Compte-rendu du Congrès Ecclésia à Lourdes, le 22 janvier 2008
 
 
 
 
 

Parmi les 7 000 pèlerins à Ecclésia, 50 lot-et-garonnais ont participé au congrès de la responsabilité catéchétique à Lourdes, en octobre dernier : l'occasion de réfléchir et d'échanger sur la façon d'initier et d'approfondir la découverte de la Bonne nouvelle.

Comment montrer un Dieu d'Amour ?

Mardi 22 janvier, des membres de la délégation lot-et-garonnaise à Ecclésia ont échangé avec les autres diocésains sur ce qu'ils ont vécu et appris lors de ce congrès de la responsabilité catéchétique, qui s'est déroulé à Lourdes du 26 au 28 octobre 2007.

Le congrès Ecclésia « a été voulu par les évêques à la suite d'un long travail mené dès 1994 », a expliqué Michelle Breuillé, responsable diocésaine de la catéchèse. Un premier congrès avait alors permis de travailler collégialement sur le thème de l'évangélisation aujourd'hui. Par la suite, la Lettre aux catholiques de France, éditée par les évêques de France en 1996, avait tiré « un bilan de ce qui se vivait et de la place des chrétiens dans la société. » Puis en 2002, dans la Lettre au peuple de Dieu, l'Assemblée des évêques de France lançait un appel à renouveler la pratique de la catéchèse en France. Celui-ci a été suivi d'une large réflexion, résumée en 2003 dans le texte Aller au cœur de la Foi. Bon nombre de catholiques de France ont répondu à un questionnaire, qui a permis aux évêques de publier en 2006 un Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France. Son objet : définir les fondamentaux et des propositions concrètes pour l'organisation de la catéchèse.

À partir de ce texte, chaque évêque de France doit en effet établir un projet diocésain, en association avec tous les services d'Église. Dans le Lot-et-Garonne, un groupe s'est réuni cinq fois en 2006-2007. Puis cinquante Lot-et-garonnais ont participé au Congrès national de la catéchèse à Lourdes. Pour faire partager à tous les enseignements qu'ils ont tirés d'Ecclésia, certains ont participé à une rencontre avec les diocésains le 22 janvier.

Aimer le monde tel qu'il est

« Ecclésia n'était qu'une partie visible de l'iceberg, c'est-à-dire d'une démarche plus large sur cette responsabilité catéchétique. Le texte des évêques interpelle l'Église sur cette manière de la vivre, à travers l'exigence de l'Évangile d'une catéchèse ouverte et généreuse », a souligné Damien Delpech, coordinateur de la Pastorale des jeunes. « Dans notre société, on ne naît pas chrétien, on a la possibilité de faire le choix de croire. Cela créé des fragilités : la difficulté de rejoindre les jeunes, la réduction de l'assemblée dominicale, la crise des vocations. Mais il y a un retour du spirituel, particulièrement chez les jeunes, avec un nombre croissant de catéchumènes et de demandes de baptêmes d'enfants en âge scolaire, davantage de laïcs en charges pastorales... Notre société a profondément changé, mais on peut choisir son camp entre deux démarches : nous lamenter sur nos faiblesses ou prendre acte des transformations de la société et l'aimer, c'est-à-dire donner à voir à nos contemporains ce Dieu qui aime le monde. Il faut éviter de dire qu'il y a ceux qui frappent à la porte de l'Église et ceux qui l'ouvrent et porter un regard sur tout ce qui peut germer. La graine, elle est là. Elle ne grandira pas si vous ne l'arrosez pas », a retenu Damien Delpech.

