas trop pourquoi ils étaient là. Des gens qui observaient et qui attendaient le moment décisif. Comment le vent allait-il tourner ? Ce Jésus était-il le Messie attendu ? Les autorités du temple n'avaient-elles pas raison de se méfier de ce Jésus de Nazareth ? Pour l'instant, on faisait comme tout le monde, mais lorsque surviendront les difficultés, on changera de camp.

Et nous, dans cette foule, qui sommes-nous ? Quelle est notre attitude ? Comme les premiers, les convaincus, il y a des jours où c'est facile d'acclamer

Jésus, de crier notre joie et notre foi. La marche des rameaux de cette année été l'occasion une fois encore d'exprimer notre joie et notre fierté d'être chrétien. De plus elle se veut œcuménique. Les relations entre catholiques et protestants sont excellentes et ensemble nous sommes bien décidés à approfondir notre vie à la suite du Christ.

Comme l'autre catégorie de personnes, dans la foule qui acclame Jésus, nous sommes parfois indécis, versatiles. Suivre Jésus, oui ! mais à condition que cela ne nous implique pas trop ou que cela présente quelque avantage.

Aujourd'hui, alors que nous tenons les rameaux à la main, nous exprimons notre foi un peu comme cette foule qui acclame Jésus dans son entrée à Jérusalem. Ce n'est pas un geste sans importance. Ce rameau nous rappelle ce qui est au cœur de notre foi. Ce n'est pas un porte-bonheur. Ce rameau nous rappelle que le bois de la croix a refleuri. La croix n'est plus signe de mort. Elle est devenu l'arbre de la vie.

Nous ne sommes pas meilleurs que les gens de cette foule. Il pourrait nous arriver aussi de prendre des distances. Si nous voulons aller à la rencontre de Jésus et marcher avec lui sur sa route, nous devons nous demander : sur quel chemin désire-t-il nous conduire ? Qu'attendons-nous de lui ? Qu'attend-il de nous ?

Il pourrait nous arriver aussi de rebrousser chemin, ou de suivre de loin comme l'apôtre Pierre, c'est-à-dire nous éloigner du cœur de Dieu de peur d'être identifié parmi les amis de Jésus.

Puissions-nous « puisez notre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force » (Ep 6, 10) !

Demandons à l'Esprit du Seigneur de nous donner cette force et ce courage d'aller encore plus loin dans notre désir de suivre Jésus et de l'accompagner jusqu'à la croix.

Amen !

Mgr Hubert HERBRETEAU
Évêque d'Agen