Luc, membre de l'assistance, a rebondi sur cette métaphore en racontant l'initiative de jeunes d'Astaffort de s'engager dans des chantiers auprès des habitants d'une favela brésilienne. « Ces jeunes ont besoin énormément de concret, de se donner avec la pelle. Même si les gens ne sont pas tous croyants, l'arbre, c'est-à-dire l'amour et le royaume de Dieu, il est là. » Martine, catéchiste à Bon-Encontre et visiteuse de malades, a remarqué que « parler de l'amour de Dieu, c'est d'abord en vivre. Le plus important, c'est d'accueillir l'autre là où il est et de voir le meilleur de chacun. Si tu es habité par cet amour, les autres découvrent ce qu'est l'amour de Dieu. » Jeannine, religieuse qui vient donner la communion dans une maison de retraite, a expliqué qu'il y a « un cheminement long vers certaines personnes qui viennent rejoindre l'équipe de prière au bout de 2-3 mois parce que dans l'amitié et l'écoute, quelque chose est passé sans que l'on en parle. »

Accompagner sur le chemin spirituel

Au cours d'Ecclésia, un message de Benoît XVI a été lu sur le thème de la pédagogie d'initiation proposée par le Christ. « Dieu se révèle dans un espace d'hospitalité. La première condition pour l'initiation, c'est la crédibilité de celui qui initie. C'est dans son humanité et dans le partage de sa vie qu'on peut lui faire confiance », a souligné Sylvie, l'une des pèlerins d'Ecclésia. « L'Évangile n'est pas un savoir, mais une réalité qui prend corps dans la vie du Christ », a-t-elle ajouté.

Sur le thème Reconnaître l'Esprit dans le cœur des croyants, Françoise Trégoat, responsable du catéchuménat, a expliqué « la posture de l'aîné dans la foi. » Que l'on parle d'accompagnateur, de catéchiste ou d'animateur, ce dernier « est toujours le cadet du premier né qu'est le Christ, et un frère en humanité de celui qui cherche. Nous sommes invités à sortir du concert enseignant-enseigné. L'aîné dans la foi doit être amené à reconnaître que l'autre est aimé de Dieu même s'il ne le connaît pas, pour que celui qui avance puisse aussi partager ses doutes avec celui qui l'accompagne. Mais ce dernier reçoit aussi de celui qu'il accompagne, car on n'a jamais fini de grandir et de se laisser pétrir par la parole de Dieu. »

Dans cette initiation, l'aîné dans la foi doit aussi être vigilant à distinguer ses propres idées et le message du Christ, et à respecter un équilibre entre la transmission et l'écoute. Le cheminement spirituel est ponctué d'étapes, « mais nous devons accepter l'inattendu, les pauses, les arrêts, les retours dans le parcours, tout en respectant les balises sur le chemin », remarque Françoise Trégoat.

Les jardiniers de la foi

En conclusion, Mgr Herbreteau a expliqué qu'à partir de ces réflexions « chaque évêque doit rédiger un projet catéchétique qui pourrait aboutir peut-être en 2009 dans le Lot-et-Garonne. » Il a rappelé que la catéchèse consiste, étymologiquement, « à faire retentir une bonne nouvelle, Jésus est vivant. C'est un acte de communication, donc celui qui parle est aussi récepteur. Il faut distinguer la première annonce de l'approfondissement du mystère du Christ. La catéchèse n'est pas de l'ordre du savoir. Elle est là pour faire vivre une expérience croyante. » L'évêque d'Agen a aussi invité à « avoir une approche bienveillante des gens. Le travail du jardinier, c'est de faire passer le jardin d'une saison à une autre et dans la foi c'est pareil : il y a des étapes pour devenir chrétien. » En effet, après le baptême, « il faut arroser, protéger, laisser pousser et accompagner la nouvelle plante, la fidéliser au Christ. J'aimerais que dans le projet catéchétique tiennent compte de ces étapes. » Pour illustrer ses propos, Mgr Herbreteau a lu la lettre d'une jeune fille en demande du sacrement de la confirmation : « Quand j'ai commencé le caté, je pensais que cela s'apparentait à un sport de combat. Je n'avais pas tort. Il faut se rendre disponible à celui a fait triompher la vie sur la mort ; la foi n'est jamais acquise. »

Claire CAILLARD, du Courrier Français

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